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Phnom Poèmes. Suivi de Tonton au pays des Viêts
Demarcq Jacques
NOUS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782370840493
Comme les oiseaux qu'il tente d'imiter, Jacques Demarcq aime changer de paysage. A Phnom Penh, il est revenu deux hivers. Entre une culture bouddhique souriante et les violences mal refermées des années khmères rouges. Entre un Mékong lumineux et l'espoir qui patauge au bord. Entre un modernisme superficiel et une éternité stagnante. "terminé le temps des jonques ou sampans il n'y a plus pour goûter tout au long le Mékong que la croisière clim au simili décor d'antan ou le bus bondé 6 h dans un mélange de sueurs par des routes contournant les zones inondables j'ai loué téméraire une 125 cm3 panier devant pour l'appareil photo Rachel derrière sac au dos je voulais longer le fleuve au plus près son ruban de lumière pour repère au travers du verdoiement presque incessant des berges ou me fier au fil des poteaux électriques sur des sentiers de latérite mal cartographiés"
Paru en 1944,1 x 1 est construit, comme tous les livres de Cummings, selon une progression allant du rejet des idées convenues à l'affirmation de soi, de l'amour et de la vie. Il comprend trois parties: "1", des satires des illusions qui conduisent à la guerre: pression collective sur l'individu, progrès des techno-sciences, discours politiques; "X", des odes aux phénomènes naturels (astres, vent, pluie, etc.) dont l'amour est la meilleure expression; "1", des hymnes aux minuscules vies (oiseaux, fleurs, bourgeons, etc.) qui font le bonheur. Ainsi le livre progresse-t-il clairement des idées froides et figées d'une société adulte, aux mouvements printaniers d'une saisie individuelle en perpétuel renouvellement. Les deux derniers poèmes ne sont pas dédiés par hasard à l'enfance. Cummings développe une approche profonde et complexe de la vie, dans laquelle l'individu accède à lui-même dans une communion avec une nature qui le dépasse et reste mystérieuse.
Puisque sentir est premier qui prête la moindre attention à la syntaxe des choses ne t'embrassera jamais entière; tout entier être un idiot quand le printemps est de ce monde mon sang approuve, et les baisers sont un meilleur sort que la sagesse ma dame je le jure sur toutes les fleurs. Ne pleure pas, le plus beau geste de mon cerveau ne vaut ce battement de tes paupières qui dit nous sommes l'un à l'autre: alors ris donc, à la renverse dans mes bras car la vie n'est pas un paragraphe. Et la mort je pense n'est pas une paranthèse.
Stein Gertrude ; Demarcq Jacques ; Alfandary Isabe
La soeur n'était pas un monsieur. Etait-ce surprenant. Ca l'était. La conclusion est venue lorsqu'il n'y avait pas d'accord. Tant qu'il y avait question il y avait décision. Remplacer une relation de hasard par une fille ordinaire ne fait pas un fils. C'est arrivé de telle sorte que le temps était parfait et que grandissait un tout divisant le temps si bien que là où il n'y avait pas d'erreur avant il n'y en avait pas maintenant. Par exemple avant lorsqu'il y avait une séparation il y avait attente, à présent lorsqu'il y avait séparation il y avait la division entre vouloir et partir.
Dans un monde déclaré sans dehors, enfermé dans l'interconnexion généralisée, la philosophie ne peut apparaître que comme une hérésie. Parce qu'elle est dangereusement atopique - hantée par quelque chose de l'ordre d'un sans-lieu lui permettant ses déplacements improbables. Cette atopie n'est pas propre à la philosophie : elle constitue le coeur sombre et lointain de toute pensée, de toute parole, de toute existence. Nous aimons, nous créons, nous refusons, nous nous coalisons parce que nous sommes voués au dehors. Contre les pensées en termes d'objets, contre les géolocalisations identitaires assistées par ordinateur, contre un monde saturé d'immanence, ce livre propose un existentialisme radicalisé attentif aux désastres psychiques et écologiques qui ravagent le monde.
Les Journaux de Kafka : voici, enfin, la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922, que cette édition reproduit à l'identique, sans coupes et sans censure, en rétablissant l'ordre chronologique original. La traduction de Robert Kahn se tient au plus près de l'écriture de Kafka, de sa rythmique, de sa précision et sécheresse, laissant "résonner dans la langue d'arrivée l'écho de l'original". Elle s'inscrit à la suite de ses autres retraductions de Kafka publiées aux éditions Nous, A Milena (2015) et Derniers cahiers (2017). Les Journaux de Kafka, toujours surprenants, sont le lieu d'une écriture lucide et inquiète où se mêlent intime et dehors, humour et noirceur, visions du jour et scènes de rêves, où se succèdent notes autobiographiques, récits de voyages et de rencontres, énoncés lapidaires, ainsi qu'esquisses et fragments narratifs plus longs. Dans ce battement entre vie écrite par éclats et soudaines amorces fictionnelles, les Journaux se révèlent être le coeur de l'oeuvre de Kafka : le lieu où les frontières entre la vie et l'oeuvre s'évanouissent. Il est plus clair que n'importe quoi d'autre que, attaqué sur la droite et sur la gauche par de très puissants ennemis, je ne puisse m'échapper ni à droite ni à gauche, seulement en avant animal affamé le chemin mène à une nourriture mangeable, à de l'air respirable, à une vie libre, même si c'est derrière la vie.
Le corpus des 149 lettres de Kafka A Milena est ici restitué pour la première fois dans son intégralité et dans sa véritable chronologie, suivant le tout récent établissement du texte original en allemand. Cette nouvelle traduction s'efforce de se tenir au plus près de la langue de Kafka : sèche, précise, rythmée, évitant soigneusement de "faire du style". Traces de l'"amour de loin" de Franz Kafka et Milena Jesenskâ, ces lettres inscrivent l'intensité de leur passion fulgurante, faite de manque, d'attente, de quelques éclairs de bonheur et, surtout, de peur. A Milena n'est pas une simple correspondance, c'est un objet littéraire fascinant, central dans l'oeuvre de Kafka et indispensable à sa compréhension.
Demande au muet est une série de dialogues courts où un maître, d'une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l'heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l'absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.