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Fragment de mémoire (1940-1941)
Drieu La Rochelle Pierre
GALLIMARD
13,15 €
Épuisé
EAN :9782070253708
En juin 1940, quand la France dépose les armes, Pierre Drieu la Rochelle se sent tenu de dénoncer, plus que jamais, "les vieilles mollesses" et "l'impuissance bête" des politiciens français. Face à une Allemagne qui s'est revigorée grâce à un "parti unique" héritage du jacobinisme, recueilli aussi bien par Staline que par Hitler et Mussolini, il rêve pour son pays du même instrument de salut. Il est déçu par l'attentisme de Vichy, "ce Coblentz intérieur". En 1943, Drieu la Rochelle, au moment de dicter ce "fragment de Mémoires", aura perdu toutes ses illusions sur l'efficacité de son engagement politique. La direction de la N.R.F. et son oeuvre littéraire absorbent désormais son activité (L'homme à cheval, Les chiens de paille, Mémoires de Dirk Raspe, Récit secret... Datent de ces années). C'est donc en écrivain qu'il notera ses souvenirs sur la période incertaine de la politique française dans les mois qui ont suivi l'armistice de 1940. Ce témoignage direct éclaire d'un jour nouveau les événements et les personnalités, dont une série de portraits vient compléter les réflexions de l'auteur. L'idée de "parti unique" hantait plus d'une cervelle de cette époque. Dans une étude liminaire, l'historien américain Robert O. Paxton indique la portée de cette notion, présente les divers courants et champions de cette entreprise dans la France de 1940. et montre au surplus que l'Allemagne n'était en rien désireuse de favoriser chez l'adversaire vaincu la création d'une organisation politique comme celle souhaitée par Drieu la Rochelle.
Le jeune Européen et Genève ou Moscou : parus, l'un en 1927, l'autre en 1928, Drieu a écrit dans la préface de Genève ou Moscou que ce sont des livres jumeaux. Dans Le jeune Européen, il raconte l'histoire d'un jeune Européen qui lui ressemble, qui a tâté un peu de tout et qui, depuis dix ans, aux côtés d'Aragon et de Breton, a appris son métier d'écrivain. Genève ou Moscou, ce sont en politique les idées du jeune Européen. Là, Drieu s'efface, il nous présente un discours politique solide et cohérent, mais il ne s'efface jamais beaucoup. On sait que fort heureusement, il croyait au mélange des genres. La thèse est simple ; la voici résumée par lui : "Si la capitale politique et économique des Etats-Unis d'Europe ne se fait pas, si Genève ne se fait pas, Moscou se fera".
Gille Gambier, trente-cinq ans, célibataire, secrétaire au Quai d'Orsay, est en vacances chez son ami Cahen dans un château pyrénéen, quand arrive Béatrix, une jeune Anglaise accompagnée de sa mère et de son beau-père, lord anglais très riche. Gille et Béatrix sont tous deux immédiatement tentés par l'idée de se marier et des intrigues se forment autour d'eux pour faciliter cette union. Toutefois la situation est toujours incertaine lorsque les visiteurs anglais partent pour l'Espagne. Vingt-quatre heures plus tard Gille rejoint Béatrix à Grenade. Mais, tout en jouant le rôle de fiancé, il ne fait pas de demande en mariage et repart sans que rien soit décidé. A Paris, il commence une liaison qui le fait se heurter une fois de plus à toutes les contradictions et les limites de l'adultère. Il part pour l'Espagne, écoeuré de l'ornière de sa vie parisienne et plus décidé que jamais à se marier. Mais Grenade en hiver, une famille qui lui apparaît dans toute son horreur bourgeoise, une fiancée qu'il faudra transformer entièrement lui donnent une envie irrésistible de fuir. Il se fait envoyer un faux télégramme pour couvrir son départ précipité. Le sujet profond du livre est la décadence du monde moderne. Le drôle de voyage est celui de la quête sans fin à laquelle est condamné Gille qui refuse les valeurs d'un siècle qui se défait. Le drame du héros solitaire est qu'il aspire à l'engagement et se voit condamné à être toujours disponible.
Pierre Drieu la Rochelle a écrit les Mémoires de Dirk Raspe pendant le dernier hiver de la guerre. C'est son dernier roman. En novembre 1944, il écrivait à une amie : "Je travaille et cela devient une grande machine très importante. Cela va très bien, je suis en pleine forme et crois faire mieux que je n'ai fait jusqu'ici". Quatre mois après, il se tuait. C'est la vie de Van Gogh qui a inspiré à Drieu les Mémoires de Dirk Raspe. Dans ces semaines où il est hanté par la mort, il voit dans Vincent Van Gogh un grand compagnon fraternel. Comme lui, Van Gogh a voulu voir le dessous des cartes, ce qu'il y a derrière l'écorce de la vie et, pour cela, il ne s'est pas épargné. Les Mémoires de Dirk Raspe, où Drieu et Van Gogh, se tenant par la main, descendent côte à côte vers la mort, sont le récit d'une ascèse, d'une lente marche vers la délivrance à travers les mirages et les miroitements de la vie : l'amour des femmes, la passion des pauvres, l'éblouissement de l'art. Pierre Drieu la Rochelle nous en dit plus long sur lui-même dans ce roman secret que dans tant d'autobiographies appuyées. L'oeuvre est inachevée. Drieu prévoyait d'écrire encore trois parties et, d'après la vie de Van Gogh, on peut assez aisément les imaginer. Tels que Drieu nous les a laissés, les Mémoires de Dirk Raspe sont cependant le livre qui éclaire le mieux la dernière démarche spirituelle du romancier du Feu follet.
Il y a dans ce recueil trois textes différents. Le premier est un traité de suicide. Drieu racûnte ici les diverses tentatives de suicide auxquelles, depuis l'âge de sept ans, il s'est livré. Il esquisse une sorte de philosophie du suicide qui, à la lueur de sa mort, prend des résonances singulièrement profondes. Le second fragment est un journal tenu par Drieu, du 11 octobre 1944 au 13 mars 1945. Ce sont des notations au jour le jour sur le suicide, toujours, la situation politique, ses lectures, ses états d'âme, et un ouvrage qu'il écrivait à ce moment-là : Dirk Raspe. Le troisième texte est un court fragment, dans lequel l'auteur retrace rapidement son évolution politique, entre la guerre de 1914-1918, et celle 1940-1945.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.