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Poésie en France, 1938-1988, une anthologie critique
Deluy Henri
FLAMMARION
18,60 €
Épuisé
EAN :9782080664143
En 1983, L'Anthologie arbitraire d'une nouvelle poésie (Flammarion) souhaitait donner une consistance commune aux mouvements qui, me semblait-il, avaient agi sur la poésie en train de se faire. Cette Anthologie critique, aujourd'hui, souhaite donner une image autre, dans un ordre différent d'approche. Elle a pour point de départ, une activité suivie de lectures et de comptes rendus des recueils publiés entre 1983 et juin 1988. J'ai choisi, parmi les livres publiés durant ces cinq années, ceux qui me paraissent mettre en lumière la richesse, la multiplicité - et pour certains la forte nouveauté - des écritures de poésie, en France, et l'importance des travaux de traduction. Chaque livre retenu est représenté par plusieurs pages qu'une "ouverture critique" précède. Il ne s'agit ni d'un bilan ni d'un simple coup de sonde. Il s'agit d'une "mémoire". Ce qui reste dans la tête d'un lecteur fervent, assidu, passionné. Et impliqué. Si une anthologie est un fait historique, ce que je crois, celle-ci souhaite s'intégrer à cette histoire de la poésie comme moyen d'investigation pour la poésie elle-même. Et comme un geste d'amour.
Résumé : Le titre volontairement iconoclaste de ce nouveau recueil de poèmes ne doit pas en masquer la gravité. Ni la tension sur laquelle il s'édifie, en cherchant à capter le trouble matériel et la part de déclin perdurant dans les paysages qui s'estompent, les amitiés décimées. Les étreintes profanes. Ou l'image des corps dévastés. Cela n'exclut ni l'humour, ni la générosité. Des poètes marseillais, des espionnes d'outre-Rhin, des mystiques flamandes, des guérilleros mexicains (la liste n'est pas exhaustive) traversent ces poèmes fragmentés, suspendus, descriptifs, assez proches au fond de l'expressionnisme, derrière le prosaïsme apparent et le lyrisme " froid " qui caractérisent leur écriture. C'est un livre dépouillé, sardonique, burlesque, cru, sans illusion excessive - comme la poésie contemporaine nous en offre finalement assez peu.
Résumé : à l'adret côté soleil aux arbres centenaires à l'Italie à la désillusion à l'odeur des ?illets à la vaisselle ancienne à l'obscurité de la nuit aux bords relevés de la mer à la sexualité indignée des jeunes femmes aux ailes de la mouette à la ponctuation à l'arbitraire des origines à l'intention parodique aux Brigades Internationales à la couleur du bleu à la radicalité à l'allusion directe à la bassesse du style à la canaille littéraire à la courte échelle à celle dont le corps n'a pas de frontières à la chaussure qui vieillit à l'impassibilité à la fabrique du rythme à l'exactitude à Sophie Volland au point d'ironie à l'Aristophane de Byzance à l'Aristarque de Samothrace aux successeurs de Zénodote d'Ephèse à la Bibliothèque d'Alexandrie au respect des majuscules à l'ombre de tes lèvres à la folie.
De la fin du XIXe siècle au début du XXIe, deux cent trente-quatre poèmes et vingt-sept poètes d'une modernité sont ici réunis, pour la découverte, pour le respect et l'oubli des différences. Une anthologie à la gloire des traducteurs et de la traduction, et pour cette évidence : il n'y a pas, en poésie, de grands et de petits pays ou de langue plus "poétique" qu'une autre. Car il est bon de ne pas considérer les langues étrangères comme des langues de l'étranger.
Traversée à toute allure d'innombrables décors, pages d'albums, rues animées ou chambres vides, fragments d'une vie découpés, remontés, dispersés dans l'impatience et la tendresse, L'heure dite prolonge le mouvement des Arbres noirs: il s'agit bien de rendre compte de certains moments-clefs d'une existence et éventuellement de leur donner un nouveau sens, quitte à en souligner les failles - mais sans rien perdre de leur beauté, ni de leur intensité fondatrice. C'est le monde entier qui défile au hasard de ces pages: ses villes, ses bars, ses paysages lumineux ou dévastés - mais aussi ses poètes d'ailleurs et d'ici: Gérald Neveu, Hannah Hbch, Danielle Collobert, Adilia Lopes, Pierre Reverdy... Silhouettes estompées, s'éloignant déjà dans la brume, mais qui soulignent d'autant la netteté, la violence aussi des images que les poèmes semblent arracher au passé: pour mieux les recomposer dans le livre du présent. Comme si la poésie, décidément...
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)