Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Souvenirs d'un ours
Descaves Lucien
RESSOUVENANCES
31,35 €
Épuisé
EAN :9782845052635
Le parcours de Lucien Descaves (1861-1949) traverse plusieurs époques, embrasse des champs multiples, culturels, littéraires, politiques, des écoles, des tendances, des partis pris qui, en cette occurrence, ne sont pas hétérogènes, mais se conjuguent. Il n'est pas spécialiste, mais singulier et, cependant, en relation constante, évolutive, à l'écoute des principaux représentants et acteurs de ces différentes Strates. Ses Souvenirs, publiés en 1946, commencent comme l'autobiographie d'un modeste Parisien autodidacte et se poursuivent comme un recueil de témoignages, mesurés, réfléchis, évoquant des personnalités littéraires, qu'elles soient demeurées fameuses aujourd'hui ou aient été déjà menacées par l'oubli ou une mise à l'écart en leur temps. Signe de son ouverture et de son intégrité, Descaves fut l'exécuteur testamentaire et l'éditeur posthume de Joris-Karl Huysmans, archétype de l'artiste esthète, et de Gustave Lefrançais, socialite libertaire, ancien membre et historien de la Commune de Paris en 1871. Auteur "fin de siècle", aux marges du réalisme, du naturalisme, et d'une contestation satirique très vive alors, il publie d'abord des romans dénonçant les moeurs de l'armée française, qui lui valent procès, censure, mise à l'index. Journaliste, critique dramatique, introduit dans les milieux théâtraux, il écrit des drames iconoclastes mis en scène par le Théâtre Libre d'André Antoine, dont plusieurs connaitront un insuccès de convenance et le scandale. D'abord marqué entre autres (comme il l'évoque dans ses Souvenirs) parle style pamphlétaire de Drumont, il participe aux luttes des dreyfusards, et, à la différence de plusieurs de ces derniers, récusera toujours l'antisémitisme (dont il trace rapidement un portrait quasi sociologique et glaçant). Cofondateur de l'Académie Goncourt sous l'influence d'Edmond de Goncourt et de Huysmans, lorsqu'il s'agissait initialement de soutenir des écrivains inconnus et le plus souvent pauvres dont les tirages oscillaient de 500 à quelques milliers d'exemplaires, il sera de plus en plus marginalisé par un réseau de notables et d'influences éditoriales, a fortiori lorsque ceux-ci évolueront dans les années 1930-1940 vers une collaboration tranquille. C'est ce qu'il appellera le "déclin" de cette Académie, dont il restera, en tant qu'ancien fondateur, un secrétaire honorifique plutôt qu'écouté. Ce témoin discret aura croisé ainsi une infinité d'écrivains de l'entre-deux-guerres. Evitant la dénonciation polémique, ses portraits d'auteurs célébrés, les scènes de jeux d'influences qui concluent ses Souvenirs contribuent peut-être à expliquer l'oubli qui les engloutira, et lui avec, sous la survivance de l'institution. Or cet oubli recouvre aussi une époque culturelle, animée de contradictions politiques aiguës, de tendances libératrices, de nostalgie pour la poésie et l'art ; il en suggère le caractère passager, la fréquente obscurité des aspirations les plus dignes, leur destin souvent ingrat.
Résumé : Et si comprendre les mathématiques, c'était d'abord bien maîtriser sa langue ? C'est sur cette question que se penche Alain Descaves. En analysant la manière dont les enfants des cycles 2 et 3 interprètent les énoncés de problèmes, il met en évidence les points de blocage et montre comment on peut aider les élèves à donner du sens aux mathématiques.
C'est Sous-Offs, paru en 1889, qui a fait connaître Lucien Descaves : un scandale a éclaté à la parution de ce roman franchement antimilitariste, qui a valu au jeune auteur et à son éditeur un procès retentissant pour injures contre l'armée. Descaves y dresse le portrait satirique et sans concession de la vie d'une caserne à Dieppe. Une galerie de sous-officiers s'offre à nous, médiocres, souvent ridicules, donnant de l'univers militaire une image à la fois dérisoire et étriquée. Par son naturalisme - qui n'exclut pas une écriture artiste - ce roman nous plonge, grâce à l'évidente jubilation de son auteur, dans un certain pan de la société française de cette fin de XlXème siècle. Proche de certaines idées qu'on qualifierait aujourd'hui de libertaires, Lucien Descaves, par la généreuse virulence de sa plume, devrait trouver aujourd'hui un écho chez nos contemporains.
Lucien Descaves (1861-1949) est un auteur mal connu. Il a pourtant été une figure importante de la vie littéraire de son temps. Romancier et dramaturge prolifique, mais aussi journaliste, chroniqueur et préfacier, il fut l'ami proche ainsi que l'exécuteur testamentaire de J-K. Huysmans et son chemin croisa, entre beaucoup d'autres, celui d'Émile Zola, Léon Bloy ou L.F Céline.
Résumé : La Satiété, qui témoigne parfois d'une incertitude sur le sens des joies consenties au destin humain, conduit Byron, âgé de vingt ans, vers des contrées moins civiles que l'Angleterre où il n'a pas encore droit de cité. Là-bas, vers l'Orient, le soleil, le ciel ont une autre densité ; la noblesse suppose l'héroïsme ; les femmes ont l'oeil noir... Mais le monde est bouleversé, les Muses évanouies, les raisons de vivre et de mourir dissipées, sinon dans l'absurde sacrifice à la Gloire d'un maître éphémère. En 1809, l'Empereur français dévaste l'Espagne ; l'Empire turc opprime la Grèce, que des lords et des artistes dépouillent de ses vestiges. La Nature seule suggère encore les âpres passions de l'époque où coulaient lés sources de notre culture, nourrissant "nos premiers rêves". L'horreur, "jamais toute faite", des guerres modernes, couchant des milliers d'hommes en une journée et broyant les êtres au cours de leurs effrois, Ravage tonnant dans l'univers rendu précaire, hante ce poème multiple, conçu comme une suite de digressions renvoyant les échos sensibles qui se complètent peu à peu, parfois dans une feinte incohérence, lorsque Byron soutient des conclusions opposées, également éprouvées. La parution de ces chants I et II, en 1812, rendit Byron célèbre en Angleterre, puis en fit un archétype pour le style, les lettres, la musique du romantisme européen - lequel estompera souvent son ironie, son sens de la satire - ; le conformisme réduira par ailleurs son désarroi à un artifice. La licence de la pensée, cependant, n'exclut jamais une intense détresse : la peine de vivre, le mal d'exister dans un monde qui suit son cours deviennent l'expérience centrale de la poésie.
Fac-similé de l'édition de 1906, dessins de Steinlen. Chansons mythiques du Paris des " classes dangereuses " : A la place Maubert, A la Goutte-d'Or... , monologues et tableaux de moeurs. Exprime aussi l'antijudaïsme répandu à l'époque.
Les luttes paysannes - de la résistance à l'insurrection - auxquelles furent confrontés les bolcheviks après Octobre 1917 ont longtemps été occultées. Aujourd'hui encore, les crimes de la bureaucratie fondatrice à l'égard des masses rurales - réquisitions, expropriations, déportations et fusillades - sont justifiés plus ou moins implicitement, quand on admet leur existence, comme " crimes de classe " : une classe " révolutionnaire ", suggère-t-on, aurait dû défendre, avec les moyens adaptés, son projet " utopique " contre une " réaction " paysanne. Dans la partie liminaire de cet ouvrage, J. -L. Van Regemorter montre qu'une " révolution paysanne unique " commencée sous le tsarisme, outre qu'elle contribue à expliquer 1917, a poursuivi ses objectifs et sa stratégie contre l'appropriation étatique du bolchévisme. La seconde partie recueille des documents historiques traduits pour la première fois en français. Rapports de militants socialistes-révolutionnaires, tracts et appels d'insurgés, et surtout consignes, notes, mémoires internes de bolcheviks dessinent en creux l'histoire non écrite de l'" Antonovchtchina ", l'insurrection du paysannat dans la province de Tambov en Russie occidentale de 1919 à 1921. Les réquisitions de l'ordre militaro-bureaucratique, incompétent, prédateur, menées jusqu'à la famine et la déstructuration de la production agraire, ressortent à la fois des descriptions hostiles aux bolcheviks et des rapports et dissensions de ces derniers, qui les pratiquaient à grande échelle. Nous ne sommes pas en 1937, ni en 1956, mais en 1921, et l'autodénonciation cyclique de la bureaucratie s'instaure avec celle-ci même. A ce système correspondent d'emblée une planification, naïvement préconisée sans fards, de la terre brûlée par le haut, de l'omniprésence policière, de la coercition dogmatique, des déportations civiles, enfin le projet, méthodiquement consigné, débattu, appliqué, de " déployer la terreur rouge jusqu'à des proportions massives " (Antonov-Ovséenko). L'ordre n° 13o, de Toukhatchevski, est à cet égard éloquent. Dans les maladroites circonlocutions de son zèle glacé, il faut lire les ordres et contre-ordres manipulateurs, les concessions et les consignes secrètes de l'appareil en guerre contre une société insurgée. Ce fut la construction d'un " monde nouveau ", " désert et ténébreux ", habité par " des esclaves affamés, nus et sans voix " : ses moyens s'identifiaient à sa fin.