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LEIBNIZ, LE VIVANT ET L ORGANISME
DUCHESNEAU
VRIN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782711622498
Les notions relatives au vivant jouent un rôle central dans l'économie interne du système de la nature selon Leibniz. Elles ont aussi influé sur les théories qui ont ponctué le développement des sciences de la vie. Le dessein de cet ouvrage est de traiter de ce double objet. Comment Leibniz dessine-t-il le profil d'une science des vivants suivant un modèle en partie inspiré de Malpighi? Comment la théorie leibnizienne de la substance influe-t-elle sur la détermination du concept de vivant comme "machine de la nature"? Quel rôle charnière la dynamique joue-t-elle dans la conception leibnizienne de 1"" organisme ". concept scientifique nouveau en son temps? Echangeant avec des figures majeures de la science et de la médecine de cette époque, Hartsoeker, Stahl, Hoffmann, Johann Bernoulli, Michelotti et d'autres, comment Leibniz développe-t-il la vision d'une" physique spéciale "dont le vivant serait l'objet spécifique? De quelle manière le modèle leibnizien s'intègre-t-il d'emblée dans des théories sur la génération que développent Conti et Vallisneri, puis Bourguet? Ainsi une exploitation multiforme d'idées leibniziennes sur le vivant pourra-t-elle s'amorcer au siècle des Lumières."
Résumé : Parmi les architectes de la science moderne, Leibniz occupe une place de choix. Par-delà le règne, puis l'éclipse du paradigme newtonien, l'?uvre philosophique et scientifique de ce penseur majeur qui inventa le calcul infinitésimal, la dynamique et de nouveaux modèles pour la théorie de l'organisme fournit un point d'ancrage privilégié à l'analyse épistémologique. D'une rare ampleur, la philosophie leibnizienne de la science enveloppe une conception originale de la méthode. Cet ouvrage entreprend de retracer comment, selon Leibniz, l'entendement fini peut accéder à une représentation de plus en plus adéquate de l'ordre de la nature par des " essais architectoniques ". Plusieurs thèmes retiennent l'attention de Leibniz et sollicitent notre examen : la recherche d'une méthode d'invention combinant les ressources de l'analyse et de la synthèse, la réflexion sur les vérités hypothétiques à mi-chemin des vérités de fait et des vérités de raison, le recours stratégique aux hypothèses, la légitimation des théories selon des principes que Leibniz identifie particulièrement à la finalité, à l'identité des indiscernables et à la continuité.
Au cœur de la Révolution scientifique, philosophes et naturalistes tentent de concevoir les modèles les plus aptes à rendre compte du vivant. Les schèmes hérités de l'Antiquité médicale et philosophique sous-tendent encore les théories originales de Van Helmont et de Harvey. Si le mécanisme s'instaure avec le modèle de l'animal-machine chez Descartes, les audaces et les limites du projet cartésien infléchiront toute démarche ultérieure, comme en témoigne la notion spinoziste d'intégration corporelle. Gassendi suggère, pour sa part, d'associer la modélisation mécaniste et la téléologie immanente des processus. Les néo-platoniciens More et Cudworth évoquent le " principe hylarchique " ou la " nature plastique ", afin de traduire, par-delà les insuffisances du mécanisme, l'émergence des organisations vitales. Lorsque le débat se transpose aux microstructures, Malpighi promeut l'analyse physiologique selon le modèle de " petites machines " diversement combinées et emboîtées ; Glisson attribue la perception et la réactivité aux fibres élémentaires. Les phénomènes de la génération, que l'on a d'abord expliqués par l'épigenèse, s'interprètent principalement en termes de préformation et de préexistence des germes. Mais, à l'encontre de toute construction hypothétique, Locke privilégie une médecine limitée à l'observation des seuls phénomènes vitaux. La critique du mécanisme suscite en outre les modèles " animistes " de Perrault et de Stahl. En une remarquable tentative, Leibniz repense alors les concepts fondamentaux de la théorie physiologique et suggère les voies d'analyse pour une science de " l'organisme ".
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.