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Les idées politiques au XXe siècle
Delsol Chantal
CERF
10,00 €
Épuisé
EAN :9782204104470
Le XIXe siècle a théorisé le politique. Le xxe siècle a concrétisé ces théories. Le XIXe siècle a forgé des utopies. Le xxe siècle a organisé la terreur. Le XIXe siècle a été positiviste. Le xxe siècle a été totalitaire et césariste. Avec le rationalisme hérité des Lumières, les religions disparues ont été remplacées par des mythes régénérateurs. La politique a occupé le lieu du sacré. Elle a entretenu son catéchisme, ses rites et ses prêtres. Elle a logiquement engendré le fanatisme, pour avoir rendu impatients les paradis qu'elle avait inscrits dans le temps et dans l'histoire. Communisme, nazisme, fascisme, socialisme : toutes les conceptions politiques dominantes du xxe siècle se sont voulues révolutionnaires, sauf la pensée de l'Etat de droit. Mais toutes ont échoué dans leur entreprise de renaturation sociale. Finalement, la pensée de l'Etat de droit aura été la seule vraie révolution. Philosophe, membre de l'Institut, Chantal Delsol poursuit une oeuvre majeure à la croisée de la philosophie et du politique. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages dont, aux Editions du Cerf, L'âge du renoncement (2011), Les pierres d'angle (2014) et, en col- laboration avec Martin Steffens, Le nouvel âge des pères (2015).
Résumé : Au tournant de ce siècle, la France voit son identité menacée par un faisceau de facteurs qui concordent pour mettre en péril tout ce qui lui est cher : la victoire du libéralisme sur le socialisme, la construction européenne avec ses implications politiques, économiques et sociales, la mondialisation, le problème corse et généralement le déploiement des particularismes régionaux. Ce qui est en cause : la souveraineté absolue - expression jusque-là redondante mais qui ne l'est plus - ; l'État-providence et le service public à la française ; l'égalité en principe issue de l'uniformité ; et finalement, d'un seul mot, la république, dont on parle sans cesse par crainte de la perdre, comme si l'évocation et l'invocation pouvaient arrimer la chose dans l'épaisseur de la réalité. Cette crise relève d'un face à face entre la république et la démocratie : la France s'est donné depuis longtemps des structures démocratiques, mais elle n'a jamais adopté véritablement l'esprit démocratique. Qu'est-ce que l'identité française, et pourquoi notre situation est-elle particulièrement redoutable ? De quelle manière s'opposent l'unité républicaine et la diversité démocratique, la défiance républicaine et la confiance démocratique ? A quelle constellation de la pensée politique appartient la république moderne, et cette inscription peut-elle permettre de mieux comprendre sa déstabilisation ? Cette déstabilisation correspond-elle à une marche du temps, autrement dit, faut-il voir là une évolution inéluctable ?
Présentation de l'éditeur Le « populisme » évoque un courant d opinion fondé sur l enracinement (la patrie, la famille) et jugeant que l émancipation (mondialisation, ouverture) est allée trop loin. Si le « populisme » est d abord une injure, c est que ce courant d opinion est aujourd hui frappé d ostracisme.Cet ouvrage a pour but de montrer sur quoi repose cet ostracisme, ses fondements et ses arguments. Et les liens entre le peuple et l enracinement, entre les élites et l émancipation.Il est normal qu une démocratie lutte en permanence contre la démagogie, qui représente depuis l origine sa tentation, son fléau mortifère. Mais une démocratie qui invente le concept de populisme, autrement dit, qui lutte par le crachat et l insulte contre des opinions contraires, montre qu elle manque à sa vocation de liberté.Le populisme est le sobriquet par lequel les démocraties perverties dissimulent vertueusement leur mépris pour le pluralisme.
Un zoologiste et ses deux élèves s'enfoncent dans la forêt amazonienne pour aller chercher un batracien méconnu. Ils ne connaissent de cet animal que des promesses d'anomalies savantes. En fait, c'est un monstre, si l'on entend par là l'encontre des normes. Le maître est saugrenu et paisible, les élèves infatigables. Avant de pouvoir enfin disséquer leur phénomène, ils rencontrent un piroguier sans patrie, des indigènes doués pour l'hospitalité, des caïmans aux yeux rouges. Partout on les regarde avec cette condescendance amusée des gens sérieux qui voient passer l'extravagant. Ils déjeunent sur leurs tables de dissection, achètent des poissons morts, dorlotent leurs animaux affreux avec la sollicitude qu'on accorde habituellement à un nourrisson. La science n'avance qu'à force de passions. Mais ce sont des passions insolites, parce qu'elles ne mettent en jeu ni le pouvoir ni l'argent, et recèlent seulement la fascination pour le mystère. Nous avons l'habitude de croire que toute action gratuite vise le loisir ou le don. Ici elle veut percer l'impénétrable. L'expédition scientifique est un voyage initiatique. On peut très bien s'y perdre et ne rien découvrir. Faire l'épreuve de déceptions inattendues. Relativiser l'utilité des connaissances. Et mesurer, d'une toise incertaine, l'envergure de l'inconnu.
Résumé : Le XXe siècle fut aussi celui du communisme : son irruption violente, les espoirs immenses qu'il suscita sur tous les continents, son apogée et sa trahison dans le stalinisme, enfin sa chute. Au-delà des querelles portant sur l'ampleur de ses méfaits ou le nombre de ses victimes, l'illusion qui en serait le fondement ou le mensonge qui en aurait permis la survie, Alexandre Adler en retrace l'histoire mondiale. Loin de toute orthodoxie, il offre une lecture originale d'un séisme politique dont on chercherait aujourd'hui en vain l'équivalent.
Résumé : Le problème, c'est l'obéissance. Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brillante : d'où vient donc notre docilité ? Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? Pour Frédéric Gros, c'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'inventer de nouvelles formes de désobéissance. Sous sa plume, la pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. A l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.
En 1989, la chute du communisme est saluée comme une victoire de la démocratie sur l'autoritarisme. Trente ans plus tard, c'est dans cette partie du continent qu'agissent les plus virulents mouvements du populisme européen. Comment comprendre un tel paradoxe ? Une manière d'y répondre est de replonger dans l'histoire. Cette perspective de longue durée est d'autant plus nécessaire que le populisme n'est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l'Europe. Au XIXe siècle, les narodniki russes promettent de sortir la paysannerie de son " arriération " et de la doter d'un droit de cité. Par la suite, les mouvements agraires semblent apporter des réponses au sous-développement et à la difficile construction, dans cet espace, de communautés politiques fortes, et les régimes communistes mobilisent certaines stratégies populistes. Aujourd'hui, les démocraties illibérales remettent en question le mode d'organisation de nos sociétés, issu des Lumières. En redonnant leur épaisseur historique aux dérives populistes à l'oeuvre en Europe centrale et orientale en ce début de XXIe siècle, Roman Krakovsky rappelle combien leur récente poussée peut servir d'avertissement pour le reste du continent.
Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.