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Une vie de photographes
Dieuzaide Jean ; Lemagny Jean-Claude
TEMPS IL FAIT
29,00 €
Épuisé
EAN :9782868534248
Qu'il les ait exposés au Château d'Eau à Toulouse, qu'il les ait croisés aux Rencontres d'Arles, ou encore qu'il leur ait rendu des visites amicales, Jean Dieuzaide fréquenta de nombreux photographes et entretint avec eux des relations fraternelles. Comme il les a tous " mis en boîte ", avec tendresse, humour ou admiration, avec art également, ses archives constituent désormais une inestimable galerie des visages de ceux, français et étrangers, qui firent la photographie des années 50 jusqu'à nos jours. Des plus fameuses aux plus discrètes, ce sont les figures de Steichen, Brassaï, Lartigue, Ansel Adams, Sudre, Doisneau, Boubat, Ronis, Clergue, Cartier-Bresson, Burri, Riboud, Robert Frank, Ralph Gibson, Koudelka, Sieff, Plossu, Le Querrec, Salgado, Depardon, Newton, Newman, Erwitt, Korda, Gisèle Freund, Eugène Smith, Friedlander, Klein, Michals, Alvarez Bravo, Kertész et beaucoup d'autres qui défilent devant nos yeux. Ainsi Dieuzaide donne-t-il corps aux acteurs de cette grande aventure artistique à laquelle, pendant un demi-siècle, il a lui-même activement et talentueusement participé. Et c'est un fervent hommage qu'il rend à la photographie elle-même.
La Mairie de Lourdes a souhaité concevoir une exposition des photographies de Jean Dieuzaide sur la cité Mariale. Une attentive consultation des archives a permis de retenir un peu plus de 600 négatifs intéressants réalisés entre 1945 et 1985. De ce premier choix ont été conservées les 120 photographies qui constituent le présent ouvrage, reflet de l'exposition. Pour la plupart inédites, ces images confirment, si besoin était, l'extraordinaire capacité de Jean Dieuzaide à transmettre un témoignage plein d'humanité, quel que soit le sujet traité. Du rassemblement des prisonniers juste après la guerre à la visite du Pape Jean-Paul II en 1983, en passant par le premier pèlerinage des Gitans en 1957, ce livre rassemble une somme d'images qui composent désormais une mémoire patrimoniale de ce que fut et reste la ville de Lourdes.
Résumé : Nul doute que Jean Dieuzaide ait été l'un de ces artistes pour qui l'objectif aura été le prolongement de sa pensée. Sans cette idée, ses photographies ne seraient que des documents. Mais elles transcendent l'anecdote par ce sentiment d'une unité qui commande les choix techniques. Je n'ai pas oublié la grandeur austère de la vision que Jean Dieuzaide a su rendre de l'Espagne et du Portugal des années 5o-6o, avec sa misère seigneuriale, son architecture impassible, sa géométrie funèbre. Ses photographies s'offrent comme une méditation sur l'identité morale de ces pays, sur leur conservatisme orgueilleux. Je n'ai pas non plus oublié mon malaise, tant ce hiératisme mystique rappelait à ma mémoire les coulisses de ce théâtre pompeux. Je ne suis pas surpris de retrouver dans sa vision du Roussillon et des terres catalanes ce parti pris à la fois admirable et angoissant. Ce qu'il dégage de ces paysages, de ces villages, de ces femmes et de ces hommes, des monastères et des abbayes, des humbles églises de village, c'est l'unité mélancolique de la Méditerranée catholique. De Cadix à Perpignan, de Lisbonne à Toulouse, de Narbonne à Séville, Jean Dieuzaide voit, derrière le flamboiement des apparences, une dévotion sévère. Michel del Castillo
Tal Coat Pierre ; Léger Jean Pascal ; Dieuzaide Mi
Résumé : En 1977, Jean-Pascal Léger est allé enregistrer Pierre Tal Coat dans son atelier de Dormont, non loin de la vallée de la Seine et de Giverny. Le jeune éditeur, formé dans les livres de Jean-Jacques Rousseau et de Stéphane Mallarmé, s'est trouvé au milieu de plus de mille tableaux en travail. L'immense atelier de Tal Coat, bordé par une verrière orientée au sud du côté des prairies, muait de la caverne par temps sombre au labyrinthe exposé au soleil : c'est là que Tal Coat avait entrepris une nouvelle "grande mutation" de sa peinture. Broyant ses couleurs, il cherchait, tel un alchimiste, un accord profond entre la matière vivante de ses tableaux et les phénomènes de la nature. Tal Coat a souvent évoqué la nécessaire solitude du peintre entouré du monde de ses tableaux. La peinture, à ce degré d'engagement extrême, implique une liberté farouche. Tal Coat se montrait pourtant accueillant. Il dialoguait joyeusement avec le souci de faire comprendre sa démarche. Porté par l'expérience de presque soixante années de peinture, l'artiste atteignait vite une profonde concentration dans sa parole. Il puisait son énergie, sa cadence, ses silences et sa sauvagerie autant dans l'évocation de ses marches dans la campagne ou des lumières de l'Océan que dans la Rencontre des hommes et de la peinture.
En fait, c'est la tiédeur qui fait scandale chez Dali. C'est elle qui heurte l'esprit de rigueur, l'attendu poétique, le goût pour un trait noble et signifiant (fût-il gagné dans la bassesse ou la honte). La tiédeur hante une rigueur qu'il voudrait incommensurable, strictement paranoïaque. C'est elle qui le rend somnolent et somnambule, alors que l'acte (peinture ou happening) pique au vif, dans l'apparence. Quand il serre son corps, presque nu sous son peignoir, c'est un immense effet de serre chaude qu'il convoque, jetant un léger froid dans le monde extérieur qui lui fait face, conjurant néanmoins ce grelottement insigne qui l'obsède depuis un temps bien antérieur à sa naissance. Forcé d'être dans le bain, alors qu'un goût archaïque le porte à la sécheresse sans fin ni commencement, voilà ce qui, chez lui, entraîne une exécration des trop forts contrastes. "
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati
I. MarcheurLe père est un marcheur qui n'a pas son pareil. Il faudrait plutôt dire, même, une sorte d'arpenteur. Il marche à sa mesure, grand, dégagé, efficace, sans se retourner, sans se soucier de ce qui advient derrière lui. Epuise son monde. Sème son monde. Me perd comme cela un dimanche, dans les couloirs du métro, station Porte de Saint-Cloud: sectionnée par la sottise d'un portillon automatique qui ne voit pas qu'on marche ensemble. Des jambes maigrichonnes de neuf ans, sandalettes aux pieds, qui peinent à suivre l'allure et la carrure paternelles. Lui, la cinquantaine bien entamée, alerte, qui marche en «sans-gênes», ses chaussures préférées. Pour dire à quel point rien ne l'entrave. Mais au fil des ans, la figure des vendeuses qui s'allonge et leurs yeux qui s'arrondissent quand il leur demande si elles en ont, des «sans-gênes» en 44, et un jour plus personne dans les magasins de chaussures, sauf lui, pour savoir ce que c'était. «Un modèle qui ne se fait plus» prétendent, sans croire qu'il ait jamais existé, les vendeuses qui ne portent même plus de blouses boutonnées jusqu'en haut resserrées à la taille par une ceinture. Leur droiture quand elles apportent une pile de boîtes, mais pas pour lui. Son dépit alors. Et leurs haussements d'épaules ses talons tournés.Lui, station Porte de Saint-Cloud, continue son chemin. Ne s'aperçoit de sa fille perdue en route qu'une fois le métro parti. Descend à la prochaine, Exelmans, revient sur ses pas la chercher. Confus. Moi dans le métro suivant, perplexe, jusqu'à la porte de Montreuil. C'est là qu'on allait. Pas trouvé de père là-bas; demi-tour. Ligne longue la 9, métros rares le dimanche, le temps qu'il faut pour se rejoindre. Grande frousse. S'en remettre en parlant fort tous les deux en même temps dans une brasserie de la Porte de Saint-Cloud, grenadine et café, et puis reprendre l'autobus 136 qui nous ramène chez nous, terminus cité de la Plaine. Piteux: allez raconter ça, qu'on n'a rien vu à Montreuil.L'homme aux «sans-gênes» marchera seul, de plus en plus. Pas foule pour s'essayer à son pas.Sur l'unique photo de lui en ouvrier de Billancourt, il marche, précisément, et de l'allure qu'on lui connaît. Petite photo perdue au milieu d'autres, sans usines dans le décor, plutôt des pommiers, dans une boîte à gâteaux «L'Alsacienne», en métal, enfermée dans une des armoires maternelles. Une photo sans auteur ni date ni circonstances connus - et pas lui qui viendra les dire, mort depuis vingt ans tout rond ces jours d'août 2006 quand les mots se cherchent pour dire exactement comme il marchait. Photo seule de son espèce, juste pour donner à le voir aspiré par le poumon de l'usine; tellement silencieux là-dessus. La preuve de lui dans ce monde à rougeoyer et vrombir si fort qu'une île en enserre autant qu'elle peut. Une île bien attachée par deux ponts: pas question qu'elle parte à la dérive, la «forteresse ouvrière».Pas tout de suite, pas encore, pas maintenant, seulement quand on l'aura décidé; ça viendra bien assez tôt.