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Une théorie des sentiments esthétiques
Demeulenaere Pierre
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246618515
Tous les éléments de notre vie quotidienne sont " esthétisés " de manière plus ou moins importante : les journaux sont remplis d'images, presque tous les objets utilitaires sont investis par le design, les villes sont décorées de monuments, les jardins sont multipliés en tous lieux. De manière plus déconcertante, nous pouvons prendre aussi plaisir au spectacle, de la guerre, ou des ruines : lorsque nous regardons à la télévision un documentaire sur la guerre du Vietnam, présenté sur un mode narratif, il est accompagné d'une musique. Quel est le rôle de cette musique ? Enfin, notre expérience esthétique est souvent associée à des " messages " : les artistes dénoncent la guerre, critiquent la société, revendiquent des accès privilégiés à la liberté, à la vérité, à l'authenticité ou à l'absolu... Comment définir alors les " sentiments esthétiques ", au regard de cette complexité des objets vers lesquels ils se portent ? Ce livre essaie de repérer la spécificité d'une expérience esthétique : celle-ci intervient lorsqu'il y a plaisir dérivé des formes du monde, dans leur stylisation propre ; le phénomène du style est ainsi un des aspects centraux de la vie sociale. Mais ce plaisir est lié à des perceptions qui dépendent elles-mêmes de croyances et de présupposés. Deux objets très similaires par leurs propriétés effectives pourront ainsi être appréhendés de manière très différente suivant la diversité des croyances que nous avons vis-à-vis d'eux (par exemple s'il s'agit d'un original ou d'une copie). La thèse de ce livre est ainsi de souligner que les plaisirs esthétiques, comme les " valeurs " esthétiques qui leur sont associées, interviennent à partir de croyances préalables, dans le cadre général d'un rapport " cognitif " au réel. Ces croyances obéissent à une logique propre. Elles peuvent faire l'objet d'une rationalisation, en sorte que l'analyse des sentiments esthétiques quitte le registre de la subjectivité ou de l'irrationnel.
Les sources utiles a à la biographie et à la prosopographie ne se limitent pas aux registres paroissiaux ou d'état civil et aux minutes notariales. Nombre d'organismes, publics et privés, ont accumulé des renseignements sur toutes sortes d'individus. C'est à ces autres sources que le présent ouvrage introduit, en attirant l'attention sur des fonds peu connus ou insuffisamment exploités et des outils de recherche nouveaux. Il offre un regard original sur les dictionnaires biographiques et présente, à titre d'illustration, une recherche sur les musiciens d'église dont les résultats se situent entre histoire individuelle et radioscopie d'un groupe social. Professionnels des archives, universitaires et chercheurs ont, à l'occasion du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, échangé sur leurs méthodes et leurs outils de travail. La diversité des contributions ici publiées suggère la richesse des sources à mobiliser et l'ampleur des masses documentaires à exploiter pour qui se lance dans une enquête sur les individus, qu'il s'agisse de retracer des parcours individuels ou collectifs. Car chacun de ces dossiers personnels, de ces matricules, de ces fonds d'archives, livre les matériaux d'un roman individuel, familial ou social, et transmet les échos de millions de destinées, célèbres ou inconnues, glorieuses ou obscures.
Boudon Raymond ; Demeulenaere Pierre ; Viale Ricca
Résumé : Cet ouvrage réunit des contributions provenant de plusieurs disciplines (sociologie, philosophie, science économique et psychologie) intéressées par l'étude des normes sociales. Les recherches, dues à des spécialistes allemands, anglais, français et italiens, prennent trois directions principales. La première oriente la réflexion vers le rôle mais aussi les limites de l'action instrumentale dans la formation des normes sociales. Ces actions se rapportent nécessairement à des buts : la notion de bien public (dans un sens très large) paraît ainsi comme une dimension centrale de l'analyse qui s'attache aux conditions à partir desquelles un tel bien public est repérable. La deuxième direction est liée à l'étude des normes de rationalité, essentielle à l'interprétation des normes sociales. Les normes de rationalité doivent être localisées et précisées dans les limites de leur application. Elles permettent alors d'expliquer les normes dites culturelles, mais peuvent au contraire être perçues comme entrant en concurrence avec elles. La troisième piste explore les normes de la pensée, élément décisif de la vie sociale dès lors que l'on admet que les acteurs sociaux ont nécessairement des représentations et des croyances qui les conduisent à l'acceptation des normes. Les contributions s'intéressent notamment à la question de savoir si ces normes de la pensée peuvent être qualifiées elles-mêmes de normes sociales.
Voici maintenant sept mois que dans la petite commune de Lourdes des événements avaient secoué les habitants, ceux-ci, bien évidemment dans ce genre de situation, avaient pris de l'ampleur en dépassant largement les frontières du département et même bien au-delà puisque le ministre de l'intérieur, lui-même, en avait perçu des échos. L'empereur, en personne, lui avait demandé une enquête discrète et un rapport sur de supposées apparitions de la vierge à une enfant. Il devait être rappelé aux populations que l'ordre public serait impérativement respecté et que les autorités sur place étaient invitées à prendre toutes les dispositions pour ramener au calme cette commune.? C'est ainsi, qu'en pleine période du Second Empire, le commissaire Hubert Florian Castagnière se retrouve chargé de l'affaire.
Cet ouvrage ne prône pas un retour à Parsons, et en particulier au structuro-fonctionnalisme auquel on a souvent voulu le réduire, mais plutôt une reconsidération distanciée de son apport afin d'en faciliter une appropriation sélective. Parmi les multiples facettes d'une oeuvre complexe, l'auteur met plus particulièrement l'accent sur le programme analytique qui, associé à la recherche d'un niveau adéquat d'abstraction conceptuelle, représente un facteur majeur de continuité dans un ensemble de travaux s'étendant sur une cinquantaine d'années. Il souligne également l'originalité de la perspective adoptée par Parsons qui, partant de "l'orientation normative de l'action", développe une forte critique de l'utilitarisme. L'évolution de la position de Parsons à l'égard de la théorie économique est mise en lumière: tout en restant sensible à ses acquis, Parsons en est venu à l'interpréter comme un cas particulier de la théorie des systèmes sociaux. Le débat est aussi largement ouvert sur les usages qu'il fait de l'analogie et sur sa conception originale du pouvoir, avec le souci de replacer ces questions dans un cadre général de discussion. Enfin, la réception contrastée de l'oeuvre parsonienne dans trois pays d'Europe occidentale - la France, l'Allemagne et l'Italie - invite à se garder de tout jugement prématuré sur l'accueil que l'avenir réservera au dernier des "classiques".
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).