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Le rideau noir. Roman des mots et des hasards
Döblin Alfred
VERDIER
15,22 €
Épuisé
EAN :9782844900159
Revue de presse Silke Hass, qui dirige la collection SH aux éditions Farrago, a eu la bonne idée de publier ce premier roman d'Alfred Döblin, écrit en 1903. Un texte dérangeant, puissant, maladroit, nourri de lectures dégluties les dents serrées et d'une expérience que l'on pressent fiévreuse. L'expression s'y dégage avec la violence de la phrase qui l'enserre, la bouscule, et trébuche à son tour sous les coups de boutoir des mots proférés. Parfois, c'est à grand coup de hache qu'il taille dans le verbe. A d'autres moments, l'écriture s'écoule, frémissante, dans une sorte de sensualisme à rebours. Le héros, Johaness, rappellerait pour un peu le Bazarov de Tourgueniev. Cette même impuissance à réagir qui le remplit de haine, et surtout, la sommation du désir amoureux, dont la violence l'emporte. L'humiliation que ce désir impose à la raison ne lui laisse d'autre répit que la froide ironie. Désemparé d'être pareillement enchaîné à lui-même, Johaness ne sait que se jeter à corps perdu dans l'angoisse d'aimer. Ce long monologue haletant qu'est au fond ce roman inscrit jusque dans sa structure la profonde crise à laquelle est confrontée soudain la personne humaine. Il n'y a plus de perspective, pas d'unité depuis laquelle ramasser l'être. Chaque geste, chaque émotion, chaque mot s'autonomisent, désarticulant le texte. Rilke avait refusé de le publier : il le trouvait trop sombre, trop pervers. Redoutait-il l'effarant constat qu'il recèle, de découvrir que l'on ne veut pas l'amour, mais juste quitter sa solitude ? --Joël Jégouzo-- -- Urbuz.com
«Traité» d?un genre insolite, qui relève davantage d?une composition musicale ouverte - sorte de suite chorale dont la musicalité remarquable repose sur les mêmes principes fondamentaux qu?elle invoque - l?esthétique de la musique d?Alfred Döblin, publiée en 1910 dans Der Sturm, se déroule dans le cadre d?un petit drame à caractère expressionniste. Pour le lecteur français qui longtemps n?avait pu connaître, de ce grand écrivain contemporain à l?oeuvre multiple, que le seul roman Berlin Alexanderplatz, voici une excellente initiation à la complexité döblinienne. Il y a bien des raisons de lire et relire ce beau texte inclassable, qui intrigue autant qu?il attache - par ce mélange de tristesse, d?humour et de sérénité, de rigueur et de poésie - et qui retient par la qualité de son écriture.
Bien avant le succès historique de Berlin Alexanderplatz en 1929, Alfred Döblin fit son entrée sur la scène littéraire en publiant des nouvelles. En voici réunies treize, parues entre 1902 et 1917, treize miniatures où se condensent toute la précision et toute la virtuosité du style de leur singulier auteur. L'espace dans lequel évoluent les personnages de ces récits est dessiné par la mêlée des sexes. A travers elle, Döblin s'avance vers l'utopie du couple en suivant les lignes de fracture que celle-ci inscrit dans les sentiments et les conduites. Expressionisme, abstraction, naturalisme, objectivité ? Le phénomène Döblin et à vrai dire inclassable. L'humoristique occupe ici une place de choix. Sin on veut bien admettre que ce dernier n'a rien de commun avec la zone médiane et pondérée de l'humour, mais s'obtient plutôt par conjonction des extrêmes, la cruauté, le grotesque côtoyant de près le lyrisme et la tendresse.
Résumé : Pas de Pardon est le premier roman que Döblin, écrivit, en 1934, après avoir fui l'Allemagne nazie. L'écrivain habitait alors Paris avec sa famille, il sera d'ailleurs naturalisé français. Au contraire de Berlin Alexanderplatz, épopée des masses au montage cinématographique, Pas de Pardon est un roman classique, d'inspiration autobiographique. Le héros en est Karl, un garçon de la campagne qui vient tenter sa chance, avec sa famille, dans la grande ville fascinante et impitoyable et qui va gravir un à un les échelons du succès, pour devenir capitaine d'industrie, faire un riche mariage, avant de tout reperdre. Un destin riche en péripéties et souvent poignant qui semble servir de paradigme au mouvement cyclique, expansion-crise, du capitalisme, toile de fond de l'intrigue. Le centre du roman est la description haletante de la grande dépression qui frappe l'Allemagne après la Première Guerre mondiale. Nous découvrons sur les pas de Karl, l'affolement du monde des affaires, mais aussi la misère des faubourgs où le chômage frappe de plein fouet une population qui croyait à la vertu du travail et au progrès social et qui apprend à ses dépens la cruauté d'un système où chacun est jugé à l'aune de sa valeur économique.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.