Errare humanum est. Quoi de plus humain en effet que l'erreur, dont les auteurs de cet ouvrage abordent les contours mais aussi les détours qu'elle occasionne ? Fruit d'une manifestation organisée à l'Institut de France (les 25 et 26 octobre 2006) par l'Académie des sciences morales et politiques, le Centre de recherches en théorie générale du droit et l'Association française de philosophie du droit, cet ouvrage regroupe des contributions aussi variées qu'intéressantes sur l'erreur en droit civil, en droit constitutionnel, en droit administratif, en économie, en droit fiscal, en droit de la procédure, en droit pénal, en droit du travail, ou encore en droit de la sécurité sociale. Une discussion sur l'erreur à laquelle se sont joints un philosophe et un historien a par ailleurs permis de révéler à quel point l'erreur nourrit les sciences humaines pour faire de notre monde un combattant de l'erreur tout autant qu'un bénéficiaire de celle-ci. Si l'erreur est humaine, incontournable, elle n'en demeure pas moins constructive. Sa découverte et les messages qu'elle renferme, finement analysés, ont permis de rassembler ici quelques belles plumes de l'Académie des sciences morales et politiques et de l'Université française.
Les possibles de demain sont les impensés et les impossibles d’aujourd’hui. Si l’on veut produire de l’innovation de rupture au sein d’une entreprise, voire dans une société, il est nécessaire de s’appuyer sur des méthodes favorisant l’exploration libre et ouverte de nouveaux chemins. Comme nous l’avons démontré dans notre précédent ouvrage («L’innovation de rupture : concepts pour (ré)inventer le monde de demain»), il s’agira de privilégier les méthodes les plus à même de nous extraire de nos effets de fixation, de stimuler l’évolution des représentations individuelles et collectives, de provoquer l’apport de connaissances extérieures au cadre de référence habituel et une progression non linéaire. Quatre méthodes sont analysées à l’aune de ces exigences : la créativité et le design thinking, le biomimétisme et le DKCP®. Les deux premières sont implantées depuis longtemps dans le paysage de l’innovation et justifiaient, à ce titre, tout notre intérêt. Les deux secondes sont plus nouvelles. Elles présentent des caractéristiques en adéquation avec les exigences de l’innovation de rupture évoquées ci-dessus. Nous démontrons en quoi elles peuvent permettre, ou non, d’engager, voire de piloter, un processus d’apprentissage ouvert qui nous aidera à « penser « et à « construire « notre futur en dehors de déterminismes de la réalité d’aujourd’hui. Pour compléter ce paysage, nous évoquons de façon plus succincte, d’autres méthodes très utilisées comme ASIT, la Stratégie Océan Bleu, le Lean Startup ou les Méthodes Agiles.
Quelle peut-être la place, l'influence des précédents du juge judiciaire dans la prise de décision du juge administratif ? Quand, comment et pourquoi le juge administratif s'informe-t-il et informe-t-il sur les solutions retenues par le juge judiciaire ? Comment manie-t-il la jurisprudence judiciaire ? dans l'argumentation ? La présente étude se donne pour ambition d'aborder la question du raisonnement du juge administratif à travers l'usage qu'il fait du précédent judiciaire, d'analyser et d'évaluer le précédent judiciaire comme argument se déployant dans le discours du juge administratif. Dans cette perspective, l'ouvrage tend à montrer que la motivation n'est pas simplement dictée par des règles juridiques ou des facteurs externes logiquement imbriqués, mais qu'elle résulte d'un processus plus complexe impliquant une argumentation réfléchie, des stratégies de persuasion et la prise en compte de diverses contraintes.
Résumé : La présentation du raisonnement juridique est marquée par la forme qu'il prend dans la décision de justice, celle d'un syllogisme logico - déductif, qui fait découler du texte l'unique solution logique. Cependant, cet habillage formel masque le raisonnement réellement suivi par les juges pour parvenir à la solution. Ce raisonnement réel demeure dans le secret du délibéré ; cependant, il est possible d'en trouver un reflet dans le raisonnement suivi en amont de la prise de décision, au moment de la préparation de la discussion. La présente recherche essaie de décrire le mode de raisonnement alors à l'oeuvre, sur la base de l'étude de deux années de travaux préparatoires d'arrêts soulevant une question de principe devant la Cour de cassation et le Conseil d'Etat. Il en est ici rendu compte par l'analyse de la façon dont sont mobilisés les arguments les plus souvent employés : le texte, la doctrine universitaire et organique, les précédents de la juridiction et ceux des autres juridictions, l'argument de constitutionnalité, le droit du Conseil de l'Europe et celui de l'Union européenne, le droit comparé et les considérations d'opportunité. Chacun de ces arguments a été soumis aux mêmes questionnements : comment est-il mobilisé ? A quelle fréquence ? Comment est-il présenté ? Semble-t-il peser ? Est-il mobilisé de façon divergente ou convergente devant la Cour de cassation et le Conseil d'Etat ? Son utilisation rejoint-elle la présentation traditionnellement faite par la doctrine du point de vue des sources ? Il apparaît alors que le raisonnement déployé, loin de reposer sur le seul fondement textuel, dresse un état complet de l'état du droit, puisant à toutes les sources du droit et soupesant leur autorité persuasive ; loin de prendre la forme d'un syllogisme, il avance par une succession de choix, qui doivent autant à des considérations juridiques qu'à des appréciations d'opportunité ou de cohérence.
Beignier Bernard ; Deumier Pascale ; Fulchiron Hug
Les Mélanges en l'honneur de Madame le Professeur Claire Neirinck, professeur émérite de l'université Toulouse 1 - Capitole, s'inscrivent dans la continuité de l'oeuvre de la dédicataire et expriment la diversité des thèmes abordés au cours de sa brillante carrière universitaire. Claire Neirinck est aujourd'hui une figure incontournable de la réflexion sur le droit des personnes et de la famille. Elèves, amis et collègues ont naturellement souhaité poursuivre, par leurs contributions à cet ouvrage, un dialogue commencé avec Claire Neirinck et témoigner de leur admiration et de leur amitié pour celle qui n'a jamais cessé de mettre ses talents et son énergie au service de l'université et du droit. Plus de quarante auteurs - enseignants, chercheurs, magistrats, avocats - ont répondu à l'invitation du "comité ad hoc" (Bernard Beignier, Pascale Deumier, Hugues Fulchiron, Virginie Larribau-Terneyre) pour lui rendre hommage et la remercier pour son implication dans la recherche juridique.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.