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Identités et politique. De la différenciation culturelle au conflit
Dorronsoro Gilles ; Grojean Olivier
SCIENCES PO
24,99 €
Épuisé
EAN :9782724616354
Les conflits portés par des revendications identitaires - autonomie, indépendance, droits culturels - n'ont cessé d'augmenter depuis 1945 et vont parfois jusqu'à menacer l'existence des Etats. Loin d'avoir disparu dans les régimes démocratiques, ils sont particulièrement importants en Turquie, en Iran et au Pakistan et ce, malgré une construction étatique et un rapport aux minorités profondément différents. Dans ces trois pays, l'identité ethnique ou religieuse est un principe quotidien de classement des individus et de hiérarchisation des groupes. Or, si les différences créent de la hiérarchie et de la rivalité, elles ne débouchent pas nécessairement sur des conflits. Comment passe-t-on alors de la simple "friction culturelle" au conflit identitaire ouvert ? Effectuant des découpages territoriaux, cartographiant, recensant et classant les populations, imposant des normes d'enseignement et distribuant inégalement les ressources, les Etats produisent les conditions propices aux mobilisations identitaires. Le basculement dans la violence est dès lors fonction des politiques étatiques - de discrimination, d'ouverture ou de répression - qui organisent les rapports entre les groupes.
En 2010, à Paris, un enfant afghan m'a tendu la main. Je cherchais à photographier de jeunes exilés sans-abris, qui dormaient dans un parc proche de chez moi. Ghorban fut le seul à s'avancer et m'interpeller. Il venait d'arriver en France depuis l'Afghanistan. A treize ans, seul, il avait parcouru 7000 km en clandestin. Sa détermination et son courage m'ont sidéré. J'imaginais mes enfants dans un tel périple. Quelques jours plus tard, des bénévoles ont repéré Ghorban et l'ont mis à l'abri, avant de le signaler à l'Aide sociale à l'enfance. Il a été pris en charge dans un foyer parisien. Avec la réalisatrice Claire Billet, ma femme, nous avons filmé et photographié Ghorban bâtissant sa nouvelle vie, sur une période de huit ans. Son adolescence était rythmée par un flot d'épreuves administratives, bercée par le manque affectif et des repères à inventer. Devenu notre filleul républicain, Ghorban s'est fait la promesse de retrouver un jour sa famille en Afghanistan. Nous avons fait celle de l'accompagner. "Pendant les vacances d'été 2021, Ghorban est venu passer quelques jours chez nous. Il étouffait, seul à Paris. En Afghanistan, les villes tombaient les unes après les autres aux mains des taliban. La capitale afghane, Kaboul, était encerclée. Le 15 août, nous avons assisté à la victoire des islamistes en direct sur les réseaux sociaux. Ghorban était rongé d'inquiétude pour sa famille, comme des millions d'Afghans. Nous craignions tous une vengeance sanglante ou une guerre civile. Ghorban appela la cellule de crise du Quai d'Orsay, saturée. Des proches, des collègues et toutes nos connaissances d'Afghanistan listaient en urgence les Afghans qui voulaient fuir. Une amie nous proposa d'ajouter des noms sur une liste. Ghorban appela Masouma, sa mère. La décision fut prise dans la seconde. Les quatre jeunes que nous avions rencontrés en 2017 quittèrent leurs parents et leur maison sur le champ. Sima, la plus jeune, avait 17 ans et Aziza, l'aînée, en avait 22. La fratrie traversa le pays en bus pour rejoindre les abords de l'aéroport de Kaboul" . "Deux mois et demi après leur arrivée en France, Sima, Aziza, Sohrab et Mehrab sont montés à Paris pour le rendez-vous à l'OFPRA, l'Office français pour les réfugiés et les apatrides. Chacun, lors d'un entretien individuel, a expliqué les circonstances de sa fuite et les raisons pour lesquelles il demandait l'asile en France" .
Des mouvements écologistes opposés au nucléaire, des mobilisations d'intellectuels libéraux, des collectifs d'habitants, des cortèges syndicaux... En Turquie, les mouvements sociaux font entendre quotidiennement leur voix dans des sit-in, des manifestations, des pétitions, des grèves de la faim. Pourtant, au-delà des similitudes apparentes avec d'autres pays, l'action collective en Turquie a des particularités qui ne renvoient pas à son caractère de société musulmane, mais bien à son organisation politique. Quel est le rôle de la police ? Pourquoi la plupart des défilés sont-ils illégaux ? Comment les médias rendent-ils compte des actions protestataires ? En quoi ces actions participent-elles à l'ouverture de la Turquie depuis quelques années ? À travers ces questions, on verra se dessiner un tableau parfois surprenant de la Turquie d'aujourd'hui entre discours sécuritaire et revendications démocratiques. Cet ouvrage est le résultat d'un travail de terrain collectif de chercheurs issus de différentes disciplines et travaillant sur la Turquie contemporaine.
Résumé : Voici la première étude de terrain consacrée à la guerre civile en Syrie, des premières manifestations pacifiques jusqu'aux affrontements actuels. Nourri d'entretiens menés avec les syriens eux-mêmes lors de trois séjours prolongés, cet ouvrage est une véritable plongée dans l'enfer syrien. En 2011, le mouvement de protestation, dont est issue l'insurrection, tendait à l'origine à inclure des groupes minoritaires divers. Mais la formation de groupes politico-militaires à partir de 2012-2013 rompt cette logique inclusive. L'insurrection se différencie politiquement avec une polarisation croissante entre les groupes les plus radicaux et les groupes issus de l'Armée Syrienne Libre. Alimentée de l'extérieur, cette politisation opère selon deux registres, l'islam politique sous ses différentes formes, et notamment celle du califat, et le communautaire, dans le cas des enclaves kurdes du PKK. Quels sont les effets de la guerre sur la société syrienne ? Quelles nouvelles hiérarchies communautaires et sociales résultent de la violence généralisée ? Comment les trajectoires sociales des Syriens pris dans la guerre sont-elles affectées ? Comment se structure l'économie de guerre alors que le pays est divisé entre le régime, l'insurrection, le PKK et l'Etat islamique ? Un livre unique qui combine une recherche de terrain - rare sur le conflit syrien - et une réflexion pionnière sur l'émergence de l'Etat islamique.
Résumé : Durant des décennies, il a été d'usage d'associer libéralisme économique et libéralisme politique, économie de marché et démocratie. Mais l'évolution du capitalisme, entre accroissement vertigineux des inégalités et emballement des politiques identitaires, contredit chaque jour un peu plus cette vision optimiste. Contrairement à une idée reçue, l'Etat apparaît comme un enjeu central pour les néolibéraux, en ce qu'il permet une réorientation des politiques publiques en faveur des plus riches et que, naguère régulateur, il est désormais devenu l'instrument même de la dérégulation économique. Servira-t-il aussi d'ultime rempart répressif à l'oligarchie face aux troubles que sa politique aura causés ? Retour inquiet d'un quinquagénaire sur l'échec de sa génération, élevée dans l'idée du progrès à venir et aujourd'hui confrontée à une crise protéiforme, cet essai montre comment la généralisation à tous les champs de l'activité humaine de ce qui est présenté comme la "rationalité économique" est à l'origine de l'instabilité actuelle. Mais aussi qu'à rebours de ce que les tenants du néolibéralisme aimeraient faire croire, le coeur du problème demeure politique plus qu'économique. Ce qui ouvre un espace à l'action.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.