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Strawinsky et Webern au Domaine musical
Des Forêts Louis-René
WILLIAM BLAKE
9,20 €
Épuisé
EAN :9782841031221
André Breton s'étonnait naguère que l'art en France parût surtout soucieux" de jeter un tapis de fleurs sur un monde miné ", et il remarquait que le problème" n'est plus de savoir si un tableau tient par exemple dans un champ de blé, mais bien s'il tient à côté du journal de chaque jour, ouvert et fermé, qui est une jungle ". [...L'?uvre de Webern acquiert un prix particulier du fait qu'elle est une des très rares de ce temps qui réponde aux exigences auxquelles nous sommes en droit d'attendre que satisfasse une ?uvre d'art. Souci d'économie et science du dosage, soumission à des canons rigoureux, qui n'exclut pas l'aisance avec laquelle sont apportées aux problèmes techniques des solutions élégantes (toute technique codifiée n'étant qu'abstraction dépourvue de sens tant qu'elle reste à l'état de norme figée sur laquelle ne se greffe rien d'actif), volonté d'invention continue, refus de tout arbitraire, la beauté plastique venant ici au premier rang des objectifs poursuivis. On sait que Schoenberg disait de son disciple qu'il avait su exprimer un roman en un seul soupir. Laconisme exemplaire, de nos jours où l'inflation verbale, sinon sonore, est à son comble, et notamment dans le domaine de la création romanesque où ceux-là mêmes qui sont tenus pour des maîtres s'abandonnent à un étroit empirisme, faute de considérer leur art comme la recherche audacieuse de quelque chose d'essentiel qu'il s'agit de pousser aux limites du possible avec ce maximum de lucidité et de rigueur qui est précisément le fait de la maîtrise."
Résumé : "Il a cessé de chantonner, il a cessé d'osciller et s'est retourné vers moi en souriant. Les mêmes cris plaintifs, mais plus sourds : en petites bandes au vol heurté, aux ailes largement étalées et aux becs pointus, des oiseaux montèrent en une lente ascension et brillèrent très noirs sur la rive escarpée et décrivirent de grands cercles au-dessus de nous et se maintinrent sur une ligne horizontale constituée par le sommet de la crête herbeuse ; la colonie vibrante s'éleva encore d'un léger bond et se perdit sur l'étoffe sombre des nuages poussés par le vent. Il s'est renversé en riant, sa main mouillée devant sa bouche. J'ai dit : Guillaume, et je me suis tu ; j'ai compris que je n'avais qu'à le regarder et que c'était entre lui et moi qu'existait un lien invisible et secret. Tous deux seuls avec l'eau, la vigilance, l'animation et la panique des bêtes. Je n'ai fait que le regarder sans parler ni même me pencher vers lui qui rejetait ses cheveux en fixant la rive où dans la demi-obscurité, à travers les roseaux et les broussailles compactes, s'est élevé le cri désolé et plaintif des oies. Je n'ai fait que le regarder."
Les quatre récits qui composent ce recueil participent d'une inspiration commune et illustrent, à travers des différences d'arguments et de structure, la préoccupation essentielle de l'auteur du Bavard. Ils sont comme les étapes d'une longue et patiente démarche, parfois orientée, parfois errante, mais toujours en quête d'un but peut-être inaccessible. C'est ainsi que tel thème à peine esquissé dans le récit qui donne son titre au volume se trouve repris et développé dans Une mémoire démentielle et va même jusqu'à constituer plus ou moins visiblement la trame de Dans un miroir. Ces trois récits, de même que Les grands moments d'un chanteur, peuvent d'ailleurs se lire comme les versions successives d'une autobiographie intérieure sur laquelle, du fait que presque tout s'y réfère à la vie la plus secrète - celle des rêves, des phantasmes, des obsessions -, plane un soupçon d'irréalité qui conduit le narrateur lui-même à les récuser tour à tour. Cependant, la description des événements demeure toujours concrète, et les personnages épisodiques que nous voyons s'animer à travers les yeux du narrateur, soldats, prêtres, collégiens, artistes, etc., gardent le mouvement même de la vie.
Résumé : Ceci n'est pas un chant, mais un ouragan qui remue le c?ur et l'esprit en un concert de notes discordantes, qu'il faut entendre comme une matière en fermentation à la recherche tumultueuse de sa forme dont rien ne dit qu'une fois prise elle aura une vertu apaisante ni qu'elle en sera pour autant arrêtée, ainsi qu'il en va d'un cahier de brouillon, plein de ratures et d'ajouts, que le scripteur surpris par la mort eût laissé ouvert sur la page inachevée.