Le livre " La maison Chypre, 2009-2013 " est proposé dans une version fac-similé, tel un ouvrage déjà paru indéfiniment voué à sa propre reproductibilité. Au coeur de la répétition arrive, charriée par son propre sujet, la question de la découverte archéologique. Centrale dans le livre à travers la présence blafarde de ces ossements que l'on exhume du passé, la question d'une archéologie est bien apparue comme un point paradigmatique de l'Histoire de l'île de Chypre. En miroir avec Pompéi et par extension à tous les lieux de charniers du monde, une lente coulée de lave semble avoir recouvert ce paysage insulaire, le figeant pour toujours. L'île de Chypre divisée a représenté un territoire étonnant de complexités qui convenait parfaitement à la poursuite du travail photographique que j'avais engagé à travers des villes aussi différentes que Sarajevo, Odessa, Beyrouth, Kaliningrad.
Il y a dans la relation de la photographie au territoire urbain le lien intime d'une réciprocité ; une mentalité commune contemporaine, une équivalence historique qui les destinaient sans doute à se rencontrer ? La photographie est associée au processus de construction - déconstruction de la ville, à une sorte de vandalisme permanent qui semblerait vouloir tout à la fois l'ausculter et l'écorcher pour tenter d'en extirper une mémoire... Les trois villes (Marseille, France ; Sarajevo, Bosnie ; Odessa, Ukraine) révèlent des temporalités multiples à la fois actuelles et historiques, "résonnant" à partir d'un fonds de réminiscences ouvert ; il émane de ces photographies le souvenir à la fois ténu et persistant de peinture de paysages classiques et de tragédies antiques auquel se mêle la force de l'image documentaire contemporaine.
Résumé : Durant l'e?te? 1989, Monique Deregibus rencontre au coeur du de?sert du bassin de Galisteo (Nouveau-Mexique, E?tats-Unis), un lieu spe?cifique, isole? et puissant, charge? d'histoires chamaniques et de re?miniscences indiennes. Pendant dix anne?es (1989-1999), puis au cours d'un dernier voyage en 2017, elle ne cessera d'y revenir pour toujours photographier ces me?mes paysages, re?pe?te?s jusqu'a? l'usure, ces blocs chaotiques de pierre charge?s de pe?troglyphes indiens, de?pose?s a? la surface, saturant le paysage de si fragiles dess(e)ins.
En ouvrant en juin 1983 un travail d'une année à Saint-Jean-Brévelay et dans les communes environnantes du Morbihan, le photographe Guy Hersant répondait en voisin lorientais d'alors, à une commande de la BPI du Centre Pompidou à Paris. A cette l'époque, la campagne bretonne bruisse sous le vent d'une modernité qui déferle depuis les années soixante en remembrement, en mécanisation, en stabulations libres et en salles de traite, en ensilage de maïs, en bâtiments d'élevages qui s'affranchissent de la vieille architecture des fermes, en décohabitation des jeunes agriculteurs d'avec les anciens, en coopératives, en Politique agricole commune de ce qui était encore la Communauté économique européenne. La mission photographique avait pour but de témoigner de ce grand virage de la Bretagne agricole dont le Groupe d'études en sociologie rurale du CNRS- organisme partenaire du projet avec la BPI - avait déjà observé les amorces dans la commune à partir justement de ces années soixante.
Ce livre est né de rencontres, d'un intérêt pour les paysages et de curiosités réciproques. Au-delà d'un dialogue entre deux photographies, Entre fleuve et rivière est une inspiration, une envie d'explorer une histoire commune. Ce sont deux regards croisés sur le pays basque et les territoires du Québec et du Labrador, sur les fleuves qui les parcourent. A la recherche de traces fictives ou réelles, se trouve une lecture très personnelle des paysages. Christophe Goussard, photographe français de Nouvelle Aquitaine Charles-Frédérick Ouellet, photographe Québecois, ont chacun découvert le territoire de l'autre. Les poèmes en prose d'Itxaro Borda invitent à un troisième regard sur ces images.