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Pour une désaliénation des études africaines. Repenser l'africanisme postcolonial
Diop Amadou Sarr ; Niane Boubacar
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782343200965
Les études africaines, dans le domaine des sciences sociales, puisent leurs registres analytiques dans un mode de savoir décliné en dehors des réalités et des préoccupations du continent africain. Elles ont la particularité d'être un champ de sédimentation de théories construites dans le sillage de ce que Gazibo appelle a l'extraversion théorique o. Le pari de ce livre est de déconstruire cet ordre de la pensée, fondamentalement soumis aux paradigmes et aux postulats du dehors, à la référence quasi absolue aux catégories de pensée occidentales et, donc adossé à une épistémologie de l'altérité. Notre projet s'inscrit dans cette entreprise de reconfiguration ou rénovation des études africaines portée par le débat sur la désaliénation des études africaines. Notre objectif est double : elle vise à dessaisir les études africaines de l'encastrement, de l'intrusion de l'eurocentrisme et de son versant opposé, à savoir l'afrocentrisme. L'enjeu ici est d'ouvrir l'espace d'un débat, celui de la refondation et du rôle des sciences sociales dans ce qu'il convient d'appeler n l'invention du monde par l'Afrique ". Au-delà du combat pour l'émergence d'une nouvelle géopolitique des discours savants, nous aborderons aussi la problématique du rôle des sciences sociales dans le projet de la renaissance du continent noir. L'idée que la reconstruction des savoirs sur l'Afrique est au cceur des enjeux de la libération du continent noir, de son sous-développement séculaire et de sa marginalisation dans l'évolution du monde, n'est pas une hypothèse mal fondée. Recadrer l'africanisme revient donc à le replacer sur une orbite qui l'inscrit dans l'étude des formes d'historicité en cours dans les sociétés africaines mais, surtout, à en faire une praxis, instrument de combat pour la reinvention du futur de l'Afrique. Il s'agit de montrer que dans le projet de refondation de l'africanisme, les sciences sociales africaines devraient être au service du continent, dans la double bataille du développement et de la construction du leadership africain achevé.
Ce livre est un hommage destiné au professeur Issiaka Prosper L. Lalèyê : épistémologue, socio-anthropologue, philosophe, humaniste, spécialiste des études africaines. Les contributions qui y sont rassemblées proviennent de collègues, amis et anciens étudiants du professeur. Elles touchent divers champs d'expertises qu'il a développés tout au long d'une prestigieuse carrière universitaire consacrée fondamentalement à une meilleure connaissance et un développement approfondi des sciences de l'homme en société en Afrique. La diversité des contributions révèle l'étendue des intérêts scientifiques du professeur Lalèyê. De même, témoins d'une pensée et d'une écriture foisonnantes, elles essaient de rendre audible la pensée de ce Maître à penser de Saint-Louis, de l'honorer au moment où le souffle de l'existence lui accorde la pleine sérénité. C'est en ce sens que les lecteurs peuvent ressentir à chaque ligne de l'ouvrage, le profond respect et la dette de reconnaissance des contributeurs envers le destinataire de même que le plaisir qu'ils ont à prendre part à cette oeuvre. Véritable attestation de la personnalité du récipiendaire, de respect, de gratitude et d'amitié, ce livre traduit à travers le murmure des textes qui le structurent le mérite d'un grand penseur qui nous exhorte à penser l'Afrique, à procéder à une relecture des cultures et sociétés africaines à partir d'un point de vue africaniste.
D'inspiration postmoderne, plusieurs courants d'études africaines postcoloniales se sont inscrits dans l'entreprise de déconstruction des cadres analytiques issus de "l'ordre épistémologique occidental" . Le regard critique sur la production des discours sur les conflits en Afrique, constituant l'axe central de cet ouvrage, prend ancrage dans ce tournant paradigmatique opéré dans la pensée africaniste pour redonner sens aux savoirs sur les phénomènes sociaux en contextes africains. L'objectif de notre ouvrage est de questionner les discours sur les conflits en Afrique formulés sous le prisme de l'approche réductrice des paradigmes de l'ethnicité. L'enjeu est de procéder à une exploration, dans l'optique de Balandier, des territoires de la conflictualité, afin de contribuer par "le détour" à la découverte de nouvelles lignes de sens d'un phénomène aussi complexe et récurrent. Aux antipodes des généralisations induites par les paradigmes de l'ethnicité apparaît alors un objet sociologique très circonscrit : des dynamiques conflictuelles diverses aux sources et contextes variés. Dans la lignée de la décolonisation des savoirs en Afrique, il s'agit de proposer une lecture des conflits par une approche du social qui se démarque de la "surdétermination" de l'ethnicité comme source d'analyse des dynamiques conflictuelles.
L'enchâssement des politiques publiques nationales d'éducation dans le nouvel ordre imposé par les instances supranationales a-t-il conduit à l'érosion de la marge d'autonomie des Etats dans les réformes éducatives en Afrique ? En répondant d'une manière affirmative à cette question, cet ouvrage veut montrer, en prenant l'exemple du Sénégal, comment l'ingénierie réformatrice néolibérale a imposé une homogénéisation des politiques d'éducation et de nouvelles logiques de gouvernement de l'école à la quasi-totalité des pays africains. La dynamique "des ajustements mutuels" marque le triomphe de la fabrique exogène des réformes éducatives en Afrique. La thèse centrale de cet ouvrage est que ces réformes suscitent des stratégies de résistance qui se manifestent par des manifestations et des grèves ou encore par des choix de modèles de socialisation alternatifs au paradigme scolaire.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.