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Agone N° 44/2010 : Rationalité, vérité et démocratie
Discepolo Thierry ; Rosat Jean-Jacques
AGONE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782748901306
Ce numéro est issu du colloque " Rationalité, vérité et démocratie - Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky ", organisé au Collège de France le vendredi 28 mai 2010. L'habitude de fonder les opinions sur la raison, quand elle a été acquise dans la sphère scientifique, est apte à être étendue à la sphère de la politique pratique. Pourquoi un homme devrait-il jouir d'un pouvoir ou d'une richesse exceptionnels uniquement parce qu'il est le fils de son père ? Pourquoi les hommes blancs devraient-ils avoir des privilèges refusés à des hommes de complexions différentes ? Pourquoi les femmes devraient-elles être soumises aux hommes ? Dès que ces questions sont autorisées à apparaître à la lumière du jour et à être examinées dans un esprit rationnel, il devient très difficile de résister aux exigences de la justice, qui réclame une distribution égale du pouvoir politique entre tous les adultes. Bertrand Russell (1961)
Discepolo Thierry ; Hermann Marie ; Petitjean Clém
Résumé : Le nouveau millénaire a mal commencé : nous avons déjà eu le temps de voir éclater trois énormes bulles, produits de l'aveuglement de la pensée dominante. Toute une génération de bouffons aurait dû se retrouver au chômage. Pourtant, aligner dans son CV toutes les erreurs graves commises depuis vingt ans ne pose aucun problème pour qui veut grimper dans le monde du consensus, c'est même une sorte de prérequis. Les hautes instances en place ne se contentent pas d'excuser les erreurs antérieures, elles les exigent. Il faut avoir eu tout faux hier pour avoir une chance d'être pris au sérieux aujourd'hui.
Quand vous portez un habit et que vous êtes sur un cheval, déjà vous ne voyez pas les choses de la même façon. Quand on est à cheval, on ne voit pas le chemin de la même façon, on ne voit pas la forêt de la même façon, on ne voit donc pas les gens de la même façon non plus. Et je pense qu'il faut être infiniment plus attentif et plus prudent quand on a justement et l'autorité et le cheval et le chapeau à plume et la trompe et le machin... Vous voyez, je caricature un peu mais il faut faire beaucoup plus attention aux réactions des gens. Il faut pouvoir assumer une certaine légitimité. Et dans la chasse à courre, la légitimité, hé bien, c'est la culture, c'est l'éducation, c'est savoir sonner", Jean Rives, maître d'équipage du Rallye du Rocher.
Résumé : Orienter ses efforts contre tout ce qu'il peut y avoir de prestigieux et d'ensorcelant dans certaines productions de l'intellect. S'appliquer avec une sorte de génie de la destruction à combattre toute espèce d'enthousiasme théorique et spéculatif. Parce que l'entendement humain est en quelque sorte perpétuellement malade de ses propres succès, il ne connaît le plus souvent que pour méconnaître, il ne produit guère de lumières qui ne finissent par le rendre quelque peu aveugle ni de solutions qui ne constituent en même temps des problèmes...
Résumé : En septembre 2008, l'irruption d'une crise financière épique touche le coeur même du système dominant. Dans les mois qui suivent, production mondiale, commerce, capitaux propres, crédits et investissements sont brutalement frappés, tandis que le chômage atteint des taux à deux chiffres dans tout l'hémisphère nord. On a senti, et pas seulement à gauche, que le paradigme néolibéral ne sortirait pas indemne de cette crise, qui pouvait même porter un coup fatal à l'hégémonie américaine. Malgré le déferlement d'analyses, la portée historique de cette crise reste obscure. A quoi a-t-elle mis fin ? A quoi n'a-t-elle pas mis fin ?
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Le tour résolument punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du simple diptyque " crime et châtiment ". Il annonce l'instauration d'un nouveau gouvernement de l'insécurité sociale visant à façonner les conduites des hommes et des femmes pris dans les turbulencesde la dérégulation économique et de la reconversion de l'aide sociale en tremplin vers l'emploi précaire. Au sein de ce dispositif " libéral-paternaliste ", la police et la prison retrouvent leur rôle d'origine : plier les populations indociles à l'ordre économique et moral émergent. C'est aux États-Unis qu'a été inventée cette nouvelle politique de la précarité, dans le sillage de la réaction sociale et raciale auxmouvements progressistes des années 1960 qui sera le creuset de la révolution néolibérale. C'est pourquoi ce livre emmène le lecteur outre-Atlantique afin d'y fouiller les entrailles de cet État carcéral boulimique qui a surgi sur les ruines de l'État charitable et des grands ghettos noirs. Il démontre comment, à l'ère du travail éclaté et discontinu, la régulation des classes populaires ne passe plus par le seul bras, maternel et serviable, de l'État social mais implique aussi celui, viril et sévère, de l'État pénal. Et pourquoi la lutte contre la délinquance de rue fait désormais pendant et écran à la nouvelle question sociale qu'est la généralisation du salariat d'insécurité et à son impact sur les espaces et les stratégies de vie du prolétariat urbain. En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la " pensée unique sécuritaire " qui sévit aujourd'hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d'une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d'un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché.