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Penser et vivre l'honneur à l'époque moderne. Actes du colloque organisé à Metz par le CRULH (Centre
Drévillon Hervé ; Venturino Diego
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753513907
Recevoir un capital d'honneur par le sang, l'acquérir par son mérite et sa vertu, le défendre au risque de sa vie: sous l'Ancien Régime, aucun sentiment social n'est aussi enraciné et impérieux que l'honneur. Le "tout est perdu, fors l'honneur" de François Ier inaugure le premier siècle de la modernité et trouve son prolongement dans L'Esprit des lois, qui fait de l'honneur le principe du gouvernement monarchique. La République elle-même n'a-t-elle pas reconnu la puissance de ce sentiment en dotant chaque citoyen d'une dignité inaliénable? Que ce soit le bretteur invétéré ou le bourgeois vétilleux, l'artisan ou le prince de l'Eglise, la communauté villageoise ou le parlement, les individus et les corps se parent de leur honneur comme de leur ornement le plus précieux. Tenu à l'université de Metz en novembre 2008, ce colloque a permis de révéler l'honneur dans toute la diversité de ses manifestations et de ses enjeux pour une histoire sociale, mais aussi politique, culturelle et intellectuelle de l'Europe moderne. L'honneur constitue une clef pour pénétrer dans la conscience collective et dans l'auto-représentation de l'ensemble des différentes fractions de la société, mais aussi dans l'infinie diversité des trajectoires individuelles.
Qu'on les réduise à d'abstraites stratégies ou qu'on les attribue à l'incurable cruauté des hommes, les batailles n'en ont pas moins façonné l'histoire de France. On en retient volontiers les triomphes et l'évidence d'une nation toujours égale à elle-même, au risque d'ignorer les incertitudes et les souffrances de ceux qui en furent les acteurs. L'éventualité de la défaite ne confère-t-elle pas tout son prix à la victoire, et la tyrannie de la peur toute sa valeur au courage? Avec l'intensité dramatique qui les caractérise, ces instants de guerre donnent à comprendre le réseau des structures sociales, culturelles et politiques qui parcourent les armées et, au-delà, le royaume, l'empire ou la république. Toutes les batailles furent une réinvention de la France, une brutale soumission des mythes à l'épreuve du feu, depuis le temps où l'âme de la guerre résidait dans la chevalerie jusqu'à la constitution d'une armée de la nation. Cette succession de violentes convulsions forme une histoire plus qu'un destin, une histoire de chair et de papier, d'encre et de sang.
L ouvrage cherche à montrer que la guerre des siècles classiques a constitué l un des lieux de développement et d émergence de l individu: tandis que la cavalerie, unité aristocratique, tend à perdre son caractère central, le soldat privatus devient la mesure de l armée. Au gré de cette évolution se construit pour tous ceux qui participent à la guerre l expérience d une société où la hiérarchie immuable de l ordre aristocratique laisserait la place à une reconnaissance de la valeur de l individu. Les guerres du XXe siècle transformeront néanmoins en profondeur ce modèle, pour faire de la guerre le symbole d un anéantissement total et d une déshumanisation de l individu.L essai s organise selon un ordre chronologique, et retrace l avènement progressif, du XVIe au XVIIIe siècle, du temps des soldats, puis le passage, de 1815 à 1914, de la guerre des individus à la guerre de masse.
Cet ouvrage éclaire d'un jour nouveau les nombreuses évolutions qui font des dernières guerres de Louis XIV une époque de transformations profondes et de refondation des rapports entre la guerre, l'Etat, le territoire et la société. Moins connue que le temps des conquêtes célébrées par les décors de Versailles ou les toiles de Van der Meulen, cette période 1688-1715 ne se résume pas aux limites de la guerre de siège et à la médiocrité de généraux courtisans, mais elle se révèle importante dans l'histoire longue des pratiques et de la conduite de la guerre. Avec le soutien du Service historique de la Défense.
Après avoir triomphé de ses ennemis intérieurs et extérieurs, Louis XIV prend seul en mains les rênes du pouvoir à la mort de Mazarin, en 1661. Dès lors, selon Voltaire, "il n'y avait plus en France qu'un maître et des sujets". Jamais, en effet, le royaume n'avait été à ce point dépendant de la volonté, des goûts et des croyances du souverain. Ce face-à-face entre Louis XIV et vingt millions de Français ne se limita pas à une relation de domination : le théâtre social et politique mobilisait une foule de sentiments et d'intérêts. Hervé Drévillon nous invite à explorer en profondeur toute la richesse de l'histoire d'un royaume confronté à la grandeur et aux faiblesses d'un roi absolu. Une partie de cet ouvrage reprend des chapitres parus dans Les Rois absolus, 1629-1715, collection "Histoire de France", Belin, 2011.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.