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Une anthologie de rencontres
Deluy Henri
VERDIER
24,34 €
Épuisé
EAN :9782844901002
Par un effet de traduction généralisée qui pousse et développe les écritures au-delà de leurs formes et de leurs traditions nationales, tout en préservant au mieux leur distance et leur étrangeté, des poèmes issus de langues d'ailleurs ou de langues de France autres, aussi éloignées que le nahuatl et le russe, le zapotèque, l'allemand, le maya, le roumain, le tojolab'al, l'irlandais, le mapuche, l'espagnol, le japonais et l'anglais, le catalan, le gitan, le corse, le breton, l'occitan, l'alsacien, sont ici donnés à lire dans leur actualité et leur diversité. La poésie française d'aujourd'hui, ses résistances, son originalité, ses recherches, sont largement représentées par des poètes de générations et de registres différents. Cette anthologie, qui souligne les circonstances, présente donc des poèmes de toutes et de tous les poètes invités lors de la sixième Biennale, en novembre 2001. Dans le mouvement même de l'immédiat. " H.D.
Résumé : Le titre volontairement iconoclaste de ce nouveau recueil de poèmes ne doit pas en masquer la gravité. Ni la tension sur laquelle il s'édifie, en cherchant à capter le trouble matériel et la part de déclin perdurant dans les paysages qui s'estompent, les amitiés décimées. Les étreintes profanes. Ou l'image des corps dévastés. Cela n'exclut ni l'humour, ni la générosité. Des poètes marseillais, des espionnes d'outre-Rhin, des mystiques flamandes, des guérilleros mexicains (la liste n'est pas exhaustive) traversent ces poèmes fragmentés, suspendus, descriptifs, assez proches au fond de l'expressionnisme, derrière le prosaïsme apparent et le lyrisme " froid " qui caractérisent leur écriture. C'est un livre dépouillé, sardonique, burlesque, cru, sans illusion excessive - comme la poésie contemporaine nous en offre finalement assez peu.
Regard en arrière ? Nostalgie des origines ? Tentative de bilan ? Ou plus littéralement, comme le dit son titre, «reprise du morceau à son commencement» ? Il y a un peu e tout cela dans le nouveau recueil d'Henri Deluy, où l'on retrouvera le prosaïsme apparent et le lyrisme muet - maintenu à distance - qui caractérisent sa poésie depuis une quinzaine d'années. Son insistance aussi à discerner ou mieux comprendre les scènes enfouies du passé : l'enfance marseillaise, la jeunesse fébrile, les illusions brisées. Car Da capo dresse en filigrane le tableau des cécités, des espoirs et des drames d'une génération : entre un chapelet d'injures au général Pinochet et une évocation à l'acide du «maréchalissime» Staline, on y croise les ombres de Mandelstam et de Tsvetaieva, d'Althusser et de Pessoa, du groupe Cobra et de Che Guevara - à quoi répondent ou font écho les lettres d'Héloïse à Abélard, le chant des troubadours portugais, les paysages estompés de la Chine et de Cuba... L'ouvrage érige ainsi ses stèles et ses tombeaux, égrenant tour à tour des poèmes culinaires, érotiques, de voyage et d'amour, de mémoire et d'oubli. Et quelques traductions. Puisque la poésie persiste, défiant le cours du temps et lui opposant - dans la transparence fugace et tangible du vers - sa loi, son trouble, son mystère. Toujours recommençant.
Semblable, en ce point, aux précédentes cette anthologie donne à lire des poèmes de toutes et tous les poètes invité(e) s à participer à la septième Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (novembre 2003). L'allemand, l'espagnol (du Chili et de Cuba), le chinois, l'anglais (USA), le français, le letton, le népalais, le russe (Sibérie), le touva (Sibérie), le vietnamien, sont ici autant de langues qui se déploient en éventail et révèlent la multiplicité comme la diversité des écritures dans ces parties du monde ; pour une opération de potlach à la chaîne et pour notre plaisir.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.