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GENESE DE LA THEORIE CELLULAIRE
DUCHESNEAU
VRIN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782711694273
Dans ses phases initiales, la théorie cellulaire suscite l'intérêt de l'épistémologue. Avec Schwann, puis avec Remak et Virchow, se développe un puissant programme de recherche. Dès le milieu du 19e siècle, la théorie cellulaire sert de clé de voûte à l'édifice de la biologie : elle oriente observations et analyses, délimite le champ des hypothèses à contrôler, et constitue la trame des modèles analytiques qui s'en inspirent pour la dépasser. C'est le point de départ obligé pour toute recherche sur les micro-structures intégrées de l'être vivant. Or comment cette remarquable théorie se forme-t-elle ? Quelle combinaison de concepts, principes, analogies et modèles empiriques définit sa structure ? Par quels mécanismes évolue-t-elle dès ses premières formulations ? Prenant appui sur les instruments d'analyse fournis par l'embryologie de von Baer et par la physiologie de Müller, Schwann se libère de la conception synthétique de l'organisme que ces disciplines d'école présupposaient. Il retrouve et modifie en profondeur les schèmes de théorisation réductionniste que Raspail et Dutrochet avaient ébauchés. En 1839, il tente une démonstration analytique sur la provenance cellulaire de tous les tissus animaux. Mais sa propre synthèse réductionniste sur la reproduction des cellules suscite critiques et réaménagements chez Müller et nombre de ses disciples, en particulier Kölliker, Remak et Virchow. A partir de 1855, l'axiome "Toute cellule provient d'une cellule" et le schème d'une reproduction par division de cellules préexistantes vont peu à peu réorganiser le programme schwannien. Ce système théorique, apte à rendre compte des processus se déroulant dans et par l'individualité cellulaire, suffit désormais à assurer le développement de recherches analytiques et la formation de modèles analogiques.
Résumé : Cet ouvrage se situe au coeur de la philosophie de la biologie, qu'il aborde sous un angle plus thématique qu'historique. Il concerne les défis particuliers que la biologie contemporaine pose au philosophe. Comment la science du vivant se construit et se transforme-t-elle ? Comment argumente-t-elle ? Comment se justifie-t-elle face aux modèles dominants des sciences de la nature inanimée ? La réponse à ces interrogations prend la forme d'une réflexion sur des thèmes choisis pour leur importance et leur intérêt épistémologique. Quels débats. de méthode se nouent autour de la notion taxonomique d'"espèce" ? Selon quels enjeux ? Comment l'explication biologique tente-t-elle acclimater la finalité aux formes de l'analyse causale ? Par quelle transition s'effectue le passage de la génétique mendélienne à la génétique moléculaire et quel type de "réduction" s'opérerait alors ? Mais ne doit-on pas aussi vérifier comment les conceptions "syntaxique" et "sémantique" de ce qu'est une théorie scientifique s'appliquent aux "familles de modèles" de la biologie ? Enfin, la structure complexe et problématique de la théorie de l'évolution, philosophiquement si instructive, saurait-elle ne pas retenir l'attention et solliciter l'analyse ?
Résumé : Parmi les architectes de la science moderne, Leibniz occupe une place de choix. Par-delà le règne, puis l'éclipse du paradigme newtonien, l'?uvre philosophique et scientifique de ce penseur majeur qui inventa le calcul infinitésimal, la dynamique et de nouveaux modèles pour la théorie de l'organisme fournit un point d'ancrage privilégié à l'analyse épistémologique. D'une rare ampleur, la philosophie leibnizienne de la science enveloppe une conception originale de la méthode. Cet ouvrage entreprend de retracer comment, selon Leibniz, l'entendement fini peut accéder à une représentation de plus en plus adéquate de l'ordre de la nature par des " essais architectoniques ". Plusieurs thèmes retiennent l'attention de Leibniz et sollicitent notre examen : la recherche d'une méthode d'invention combinant les ressources de l'analyse et de la synthèse, la réflexion sur les vérités hypothétiques à mi-chemin des vérités de fait et des vérités de raison, le recours stratégique aux hypothèses, la légitimation des théories selon des principes que Leibniz identifie particulièrement à la finalité, à l'identité des indiscernables et à la continuité.
Résumé : Cet ouvrage décrit et analyse les modèles de l'être vivant qui, dans le cadre de la révolution scientifique des Temps modernes, ont dessiné un parcours intellectuel menant à l'invention de la biologie comme science. Tout au long du xviiie siècle, la physiologie définit ses méthodes et ses concepts fondamentaux. Mobilisant les savoirs empiriques disponibles, elle en extrait les principes d'une véritable science des corps organisés.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.