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Dionysos à ciel ouvert
Detienne Marcel
Pluriel
6,85 €
Épuisé
EAN :9782012794511
Quand Dionysos surgit sur la scène grecque, le multiple l'accompagne toujours. Divers, imprévisible, comment le reconnaître? Le masque qui le dérobe est aussi celui qui le révèle. Son apparition est faite de jeux incessants, de présence et d'absence, son identité reste indéfiniment celle de l'équivoque. Souriant ou irrité, qu'il marche ou qu'il bondisse, il se présente ainsi sous le masque de l'étranger. Il vient d'ailleurs et, n'étant nulle part chez lui, il incarne dans l'imaginaire grec cet "étranger de l'intérieur". Dionysos habite également les puissances de la vigne, et lorsque jaillit son suc - substance où se mêlent la mort et la vie décuplée - le vin précipite l'humain dans la bestialité ou l'emporte vers une extase divine. Dans cet essai d'érudition et de plaisir, Marcel Detienne introduit son lecteur au c?ur de l'excès et de ses logiques singulières. Biographie: Marcel Detienne est directeur d'études honoré à l'École pratique des hautes études et Gildersleeve Professor à Johns Hopkins University. Il a notamment publié Les Maîtres de vérité dans la Grèce archaïque (Le Livre de Poche, 2006), Les Grecs et nous. Une anthropologie comparée de la Grèce ancienne (Perrin, 2005), et en collaboration avec Giulia Sissa, La Vie quotidienne des dieux grecs (Hachette Littératures, 1989).
Qui a inventé la mythologie ? Quelles sont les frontières de ce territoire où des histoires inoubliables et le plaisir de les conter semblent inséparables de l'exégèse et du désir de les interpréter ? S'il est vrai qu'un mythe est perçu comme mythe par tout lecteur dans le monde entier, pourquoi la science des mythes est-elle toujours impuissante à différencier avec rigueur un conte d'un mythe ? Poisson soluble dans les eaux de la mythologie, le mythe est une forme introuvable : ni genre littéraire, ni récit spécifique. Mais parler de la mythologie, hier et aujourd'hui, c'est toujours, plus ou moins explicitement, parler grec ou depuis la Grèce. D'où l'urgence d'une enquête généalogique pour repenser la mythologie comme objet de savoir autant que de culture. Et se découvrent les procédures d'exclusion portées par un vocabulaire du scandale, convoquant toutes les formes d'altérité : depuis les "gueux du mythe" de l'ancienne Samos, le "mytheux" de la mémoire incontinente dénoncé par Thucydide jusqu'à l'incroyable, le sauvage, l'absurde ou l'obscène qui mobilisent les responsables de la science des mythes dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Des gestes de partage répétés et successifs où le mythologique, chaque fois, se déplace, change de forme et de contenu. Mais où, dans le même temps, la mythologie s'invente entre la fascination exercée sur les modernes par le Grec à deux têtes et la rumeur incantatoire des mythologues rêvés par la cité platonicienne, enfants aux cheveux blancs, et chargés de conjurer la menace d'une tradition rompue. Inventivité de la mythologie qui se raconte dans une histoire où interfèrent les pratiques de l'écriture, les discours sur la tradition et les échanges entre la mémoire et l'oubli.
Résumé : Pour faire une Nation, il faut des cimetières et un enseignement d'histoire. En inventant le slogan a La Terre et les Morts " , en 1899, Maurice Barrès pensait aux historiens. Le Français ratiné d'hier n'a pas à envier le Français de souche d'aujourd'hui. D'étranges " mythidéologies " surgissent, disparaissent et ne cessent de réapparaître : être de sang clair et épuré pour la noblesse française du XVIIe siècle ; naître impur à Thèbes, dans le pays de Cadmos et d'?dipe. La Terre et les Morts, le Sol et le Sang. Comment peut-on écrire une histoire nationale ? Voilà une des questions que fait se lever une approche comparative entre sociétés d'hier et d'autres très contemporaines. M. D.
Au Chaland ! Entre historiens et anthropologues, depuis plus d'un siècle, le champ du comparatisme s'étend à perte de vue. Il est en friche. Pourquoi ? Parce que la science historique est née avec et pour la Nation, parce que les historiens d'Europe naissent encore aujourd'hui nationaux, alors que l'anthropologie s'est voulue d'emblée comparative, qu'elle n'a jamais imposé de frontière entre les sociétés d'autrefois et les cultures d'ailleurs. Un pamphlet ? Oui, et théorique. Pour dénoncer les mensonges et les dangers mortels de l'incommensurable, de l'incomparable des nationaux de tout poil. Pour montrer ensuite comment construire des comparables : qu'il s'agisse de voir comment des pratiques d'assemblée entre l'Ethiopie, les cités grecques et les Cosaques du XVème siècle dessinent un lieu du politique et esquissent des formes de démocratie distinctes ; ou bien quelle est l'alchimie de tant de purifications techniques en regard de l'idéologie athénienne d'une pure autochtonie, de la représentation fantasmatique d'un Français, dit de souche, et des parcours de civilités autres qui ont choisi de séparer la terre et les morts sans avoir lu Barrès ni connu la fureur des bons Aryens. Comparatisme constructif, avez-vous dit ? Sans l'ombre d'une hésitation, et délibérément postdéconstructionniste.
Eschyle le dit, il n'est pas le seul: Apollon est un dieu impur, exilé du ciel, un dieu plein de passions troubles. Ce qui ne l'empêche pas d'être le Maître des fondations, le Seigneur de l'Oracle, le Grand Exégète dans la cité de Platon. Comment les voies de la parole peuvent-elles recouper les chemins du couteau, donc la folie du meurtre? La piste est toute tracée, en Grèce et en grec archaïque. Il suffit de la suivre, depuis le premier pas d'Apollon sur le sol de Délos jusqu'au bras armé du couteau sur l'horizon du Parnasse. Mais au prix d'une extrême attention portée aux détails et à toutes les données concrètes; repérer les situations, les objets, les gestes; savoir qu'en régime polythéiste un dieu, quel qu'il soit, est toujours au pluriel, c'est-à-dire articulé à d'autres puissances, pris dans des assemblages, dans des groupements de dieux, dans des configurations d'objets et de situations sans lesquelles il n'est rien, ou si peu. S'élabore ainsi une approche expérimentale du polythéisme, qui vise la confrontation entre polythéismes multiples, dans la matière et dans le style.
La reconstruction, le déplacement forcé de populations, la mémoire de l'Holocauste et du communisme, la guerre froide ont marqué l'Europe de l'après-guerre. L'historien décrit les évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, à l'échelle du continent ou du pays, dans l'Europe de la seconde moitié du XXe siècle.
« Devant la patrie en ruine, je retrouve les montagnes et les fleuves toujours aussi tranquilles. » Ce vers du poète Du Fu que tous les Japonais connaissent par c?ur symbolise l?étonnante capacité d?un peuple à réinventer sa patrie depuis des siècles.Les spécialistes ici rassemblés expliquent la nature des cycles ? entre repli et ouverture ?, qui scandent la voie japonaise. Ils montrent la singularité d?une société hiérarchisée, divisée et en même temps étonnamment solidaire. Ils rappellent enfin comment quinze années de guerre au milieu du XXe siècle, suivies par un rétablissement économique exceptionnel, ont fait du Japon une puissance mondiale singulière.
Résumé : Paul Veyne raconte ici ses années de formation, les débuts de sa carrière, ce qui motiva son choix de Rome comme objet d'étude. Mais ce livre d'entretiens révèle aussi un formidable pan d'histoire intellectuelle, où défilent les grands noms de l'université française, où Veyne approfondit ce qui le sépara d'Aron comme ce qu'il doit à Foucault. Le plus philosophe de nos historiens livre ainsi quelques-unes de ses réflexions sur la nature de l'histoire ainsi que sur les permanences et les ruptures dans les sociétés humaines. Il révèle aussi plusieurs de ses passions, la peinture, la musique, la littérature, avec des aveux plus graves sur l'amitié, l'amour ou les croyances qui nous permettent d'exister. il éclaire ainsi d'un jour nouveau son amitié et son voisinage de René Char, auquel il consacra un beau livre.
Ils étaient quatre-vingts et avaient à peine trente ans lors de l?arrivée d?Adolf Hitler au pouvoir. Leurs études universitaires destinaient ces juristes, économistes, linguistes, philosophes ou historiens à de belles carrières. Ils ont choisi de s?engager au sein des organes de répression du Troisième Reich. Ils ont théorisé et planifié l?élimination de vingt millions d?individus de race prétendument « inférieure ». Ils ont organisé et assisté à l?extermination d?un million d?entre eux.Au long d?une enquête éprouvante dans les archives du SD et de la SS, Christian Ingrao retrace le destin de ces enfants de la Grande Guerre, s?intéresse à leurs réseaux ? militants, universitaires ou amicaux ?, étudie leurs manières d?envisager la guerre et le « Monde d?ennemis » qui, selon eux, les menace. Apparaissent alors les mécanismes de l?engagement, dans le nazisme puis dans le meurtre de masse. Grâce à cette étude pionnière, on comprend comment ces hommes ont fait pour croire et pour détruire.Car l?histoire du nazisme est aussi tissée d?expériences personnelles, de ferveur et d?angoisse, d?utopie et de cruauté.