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Jours de famine et de détresse
Doff Neel ; Orianne Maya
ECHAPPEE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782373090307
Entre Amsterdam et Bruxelles, la petite Keetje raconte le quotidien d'une famille pauvre de neuf enfants. Dans ce conte cruel, digne de ceux des frères Grimm ou de Perrault, aucun prince charmant ne vient lui demander sa main - c'est plutôt la prostitution qui l'attend. Pas de monde enchanté chez Neel Doff, mais un récit par petites touches réalistes de son enfance, qui se transforme au fil des pages en peinture de la misère au XIXe siècle. Elle nous fait sentir, dans un style dépouillé mais doté d'une grande puissance d'évocation, sa détresse quotidienne, et aussi les rares moments de bonheur partagés avec les siens. On a parfois comparé ses écrits à ceux de Zola, qu'elle jugeait pourtant trop "inventés" et "superficiels" pour décrire avec justesse le vécu du peuple. Sans doute qu'éprouver la misère au plus profond de soi est une condition nécessaire pour créer une oeuvre aussi forte que la sienne ? Après avoir manqué de justesse le Goncourt en 1911 avec ce premier livre, Neel Doff, l'une des premières femmes à avoir été en lice pour ce prestigieux prix, n'aura de cesse, le restant de son existence, de témoigner de ses malheurs d'enfant pour en préserver ses semblables.
Dans son petit paradis de campagne, l'auteure savoure au jour le jour les subtils délices du jardin, de la vieille maison, des animaux familiers... Le temps a passé et les relations se sont faites rares. Chaque moment de partage est précieux. Le bout du chemin approche - comment quitter tout cela ? ... Un témoignage vrai.
Quatre nouvelles, autour de quatre personnages savoureux de la Campine flamande. C'est une région que l'auteur connaît bien, pour y être née. Ces quatre portraits, fortement teintés de souvenirs personnels, nous emmènent entre l'Escaut et Amsterdam, au début du XXe siècle, visiter une couche sociale nettement défavorisée. Neel Doff prend pour nous décrire les détails de la vie quotidienne la même plume simple et sans fioritures que pour nous faire partager les émotions les plus tourmentées. Le témoignage n'en est que plus poignant
Amsterdam, fin du XIXe siècle, Keetje a douze ans et arpente les rues de la ville. De la boucherie à l'atelier de la modiste qui l'emploie, en passant par la cuisine et la blanchisserie, elle se fraye un chemin dans un monde où chaque sou compte. Devenue trottin, elle porte sur ses épaules bien plus que son jeune âge ne devrait supporter : son salaire paie le loyer, et ses pourboires nourrissent toute la famille. Ce volume, bien que composé en dernier lieu en 1921, revient sur l'adolescence de Keetje et offre le portrait saisissant d'une enfant déjà façonnée par les duretés du monde ouvrier, mais qui conserve un irrépressible besoin d'évasion et trouve refuge dans la lecture.
En s'appuyant sur de très nombreuses recherches et études scientifiques internationales, le grand psychiatre et spécialiste du cerveau Manfred Spitzer montre à quel point notre dépendance aux technologies numériques menace notre santé, tant mentale que physique. Elles provoquent chez les enfants et adolescents comme chez les adultes de nouvelles maladies et en rendent d'autres plus fréquentes : baisse des performances cognitives, troubles du sommeil, dégradation des capacités d'attention et de concentration, tendance à l'isolement et au repli sur soi, dépression, disparition du sentiment d'empathie, etc. Et même, chez les plus jeunes, baisse de la motricité et des capacités de perception. Ce vaste tableau des connaissances scientifiques sur les effets des écrans, enfin traduit en français, a rencontré un immense écho en Allemagne et dans le monde entier où il a provoqué nombre de débats et de prises de conscience. Cette synthèse majeure s'articule à une réflexion critique profonde qui ne se contente pas de lancer l'alerte sur les cyberpathologies. Elle nous apprend aussi à nous en protéger et à agir à titre préventif. Une contribution absolument cruciale pour tenter d'éviter un désastre psychologique et social.
Nous sommes entrés dans l'ère de la Technopoly. Soit une société dans laquelle la culture est entièrement soumise aux impératifs technologiques. Tout doit y être mesuré, évalué avec le plus haut degré de précision, converti sous forme de données quantifiables et objectives, pour permettre à des machines ou à des experts d'assurer, pour notre plus grand bonheur, la gestion de nos vies. Bien que l'information n'ait jamais été aussi facile d'accès et présente en telle quantité, nous sommes désemparés, incapables d'appréhender un monde devenu d'une grande complexité. D'autant que les institutions sociales (l'école, la famille, les organisations politiques...) et les valeurs au fondement de la culture humaniste - qui structuraient jusqu'alors nos existences tout en favorisant le développement de notre autonomie et de notre faculté de jugement - ont rendu les armes face au monopole de la technique. Les réflexions développées dans ce livre retentissant de Neil Postman, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1992, n'ont rien perdu de leur actualité. Bien au contraire, elles révèlent avec une rare lucidité les fondements des mutations profondes qui n'ont fait que s'accélérer depuis. En remontant aux origines de la science moderne et de l'idéologie du progrès, l'auteur dresse un constat sans appel : la soumission de la culture à la technique menace à terme de détruire les sources vitales de notre humanité.
Ce travail, amorcé en 2008 par l'Observatoire de l'évolution, est une contribution à la refondation du politique à laquelle les humains sont nécessairement tenus pour préserver une vie sur Terre non machinale et éviter de se retrouver ensevelis sous un champ de ruines sociales. En premier lieu, il s'agit de comprendre la raison et la force de ce qui arrive, puis le moyen d'y faire face. L'hypothèse est que la société industrielle, en tant que société de masse, n'est pas réformable. La voie d'une réhabilitation du politique se trouve donc en partie dans une détermination à vivre autrement qu'en suivant les injonctions de la puissance dominante, et dans le renoncement aux anciennes formes de l'engagement. Ce qui suppose d'inventer de nouvelles modalités de vie, sans attendre un changement social généralisé. Une vie humaine désirable a besoin de s'ancrer dans des territoires habitables. Ce n'est qu'à partir de là qu'il devient possible de formuler les questions existentielles fondamentales. C'est par l'invention d'une nouvelle condition paysanne que l'humain sera en mesure d'oeuvrer à satisfaire ses besoins essentiels et pourra tenter de rétablir un tissu de relations harmonieuses avec ce qui l'entoure. La composition du manifeste laisse entendre une multitude de voix réunies par l'Observatoire de l'évolution, lieu informel animé par Jean Druon. Ce dernier aspire à renouer avec une vie paysanne envisagée comme une voie d'émancipation. Il a cofondé le projet des Terres communes de la Fontié (Tarn) auquel il participe. Il est auteur-producteur de films documentaires parmi lesquels Un siècle de progrès sans merci (2000), Alerte à Babylone (2005) et Le Passage du Nord-Ouest (2014).
C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle. Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée, du haut de son autorité, à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines. Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridico-politiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action. Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une " main invisible automatisée", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes. Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie. Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps. Ce livre procède à une anatomie au scalpel de l'intelligence artificielle, de son histoire, de ses caractéristiques, de ses domaines d'application, des intérêts en jeu, et constitue un appel à privilégier des modes d'existence fondés sur de tout autres aspirations.