
Le commandement
Un soir de neige, un enfant, un petit mulâtre, vient trouver une vieille, et lui remet une liasse de lettres et de pages arrachées à des registres. Dans une langue étrange et avec le peu de mots qu'il a, il lui apprend le retour et la mort, tout près d'elle, dans une cabane sur la falaise, d'un fils qu'elle a autrefois envoyé en Amérique. C'est à peine si l'enfant parle, s'il dit ce qu'il a à dire, mais ce qu'il y a à entendre elle l'entend, elle et tous ceux qui cette nuit de neige sont rassemblés autour d'elle dans cette masure des coteaux de Nantes, et qui bientôt racontent, disent ce qu'ils savent. Et l'on se demande au terme de cette histoire d'amour et de soumission, de ces soumissions éperdues où la volonté n'a plus de place, ni le rêve d'une vie, qui donc ici est le véritable narrateur : ce " nous ", obscur, immémorial que l'on entend de la première page à la dernière, à la manière d'un ch?ur antique disant et accompagnant la fatalité. Ou cet enfant dont les silences sont comme autant de paroles, et des plus terribles. En arrière-plan de ce récit nourri des lettres du fils à la mère, et d'une marche à travers l'île aussi longue et obsédante que les années qui suivront, règnent les images silencieuses d'un univers étrange et cruel, celui des plantations au XVIIIe siècle, d'une solitude et d'un exil partout présents dans l'?uvre de Michèle Desbordes. Et comme dans La demande dont ce livre constitue, en une sorte de diptyque, l'exact pendant, un besoin éperdu d'éternité.
| Nombre de pages | 143 |
|---|---|
| Date de parution | 03/10/2001 |
| Poids | 185g |
| Largeur | 140mm |
| SKU: | 9782070763085 |
| wmi_id_distributeur: | Not set |
| Is Salable (from plugin): | Yes (In Stock) |
| Is Salable (direct MSI check): | Yes (In Stock) |
| Distributor Name: | Par défaut |
| Availability Value: | 0 |
| Availability Label: | Epuisé |
| Match Result: | |
| Default Availability (Config): | 0 - Epuisé |
| Raw Config Mapping: |
Array
(
[_1772119784121_121] => Array
(
[id] => 12707000
[name] => 12707000
[availability] => 1
[activation_attribute] => 1
)
)
|
| EAN | 9782070763085 |
|---|---|
| Titre | Le commandement |
| Auteur | Desbordes Michèle |
| Editeur | GALLIMARD |
| Largeur | 140 |
| Poids | 185 |
| Date de parution | 20011003 |
| Nombre de pages | 143,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

La robe bleue
Desbordes MichèleUne vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l'asile de Montdevergues, et l'homme qu'elle attend est son frère. Il s'appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille. Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante. Avec ce récit fervent et grave, la langue de Michèle Desbordes atteint son point d'excellence pour nous dire la tragédie calme de l'être aux limites de soiÉPUISÉVOIR PRODUIT11,00 € -

La demande
Desbordes MichèleQuand il arrive en France à la fin de sa vie, Léonard de Vinci est loin de jouir de la réputation qui est la sienne aujourd'hui. De son oeuvre de peintre, presque rien ne subsiste. Les fresques qui ont fait sa gloire ont déjà disparu de son vivant à cause d'une mauvaise conservation de pigments expérimentaux. Il ne lui reste que quelques toiles, dont La Joconde, qu'il apporte avec lui sur les bords de la Loire où il va vivre ses derniers jours à l'invitation du roi de France. Michèle Desbordes ne cite jamais le nom de Léonard de Vinci. On ne peut s'empêcher pourtant de voir en lui le héros de La Demande, ce vieux peintre italien, exilé loin de son pays. On lui a attribué une servante efficace et dévouée, si discrète qu'il ne la remarque même pas. Entre ces deux êtres si différents se noue peu à peu une étonnante relation, à la fois apaisée et intense. Le paysage des bords de Loire (le fleuve plus qu'un décor est ici un personnage) superbement évoqué et une méditation sereine sur le temps se mêlent étroitement, restituant de manière saisissante cette "douceur angevine" si chère aux poètes de la Renaissance. --Gérard MeudalÉPUISÉVOIR PRODUIT11,66 € -

Les Petites Terres
Desbordes MichèleExtrait Il me semble que ç'a dû commencer par cet oiseau presque immobile dans le bas du ciel, c'est à peine si on voyait bouger les ailes, un oiseau du fleuve, une sterne, une mouette grise peut-être, il survolait le chemin du fleuve, il survolait le fleuve d'un trait, d'un seul coup d'aile en direction de la mer puis il revenait. Je me souviens d'avoir regardé l'oiseau, de m'être demandé ce que je faisais à une heure pareille sur un chemin où je ne venais jamais et ne m'étais pas même dit que je venais, n'ayant bientôt plus à voir dans le ciel bas, plombé, que les tours de la centrale, l'épaisse, lourde fumée blanche qui se mêlait aux nuages et le bois qui de ce côté longeait le chemin, cachant le village, les petites maisons basses par où j'étais venue, les jardins derrière les murs. Il y a eu ce moment je me souviens où je me suis dirigée vers le fleuve et me suis mise à marcher sur le chemin, et alors j'ai vu l'oiseau filer bas dans le ciel dans un sens puis dans l'autre et j'ai dû me dire que ça commençait, que là dans tout ce froid et ce gris et la solitude du chemin, comme sur la scène d'un théâtre dans la hâte et l'obscurité s'installent de nouveaux décors, calmement, à pas feutrés et venu d'on ne sait quelles profondeurs quelque chose prenait place. J'ai pensé aux choses qui commençaient, au froid et au gris et à la tristesse de ces jours-là. À toi là-bas dans la petite chambre qui peut-être, quelque part autour du lit, autour des livres, dans la pénombre douce des lampes et l'air que tu respirais délicatement, si délicatement, percevais ce qui venait vers toi, arrivait lentement, à pas comptés, mesurés comme le fauve qui avance vers sa proie, de loin l'a repérée dans les buissons et le taillis. Le fauve avançait doucement et doucement tu te mettais à l'écart, tu te retirais comme on se retire pour ces choses-là sans se dérober, à peine un repli, un silence plus grand, et ce regard plein de fatigue et de lenteur qu'on voit à ceux qui renoncent, alors on comprenait, on se disait qu'une sorte de patience, de vaillance peut-être t'avaient fait tenir jusqu'aux derniers mois, aux derniers jours, que peut-être là sous le grand, le terrible dénuement quelque chose d'inconnu, quelque chose d'insoupçonnable t'avait fait résister, tenir comme tiennent les braves et même les autres, à ces moments-là on ne distingue plus rien de la bravoure ni de la faiblesse ni de toutes ces choses qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer, et qu'à présent tout ça, la vaillance, la patience et tout ce qu'il avait fallu pour arriver jusque-là c'était fini, ça avait assez duré. Il y a eu ce moment j'ignore lequel où ton sourire a disparu pour ne plus revenir, je ne crois pas l'avoir pensé, fût-ce sans mots sans images me l'être dit comme parfois on se dit les choses. Un jour, une de ces dernières fois dont on ignore qu'elles sont les dernières tu as souri, ton visage a paru s'éclairer, il a paru dire Tu es là tout va bien, puis tu t'es éloigné sans te retourner, sans plus rien dire tu as dérivé sur cette sorte de bateau, ce courant qui t'emportait, ce devait être dans les premiers jours de novembre, les arbres avaient encore leurs feuilles, je voyais par la fenêtre de la chambre l'acacia, de plus en plus frêle, de plus en plus fragile venir d'un coup de vent, d'une soudaine et timide envolée frôler encore les carreaux, à dire vrai il y avait de moins en moins de vent, tout dans l'air autour de soi semblait s'immobiliser de son poids de gris et de silence, son poids d'inquiétude. Je ne voyais pas que tu avais cessé de sourire, je ne voyais pas que le visage, le regard imperceptiblement se détournaient, il y a des choses comme ça qu'on ne voit pas, mais je voyais le courant, je voyais le bateau, plus tard j'ai pensé à Jim Jarmusch, au bateau emportant sur le fleuve l'homme qui va mourir, au vieil Indien qui d'un grand geste vers le fleuve lançait le bateau et alors on le voyait s'éloigner avec l'homme allongé face au ciel dans la grande belle trouée de lumière entre les rives.ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,50 € -

Dans le temps qu'il marchait
Desbordes MichèleLes deux textes qui constituent le présent recueil sont consacrés à Hölderlin. Le premier, un court récit, constitue une sorte de portrait du poète. Le second, un long poème narratif, évoque le retour du poète en Allemagne, sa longue marche de Bordeaux à Nürtingen. Deux démarches, deux propos différents, où pourtant l'on retrouve - ou donc commence la poésie, où finit-elle? - l'écriture si particulière de Michèle Desbordes ainsi que certains des thèmes qui lui sont chers, la fin des choses, la hantise du temps, la lente répétition des jours, la solitude et le silence. L'inaccompli. Et puis ces personnages qui marchent à n'en pas finir.ÉPUISÉVOIR PRODUIT9,00 €
Du même éditeur
-
Oeuvres complètes. Oeuvres italiennes ; Oeuvres latines ; Divine comédie
DANTENé en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.ÉPUISÉVOIR PRODUIT76,50 € -
Iliade - Odyssée
HOMERETraduit du grec par Robert Flacelière et Victor Bérard. Édition de Robert Flacelière et de Jean Bérard. Index par René Langumier.EN STOCKCOMMANDER62,50 € -
Romans
Goethe Johann Wolfgang vonCe volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.ÉPUISÉVOIR PRODUIT65,00 € -
Le Coran
ANONYMES/GROSJEAN4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.ÉPUISÉVOIR PRODUIT61,00 €
De la même catégorie
-
Ainsi parlait ma mère
Benzine RachidRésumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "ÉPUISÉVOIR PRODUIT13,00 € -
Les cigognes sont immortelles
Mabanckou AlainRésumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,50 € -
Barroco bordello
Clermont ThierryRésumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,00 € -
Les oiseaux rares
Paviot HugoRésumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.ÉPUISÉVOIR PRODUIT18,00 €







