Les auteurs de ce livre s'intéressent à des enjeux encore peu explorés par les ethnomusicologues. Quel est, par exemple, l'impact sur les pratiques musicales, de la mondialisation culturelle, des nouvelles migrations humaines et du tourisme de masse ? Au coeur du problème, il y a la double nature de la musique : patrimoniale, elle se définit dans la reproduction de sons et de gestes immémoriaux; expressive, elle est un véhicule de créativité ouvert aux influences les plus diverses. Les auteurs se penchent sur la "mise en spectacle" de la musique traditionnelle, où cette tension entre expression et mémoire est spécialement forte. Questionnant tout particulièrement les effets du tourisme sur les pratiques, ils observent les ajustements contemporains de performances traditionnelles et offrent des perspectives inédites sur la mise en valeur des patrimoines musicaux et culturels.
Aubert Laurent ; Desroches Monique ; Penna-Diaw Lu
Résumé : L'ethnomusicologie appliquée désigne un courant de la discipline qui se veut impliqué ou engagé dans une forme ou une autre de valorisation ou de coopération, voire d'action sociale ou politique. Elle peut être tournée vers la sauvegarde d'anciennes formes musicales et la revitalisation de leurs cadres d'enseignement, vers l'aide à la formation disciplinaire et à la mise en archives, ou encore vers le développement de moyens de communication inédits pour les musiques qu'elle investit et leurs interprètes. Cette expression d'ethnomusicologie appliquée couvre-t-elle les nombreux champs d'action et d'échange auxquels elle invite? L'ethnomusicologie se définit d'abord comme une connaissance et un "discours sur...", développé dans un cadre académique. Toute action "pour" les musiques du monde relève-t-elle alors encore de l'ethnomusicologie ? Telles sont les questions que ce volume entend explorer à travers une diversité d'exemples, de retours d'expériences et de méthodologies complémentaires.
Pourquoi le sphinx de Guizeh représente-t-il un lion à tête humaine ? Que disent réellement les temples d'Abou Simbel, et pour quelle raison Ramsès les a-t-il placés à cet endroit précis ? Pourquoi le lotus symbolise-t-il la renaissance, et le papyrus le mondedes disparus ? Comment le Nil a-t-il profondément façonné les mentalités ? Pour comprendre l'esprit de l'ancienne Égypte, il faut tenir compte de l'environnement de ce peuple attentif au moindresoupir de la nature et qui sut tirer un enseignement profond de tous les signes. Christiane Desroches Noblecourt propose, à l'aide d'illustrations, un parcours passionnant au c?ur du système de pensée des Égyptiens et des nombreux mythes qu'ils ont élaborés.
A force d'entendre dire que les Québécois parlent un français dégénéré, nous avons fini par le croire. Comme nous croyons que le français du XVIIIe siècle était plus pur que celui d'aujourd'hui et qu'on n'a plus d'identité lorsqu'on dit chu au lieu de je suis. Nous sommes aussi convaincus que ceux qui n'utilisent pas de grandes phrases n'ont pas de grandes pensées. Ces croyances et quelques autres sont fermement ancrées dans les esprits et n'ont jamais cessé d'alimenter les débats sur la langue au Québec. Mais sont-elles fondées ? Et sur quoi ? Relèvent-elles des états d'âme ou des états de langue, de l'opinion ou du savoir ? On se pose rarement la question. On devrait. Cela nous permettrait peut-être d'entendre un jour autre chose que le concert des lamentations qu'on nous sert depuis des lustres sur la syntaxe déficiente et la prononciation relâchée des Québécois. Cela nous permettrait d'avoir une vision plus juste, moins réductrice de notre réalité linguistique, et d'échapper enfin tant à la glorification du français parisien qu'à celle du joual.
En littérature comme en politique, quelles sont les conditions d'émergence des discours singuliers ? Sans prétendre épuiser une aussi difficile question, cet essai l'aborde par le biais du récit, posant par hypothèse qu'un récit diffus et structurant parcourt l'ensemble du discours culturel et le contraint. Ce récit commun, Micheline Cambron tente de le retracer, entre 1967 et 1976, avec des textes aussi différents, à première vue, que les chansons de Beau Dommage, les articles de Lysiane Gagnon sur l'enseignement du français, les monologues d'Yvon Deschamps, la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay, les poèmes de Gaston Miron et L'hiver de force de Réjean Ducharme. Cet essai, qui s'interroge sur le type d'histoire que nous nous racontions en ces années-là, reconstruit avec bonheur tout l'intelligible d'une époque au Québec. S'il s'adresse d'abord au lecteur de littérature québécoise, il se révélera également précieux pour tous ceux qui aiment réfléchir sur la dimension sociale du langage et de la littérature.
Que se passe-t-il dans l'esprit d'un homme qui agresse sa conjointe, qui en tue un autre ou qui s'adonne au vol comme mode habituel de vie? Qu'est-ce qui motive ou qui pousse cet homme à agir d'une façon qui non seulement contrevient aux lois, mais qui est aussi considérée comme inacceptable et immorale par la majorité de la population? Il n'existe certes pas d'explication unique et encore moins de réponses simples à ces questions; néanmoins, ce livre sur la psychocriminologie psychanalytique explore quelques hypothèses qui permettront au lecteur de mieux saisir ce qui, au plan psychique, sous-tend la délinquance. Cet ouvrage regroupe l'essentiel des contributions théoriques psychanalytiques utiles pour la compréhension du fonctionnement psychique du délinquant. Il explique les notions fondamentales en même temps qu'il permet de saisir le cheminement développemental qui mène à la délinquance à partir de propositions et de cas précis. En présentant de façon concrète la dynamique complexe des relations passionnelles et de la violence conjugale, ainsi que des portraits cliniques éclairants sur les personnes qui ont commis des délits, Dianne Casoni et Louis Brunet ouvrent la voie à l'intégration des connaissances théoriques à la réalité clinique.
Lévesque Claude ; Leroux Georges ; Fradet Pierre-A
On a peine à imaginer la secousse qu'a dû provoquer la parution de ce premier livre de Claude Lévesque, en 1976, dans le milieu philosophique et littéraire au Québec, car toucher à l'écriture et à la lecture, c'est ébranler tout ce qui sert de socle à notre culture. Titre inaugural des éditions VLB, réédité deux ans plus tard dans la collection "10/18", cet ouvrage où nous interpellent Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida — pour ne nommer que ceux-là — libère, comme dans un feu d'artifice, ce qui était en excès et en souffrance dans la conceptualité traditionnelle. En déposant un élément de rupture ou d'indécision dans tout ce qui cherche à se refermer sur soi, il veut susciter un nouveau désir, plus périlleux — une nouvelle espérance, plus souveraine. "L'étranger, c'est l'autre, celui qui vient de l'extérieur, d'un ailleurs innommable, et qui, à l'intérieur, se tient à la frontière, reste marginal, toujours déjà expulsé, du dehors comme du dedans [...]. C'est peut-être la même "a-topie", la même indétermination, qui définit l'étrangeté du texte, l'étrangeté comme textualité tournant autour de la limite, se tenant dans le troublant espace de l'entre-deux, entre les bords rassurants du langage et son débord vertigineux."