Les Psaumes ne sont pas qu'un livre, ils sont les chants de la Synagogue et de l'Eglise répétés aux quatre coins du monde au fil des siècles. En voici, inédite, la version de la septante, la Bible juive en langue grecque d'Alexandrie. Premier tome sur deux. Un événement. Il n'est pas une Bible, mais des Bibles. Il n'est pas un usage, mais des usages de la Bible. En traduisant en langue grecque l'original hébreu à la veille de l'ère chrétienne, les Juifs d'Alexandrie ont provoqué une révolution qui se poursuit aujourd'hui. La publication de nouveau tome de la Septante constitue d'autant plus un événement qu'il porte sur les Psaumes : c'est dans cette version que les chants du roi David sont devenus initialement la prière de l'Eglise. Outre un parfait rendu en français, ce premier volume, qui suit la division traditionnelle du monde antique, offre un remarquable appareil critique qui renvoie au Nouveau Testament ainsi qu'aux Pères de l'âge d'or : Origène et Eusèbe de Césarée illustrent l'école d'Alexandrie, Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste l'école d'Antioche, Grégoire de Nysse et Théodoret de Cyr la synthèse de ces grands courants exégétiques. Un événement qui fait écho aux vingt siècles de supplications, de glorifications et d'oraisons qu'a engendrés le Psautier.
A une génération de distance, Clément d'Alexandrie (vers 150-vers 215) et Origène (185/187-251/253) sont des représentants éminents de la tradition intellectuelle et savante d'Alexandrie. Ils l'ont profondément renouvelée en faisant appel à la Bible qu'ils lisent en s'inspirant de l'exégèse juive et chrétienne et en utilisant les ressources mises à leur disposition par la littérature et la philosophie grecques. Il y a peu de monographies récentes en français sur ces auteurs, et aucune qui les associe. Le chapitre consacré à Clément est rédigé par Alain Le Boulluec. Il retrace sa biographie, analyse chacune de ses oeuvres conservées, examine sa méthode exégétique et sa manière de composer, présente ce que l'on sait de ses écrits perdus. Le chapitre sur Origène est dû à Gilles Dorival. Il décrit les instruments de travail et les éditions, s'interroge sur la possibilité d'établir sa biographie, présente ses écrits (travaux sur l'Ancien et le Nouveau Testaments, traités, lettres, fragments papyrologiques, oeuvres inauthentiques), analyse les controverses qu'il a suscitées depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Un chapitre de conclusion rédigé de concert récapitule ce qui rapproche Clément et Origène et insiste sur ce qui les différencie.
Michée est connu avant tout pour avoir prédit l'endroit où le Messie devait naître : "Et toi, Bethléem, maison d'Ephratha [... ] De toi me sortira qui doit devenir chef en Israël" . Son livre témoigne - avec ceux d'Isaïe, d'Amos et d'Osée - d'un tournant majeur dans la religion d'Israël, en plaidant pour la primauté de l'éthique sur le culte sacrificiel. La traduction grecque de ce livre que l'on peut dater au second siècle avant l'ère chrétienne, en constitue sans conteste le commentaire le plus ancien. Les traducteurs ont interprété le texte hébreu à la lumière des connaissances linguistiques et exégétiques dont ils disposaient. En même temps, ils ont adapté son message à la mentalité de leur époque : juifs de la diaspora occidentale, ils s'étaient ouverts à la culture hellénistique de leur environnement. Le texte grec de Michée est souvent difficile. La traduction proposée dans le présent volume s'efforce d'en dégager le sens tel qu'il a pu être compris par ses premiers lecteurs. Les notes éclairent le vocabulaire et la syntaxe du texte grec et commentent les nombreux écarts apparents par rapport au texte hébreu dans sa version massorétique. Une grande partie des notes est consacrée à la réception de la Septante de Michée dans les milieux juifs et dans l'Eglise chrétienne.
Cet ouvrage est le premier manuel de langue française consacré à la Septante. Ses neuf chapitres abordent les problèmes que soulève cette version grecque de la Bible hébraïque, née dans le judaïsme hellénistique, adoptée ensuite comme Ancien Testament par les premières Églises chrétiennes, y compris de langue latine. Il présente les résultats acquis et l'état des questions; il trace aussi les perspectives de la recherche à venir. Sont posées les diverses questions encore débattues: d'ordre historique, textuel, linguistique, littéraire, exégétique. Des regroupements bibliographiques et trois copieux index en font aussi un instrument de travail indispensable. C'est, de plus, une introduction d'ensemble à la collection "La Bible d'Alexandrie", traduction annotée des livres de la Septante en cours de publication.