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Rue la poudrière
Devi Ananda ; Mdougar Sarr Mohamed
PROJECT ILES
9,00 €
Épuisé
EAN :9782493036254
Dans le Port-Louis des années 70, la descente aux enfers d'une jeune femme face aux forces conjuguées, maléfiques, d'une mère, d'un père et d'un proxénète, ainsi que de la ville elle-même, auxquelles elle ne résistera que par sa volonté de ne pas demeurer silencieuse. Ceux qui l'écoutent : nous. D'où m'est venu ce texte tourmenté, ces corps torturés, ces existences démantelées, ces âmes ravagées et cette omniprésence du mal autour de ma narratrice, Paule, qui tente de faire émerger sa voix parmi les tourbillons cherchant à l'attirer vers les ténèbres ? Forest-Side, décembre 1984, ai-je écrit à la fin. C'était il y a quarante ans. J'avais vingt-sept ans. Et je ne me souviens de rien, sauf de la première phrase, qui n'a jamais changé, et de la fin, dans les cris apocalyptiques des bulldozers. Entre, une vision semblable à celle de l'enfer de Bosch. Etait-ce vraiment Port-Louis ? Non, bien sûr. Mais un étrange besoin de plonger ma plume dans le purin pour en extraire une écriture de l'excès, pour suivre une voie obscure, entamée des années plus tût, et chercher, en tâtonnant, tout comme Paule, ma propre voix. Qui deviendrait celle d'Eve, vingt ans plus tard, claudiquant hors des mêmes décombres. Ananda Devi
New Delhi, 1984. La narratrice, occidentale, homosexuelle et écrivain, traverse une période dépressive, errant dans les rues. Jusqu'au moment où, passant devant un magasin de musique, elle tombe en arrêt devant un sitar exposé en vitrine : quelque chose d'inexplicable dans la forme de l'instrument, dans les courbes de sa caisse de résonance, lui redonne envie d'exister, d'habiter à nouveau son corps.Dans ce nouvel état d'esprit, elle rencontre, toujours au cours de ses promenades, une Indienne qu'elle baptise aussitôt Bimala, du nom de l'héroïne d'un film de Satyajit Ray. Bimala, mal mariée à un quinquagénaire, en butte à une belle-mère irascible, se sent irrésistiblement attirée par cette femme libérée. Très vite, elle va tourner le dos à sa vie antérieure et abandonner tous ses tabous pour la rejoindre.Au-delà du thème de la condition des femmes en Inde et d'une réflexion sur les désillusions de l'érotisme et de l'amour physique, Indian tango, servi par une écriture élégante et subtile, restitue toute la moiteur et la touffeur du décor et l'ambiance de non-dit qui plane sur cette société en mutation.
Ceux du large? Qui Ananda Devi désigne-t-elle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : "Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim", avant d'être assénée comme une gifle dans le dernier poème : "Ceux que la vie éventre / De son coutelas". Entre ces deux poèmes, elle suit l'errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d'atteindre une autre rive. Malgré la "terreur de l'eau", malgré la mort en embuscade. Et si l'auteure s'est donnée la peine d'écrire ce texte en trois langues ? français, anglais, créole ? c'est pour se prouver à elle-même qu'elle n'est pas restée "Tête baissée bras ballants "devant" Le film catastrophe" qui se déroule sous nos yeux.
On le dit monstre, on le dit mythe. On le dit légende sortie des sources volcaniques de l'île, esprit mauvais hantant les cavernes de roche. On l'appelle le pêcheur nu, l'homme anguille. Joséphin le fou. Il est tout cela. Il est aussi l'enfant perdu que seule la mer accueille, et qui apprend, avec ses créatures, la cruauté minérale des grands fonds. Il est celui qui tente de capturer, dans le regard de deux petites filles, la goutte de paradis qui y tremble. Il est celui qui détruit par innocence meurtrière. Il est, tout simplement, Joséphin.
« Tous ces hommes qui me parlent. Fils, mari, père, amis, écrivains morts et vivants. Une litaniede mots, d?heures effacées et revécues, de bonheurs révolus, de tendresses éclopées. Je suisofferte à la parole des hommes. Parce que je suis femme ».Ce récit autobiographique est une longue méditation sur l?existence, l?écriture, l?amour et lamaternité, l?éducation, la solitude. Ananda Devi y évoque des souvenirs d?enfance, ses rapportsavec des proches tour à tour humbles et contemplatifs ou exigeants et intransigeants. Aujourd?hui, elle ne voit plus d?issue que dans l?éloignement: quitter ces hommes qui la musèlent depuis si longtemps, partir en brisant tout, comme le font souvent les personnages féminins de ses romans.« Toutes les femmes de mes livres me l?ont dit: affranchis-toi. C?était le message que je m?adressais. Et je ne m?écoutais pas ».Ananda Devi donne là un texte touchant, sincère, d?une violence prenante dans sa quête de véritéet dans l?expression du désir d?écrire.
Résumé : "Je suis persuadé que nous portons tous en nous à l'état latent le besoin poétique, qui n'est pas un besoin de joliesse ou de consolation mais un désir d'effraction, le désir de sortir du carcan et qu'il est la plupart du temps, enfoui, refoulé, fui même, parce que à juste titre ressenti comme inquiétant : il inquiète, pour dire vrai, le paresseux, le conformiste par commodité, que tout homme héberge en lui, celui qui se protège de la vie". Dans la Flaque qui brille au retrait de la mer, Matière à réflexion, essai et aphorismes, Jean-Pierre Siméon s'empare avec énergie et malice de l'occasion qui lui est donnée d'apporter réponse à l'insoluble et ambigu questionnement "Mais comment donc êtes-vous devenu poète ? " . Jean-Pierre Siméon donne des clés au forçat volontaire qu'est le poète pour révolutionner cette matière qu'est la langue. Dans l'exploration de la nécessaire tension qui définit l'expérience humaine entre l'aspiration à la norme et "le désir d'effraction" - tension intrinsèque à la langue et à la vie elle-même -, c'est alors une éthique qui se dessine, une morale de l'arrachement. Quel est ce mystère d'écrire ? Qu'est-ce qui amène à l'écriture ? Quelle phrase, quel texte, peut marquer un. e auteur. e à ses débuts et pourquoi ? Quand est-ce qu'écrire devient une évidence ? Quelles influences ? Qui sont les auteur. es ou les textes qui ne quittent plus l'écrivain. e ? Dans cette collection des auteur. es s'adressent librement et dans une forme qui leur est propre à quelqu'un qui est plein de doutes, mais qui veut écrire. Confronté. e parfois à des questions insolubles, il ou elle est en recherche de réponses, de pistes pour franchir le pas. En définissant le poète et le lecteur comme dépositaires et reflets d'une même expérience, celle de l'indispensable pas de côté qu'est la parole poétique, Jean-Pierre Siméon confère au désir poétique une dimension universelle. Urgente et nécessaire, la poésie s'offre à tous comme un levier pour émouvoir le réel.
Résumé : L'île sur laquelle se déroule l'intrigue ressemble fort à la Martinique, mais il pourrait s'agir de n'importe quelle autre île perfusée où l'on ne produit plus que de l'illusion et qui se retrouverait éperdue si un jour le cargo, en provenance d'une autre société qui les alimente, n'arrivait plus. Les choses seraient particulièrement compliquées pour la Martinique et la Guadeloupe, où l'empoisonnement par le chlordécone d'une bonne partie des terres arables rendrait la tragédie plus aiguë qu'ailleurs.
Johanna pour toi pour moi est un récit de l'intime. C'est surtout l'évocation de la femme aimée, trop tôt partie. Elle est à la fois muse et ombre perdue. Elle est cette liberté inexistante autour de soi, cette beauté et sensualité traquées dans le sombre des jours. En homme, en ami, en amant, en poète, Saindoune Ben Ali évoque l'enfance, l'amour, la perte, sur fond d'Histoire tragique d'un pays à genoux. Johanna Géante en furie Epargnée de colère Ruiné est l'esprit Pour t'écrire Pour toutes mes caresses Sur peau d'argile Sous l'eau de la fertilité Oui simple l'espace La rouille vague Ou éducation du maître Infectée et admise Ici commencement D'où tombent Les lueurs fertiles
Souffle coupé. Soirs de pluie où les masques se déposent, les coeurs et plaies s'apaisent. L'odeur de la mère gifle tendrement l'enfant qu'elle allaite. Moment de flottement. Symbiose entre l'esprit et le corps, entre une mère et son enfant. Les premières gorgées sont celles qui assomment l'enfant et scellent le pacte." Amère est une traversée de l'enfance brûlée par une lucidité lancinante sur le devenir adulte. Il y a là l'enfant sommé de grandir sans y avoir été préparé et qui se remémore une mère éreintée par le réel. Quelle langue pour fondre le métal de cette enfance qui enchaîne ? Nadjim Mchangama invente une forge dans laquelle il bat le fer rouge, à vif.