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Histoire des levées de la Loire
Dion Roger ; Pitte Jean-Robert
CNRS EDITIONS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782271094292
Depuis plusieurs siècles se joue, dans une riante et fertile vallée de France, un drame intense entre les hommes et la nature, entre la Loire et ses riverains. Car cette Loire moyenne, entre Decize et Angers, apparemment si paisible, peut se montrer brusquement sauvage, débordant de son lit et emportant avec elle les patients produits de l'agriculture et du négoce. Les inondations de 1790, 1856 ou de 1910 sont encore inscrites dans les esprits et les pierres des maisons. Depuis l'Antiquité, à Tours, Saint-Benoît-sur-Loire, Blois ou Saumur, les hommes ont élevé des murailles de terre, de pieux et de fagots pour mettre à l'abri les riches terres du Val et leurs communautés. Et c'est un prince, Henri II Plantagenêt, qui, en 1160, va réussir à établir les premières grandes levées ? les " turcies ". L'endiguement du fleuve ne cessera plus jusqu'à nos jours, alternant tâtonnements, succès et échecs. Une histoire passionnante que nous conte un maître de la géographie historique. Après l'Histoire de la vigne du vin (1959, réédité par CNRS Editions en 2011), Roger Dion publie en 1961 un modèle du genre, un exemple à méditer pour tous. Digne héritier de Marc Bloch et de l'école des Annales, il mêle ici observation perçante des paysages et analyse critique de toutes les sources archivistiques.
Si les genres du portrait (incluant l'autoportrait) et de la biographie (incluant l'autobiographie) font l'objet d'une attention soutenue et même croissante de la part des chercheurs universitaires, il restait encore à les interroger l'un par l'autre. Comment, du XIXe au XXe siècle, s'entrecroisent et s'interpénètrent une forme venue de la peinture, le portrait, et une forme venue de la littérature, la biographie? Voilà, généralement posé, le problème qui occupera les collaborateurs de cette livraison de La Licorne. Dans quelle mesure un portrait, qu'il soit pictural, photographique ou cinématographique, peut-il être considéré comme étant biographique ? Inversement, quelle est la part de l'image et de l'imaginaire dans la biographie et dans l'autobiographie? Bien qu'ils visent une même cible, le sujet, la biographie tend à en traduire la fluidité dans la narration alors que le portrait tend à en produire la fixité dans la représentation. Entre continuité et discontinuité, c'est peut-être l'hésitation même de la modernité qui se lit sur ces visages biographiés et portraiturés.
Notre époque a soif de réalité et les médias se chargent bien volontiers de l'étancher. A travers le fouillis des reality shows, des blogues et des confessions de toute nature, comment l'oeuvre littéraire arrive-t-elle à tirer son épingle du jeu, à fonder son droit à parler du monde comme il va ? Il semble que la littérature, au cours des dernières décennies, ait renoué tant bien que mal avec l'idée de s'inscrire de plain-pied dans le réel, s'attachant à surmonter les clivages entre document et fiction, archive et récit, pour parvenir à une vérité qui n'est soumise ni aux clichés du roman ni à l'épreuve d'un réel impossible. Entre "fiction sans fiction" et non-fiction tentée par les artifices de l'imaginaire, les oeuvres étudiées ici cherchent à retrouver quelque pertinence sociale en réinventant les modalités de ce réalisme qui a fait de la littérature un fantastique instrument de connaissance de l'homme et du monde.
Geffen Alexandre ; Vibert Bertrand ; Dion Robert ;
Résumé : Depuis le début des années 80, la " vie imaginaire " connaît un succès constant, aussi bien en France (Pierre Michon, Pascal Quignard ou, plus récemment, Michel Schneider) qu'à l'étranger (Sebald, Bolano, Boyd, Tabucchi), pour se limiter à quelques-uns des écrivains étudiés ici. Comment comprendre cette vogue ? La " vie imaginaire ", qui historicise la fiction, appartiendrait-elle d'emblée à l'ère post-moderne, qui considère l'histoire comme une fiction ? Ou bien assiste-t-on à un retour du roman, avec obligation de brièveté et de densité ? Voire un retour à la singularité du sujet (biographié) ? Comment définir la fiction dans la " vie imaginaire " ? Par la référentialité ? Ou la littérarité ? Faut-il la situer dans l'invention et la part d'indémontrable ? Ou la rechercher dans une intentionalité esthétique et ses effets sur le lecteur ? Que dit cette pratique d'écriture de notre relation aux morts ? Est-ce un genre mélancolique par vocation ? Une tentative pour arrimer l'écriture à la mémoire ? Le lieu d'une rencontre imaginaire entre les vivants et ceux qui ne sont plus ? Pourquoi, enfin cette préférence marquée des biographes imaginaires pour les artistes, les infâmes et les infimes ?
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.
Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne ? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante ? Qui les a fixées ? Comment ont-elles été diffusées ? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, sur notre langage et notre culture que la Bible. De la traduction de saint Jérôme à l'étude des rouleaux de la mer Morte, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.