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La mort du roi Arthur. Nouvelles études
Douchet Sébastien ; Naudet Valérie
PU PROVENCE
14,00 €
Épuisé
EAN :9791032003893
Cet ouvrage sur La Mort du roi Arthur recueille les contributions de sept éminents spécialistes de la matière arthurienne. Il porte un regard renouvelé sur une oeuvre majeure du Moyen Age qui irrigue depuis toujours la culture contemporaine. Les approches, variées, éclairent d'un jour neuf ce roman dont la richesse et la complexité mettent au miroir - de façon tangentielle - des questions aiguës qui se posent aux sociétés contemporaines et que met en scène La Mort du roi Arthur : comment gouverner une société en délitement ? Comment établir la justice dans un univers qui s'atomise en individualités qui ne font plus corps social ? Ce roman est un roman de la crise politique, de la crise de responsabilité humaine face à ses fautes, de la fin des sociétés. On lira ici des études qui reprennent à nouveaux frais des dossiers majeurs tels que la construction du personnage, la structuration romanesque par la technique de l'entrelacement, la stylistique de la fin qui irrigue l'écriture du roman, l'onomastique comme outil de construction poétique de l'oeuvre, les tensions entre la lettre et la voix, entre pureté de la ligne narrative et feuilletage référentiel. L'ouvrage se clôt par une mise en perspective sur l'épisode de la mort d'Arthur dans la littérature d'Angleterre.
Longtemps considéré comme un simple épigone de Chrétien de Troyes, Raoul de Houdenc est l'auteur d'une oeuvre dense et variée, qui se décline en deux versants : romans arthuriens et récits allégoriques, tous écots entre 1200 et 1235 environ. Les études ici réunies reviennent sur ce jugement et montrent que, bien qu'il ait écrit après le "maitre champenois", Raoul a joui tout au long du Moyen Age et jusqu'au XVIe siècle d'une renommée qui n'avait rien à envier à Chrétien. Paradoxalement, son oeuvre est à la fois drôle et désabusée. Drôle parce que Raoul maîtrise à la perfection l'art de la parodie burlesque, du contre-pied et de l'inattendu. Désabusée parce que de son oeuvre se dégage une nostalgie pour le temps passé et révolu de la courtoisie, définitivement supplantée par l'appât du gain et l'égoïsme de ses contemporains. De ce paradoxe riait une jouissive verve satirique, un plaisir de la fiction utile, qui apportent une compensation, ou du moins une consolation, en des temps mauvais que faute de pouvoir contrer, on tient dans une distance joyeuse. Raoul propose ainsi des routes nouvelles à la fiction qui, si elle doit beaucoup aux prédécesseurs de Raoul - à commencer par Chrétien -, se donne comme utile et plaisante, et rejette l'accusation de vanité dont, dès le tournant du XIIIe siècle, fut accusé le roman.
Résumé : Au Moyen Age, l'anonymat de l'auteur et de l'oeuvre est un fait massif des arts et de la littérature. Le nom de l'auteur est bien souvent absent des oeuvres médiévales. Pour autant, l'anonymat n'est pas un vide, mais plutôt un creux où vient se lover une intention particulière. Il n'est pas une forme absente, mais un effet qui contribue à construire l'identité et la signification des oeuvres. Il n'y a pas un, mais des anonymats, qui dessinent, dans la lecture que l'on peut faire de la création médiévale, autant de lignes de force différentes, et qui remplissent des fonctions variées. C'est cette diversité que reflètent les dix-huit contributions de ce volume dont l'ambition est de faire la démonstration que l'anonymat est un fait de création qui met en jeu son interprétation. Les études ici réunies, sont le fruit de la réflexion de chercheurs de disciplines différentes (littérature, peinture, architecture, musique).