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Savoirs et fictions au Moyen Age et à la Renaissance
Boutet Dominique ; Ducos Joëlle
SUP
28,01 €
Épuisé
EAN :9782840509776
La littérature du Moyen Age est réputée pour son orientation didactique. Cette orientation a produit certains de ses chefs-d?oeuvre, comme le Roman de la Rose, dont la partie attribuée à Jean de Meun s?autorise de la fiction allégorique et romanesque de Guillaume de Lorris pour diffuser un grand nombre de connaissances encyclopédiques passées au crible d?une pensée. Les prologues des oeuvres narratives répètent à l?envi que celui qui possède un savoir ne doit pas le garder pour lui, mais le divulguer largement. Trois voies s?ouvrent pour cette divulgation : la voie didactique pure (celle des traités, traduits ou non du latin), la fiction scientifique (conçue ad hoc, généralement en recourant à la technique de l?allégorie), et l?insertion de savoirs dans des oeuvres de fiction. Des savoirs nouveaux peuvent venir irriguer des fictions romanesques, comme on le voit dans des proses de la fin du Moyen Age qui entraînent leur héros vers des terres mises à la mode par les récits de voyages et donc par les savoirs géographiques nouveaux. Ce sont ces problématiques croisées que ce volume veut approfondir sur une longue durée couvrant le Moyen Age et la Renaissance, dans l?esprit d?une continuité et non d?une rupture, en montrant que la sensibilité aux découvertes constitue un mouvement de fond qui produit des efflorescences dès l?émergence de notre littérature en langue vulgaire et qui entretient des rapports complexes avec la fiction, qui ne sont pas des rapports d?opposition, et qui demandent à être décrits et mis en lumière.
Le Moyen Âge, c'est le berceau de notre littérature en langue vulgaire. Mais il ne se pense ni comme un temps originel ni comme un âge intermédiaire, " moyen ". Tendu entre un héritage antique païen et une culture chrétienne, il se pense proche de la fin des temps, tout en croyant à un progrès de la pensée. Les médiévaux, tout en revendiquant l'héritage de l'Antiquité, se désignent eux-mêmes comme des modernes. La littérature naissante se nourrit de ces contradictions et combine tous les apports, gréco-romains, celtiques, germaniques, arabes, pour offrir une production originale, modelée par des poétiques neuves, qui se construisent empiriquement, à l'écart de la Poétique d'Aristote qui ne sera redécouverte qu'au XVIe siècle. Le présent ouvrage s'efforce de retracer les contours de cette littérature, en en dégageant le contexte historique et social, en dessinant les évolutions qui marquent ces quatre siècles. Il met en évidence le jeu des poétiques, des idéologies et de l'imaginaire, un jeu complexe qui permet à la littérature médiévale de créer et d'entretenir des mythes qui lui sont propres, comme ceux de la chevalerie courtoise, de Tristan et d'Iseut, d'Arthur et de Charlemagne, mais aussi des fées, de la Roue de Fortune ou de la Danse Macabre. Il invite le lecteur à explorer les moyens qu'utilise pour se construire une littérature qui doit se créer autour d'une langue nouvelle qui tente de se donner ses lettres de noblesse, et qui y réussit merveilleusement.
Résumé : Cet ouvrage s'assigne pour but d'examiner dans quelle mesure, aux origines de la littérature française, les diverses formes littéraires ont conscience de la situation historique de l'homme, à la fois dans un temps historique déterminé, dans un mouvement idéal, et dans un temps universel. Dans quel type de dimension historique, dans quel rapport à la temporalité les diverses formes littéraires se complaisent-elles ? Sphère du moi isolé du monde ? Temporalité historico-politique ? Temporalité universelle, finalisée ? Célébration mythique ? Etiologie (une pensée de la causalité, une étude des causes, une recherche des responsabilités) ? Sont-elles marquées par une pensée de l'Histoire, ou bien lui sont-elles indifférentes ? Quelles poétiques cette pensée contribue-t-elle à mettre en place ? Quelles fonctions ces formes littéraires neuves remplissent-elles dans la société qui s'en délecte ? L'originalité de cet ouvrage est de porter attention aux formes et non pas seulement aux ?uvres singulières, à leur spécificité à l'égard du rapport au monde et des interrogations qu'il suscite. Il s'efforce de montrer que le développement foudroyant de la littérature vernaculaire, entre 1100 et 1250, doit beaucoup au développement d'une conscience historique nouvelle et à une crise de la représentation du monde liée à l'essor d'une civilisation dont l'expansion suppose la remise en cause ou la réévaluation des anciens modes de pensée.
L'épopée, qui ne survit plus guère aujourd'hui que dans les littératures orales-les récits de griots africains, par exemple-, ne serait-elle pas la mère et l'inspiratrice d'une part importante de la littérature occidentale ? Des prolongements de la matrice homérique aux " palimpsestes " d'un style dans des genres aussi divers que la tragédie en musique ou les romans de Joseph Delteil, ce volume montre le genre épique se construisant lui-même autour de sa propre récriture : depuis ses origines antiques et dans sa variété médiévale qu'est la chanson de geste, mais aussi par les surgeons qu'il a engendrés dans les autres genres, contribuant ainsi largement à l'élaboration de la théorie du roman comme épopée en prose au XVIIe siècle. L'épopée sans cesse renouvelée dans ses formes et dans ses fonctions a traversé et inspiré toutes les modernités.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.