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Les gardiens des pierres
Drevet Patrick
GALLIMARD
11,30 €
Épuisé
EAN :9782070227785
L'horizon de la route disparut au bas du pare-brise..." : dès les premiers mots, ce livre engage le lecteur dans un autre monde qui bientôt se révèle celui de l'abbaye qu'une équipe de cinéastes, dont fait partie le narrateur, vient filmer quelques jours avant qu'elle ne soit abandonnée par ses moines, trop âgés et trop peu nombreux pour y constituer une communauté vivante. Le monde des hommes de la foi, du silence et du recueillement, rencontre ainsi, au cours des quatre journées que dure le tournage, celui des hommes passionnés par les jeux de la lumière, des sonorités, de l'immobile beauté des pierres. L'affrontement auquel donne lieu cette rencontre est vécu d'abord comme fascination, puis devient peu à peu contagion irrésistible, ineffable, atteint une intensité presque amoureuse, prend enfin une dimension humaine déchirante au moment crucial de la séparation. Le livre se déroule avec la remarquable lenteur d'un film aux séquences extraordinairement fouillées, dans la lucidité cruelle propre aux lentilles de caméra. Il s'en dégage pourtant une gravité et une noblesse quasi liturgiques qui apportent au récit, d'un bout à l'autre, des contrastes psychologiques et sensuels tout à fait saisissants.
Le narrateur entreprend un long récit fragmentaire des circonstances importantes de sa vie, essentiellement les moments d'émotion et de désir provoqués par les lieux, les spectacles naturels : un blockhaus, la mer, la nuit, ou par des êtres : Yves, François, Geneviève. Ce récit, il le reprend, le commente pour arriver à ce que la substance de l'émotion et de la beauté soit arrachée à la mort et sauvée pour l'éternité. Quelques thèmes dominent, comme celui d'un blockhaus de la côte languedocienne, de la réputation dans le blockhaus, malgré l'interdiction de la mère. Ce roman est une méditation non sur l'homme, mais sur les sens de l'homme, qui sont à la fois une ouverture vers les autres et un domaine interdit. Ici, ce n'est pas le regard qui compte, mais l'oeil. Ce n'est pas le toucher qui importe, c'est la main et tout ce que la main suggère. C'est par un élan de tout l'être que le narrateur et son récit investissent les autres, en prennent possession bien plus qu'on ne pourrait le faire dans l'amour. Et cela jusqu'au vertige.
Résumé : De la main d'un voyageur sommeillant dans le train à l'image du corps que donnent les danseurs, Patrick Drevet cherche un sens aux éléments qui particularisent la figure humaine. Les veines, les poils, la peau, le teint, les yeux, le visage, la voix, l'allure sont ici les supports d'un parcours aussi bien autobiographique que sensuel, et qui fait écho à l'affirmation de Paul Valéry: " La peau est ce qu'il y a de plus profond. "
Résumé : Que supporte le désir de dire ? Que représente l'acte d'écrire ? A quelle aventure engage le choix d'une parole silencieuse ? Telles sont les questions qui sous-tendent les petites études de ce nouveau recueil. Examinant les origines de l'écriture autant que les circonstances qui l'y ont personnellement conduit, mais aussi sa pratique de la lecture, l'exemple de Julien Gracq et les propriétés d'autres modes d'expression comme le cinéma, l'auteur défend ici une conception existentielle de la littérature, avec un grand souci d'authenticité.
Résumé : En cette retraite du monde qu'est le lieu de l'écriture, le narrateur confesse et analyse l'étrange passion qui l'habite et le condamne à la solitude : le visage et le corps des passants entrevus dans la rue l'obsèdent avec une insistance à tout le moins anormale. Un visage à peine saisi, un dos d'adolescent moulé dans ses jeans, un cou de jeune sportif, une paire de bras obscènes sous un fin tee-shirt, la pliure d'une jambe, les mains d'une serveuse, une physionomie rieuse ou grave, et les yeux qui soudain trahissent en un bref éclair l'inaccessible domaine intérieur, tels sont les spectacles qu'il ramène du coeur des foules dont il paraît être à la fois la victime et le sacrificateur, sorte de moine extasié, assumant toutes les sensibilités, exclu comme pour expier la vie des corps qui passent et chanter dans la solitude, la stupeur et le silence, leur beauté, leur réalité, la profondeur qu'il leur découvre. L'aventure, ici, tient à l'interpénétration progressive de l'écriture et du regard qui entretiennent une attente indéfinie jusqu'à la révélation finale, inéluctable et pourtant étonnante, qui ne clôt pas le livre mais l'ouvre au contraire, le suspend sur l'au-delà de ce qui n'a été encore que littérature. Un texte plein de flammes, forgé par le désespoir et qui témoigne d'un art halluciné.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.