Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Mythes et symboles politiques en Europe Centrale
Delsol Chantal ; Maslowski Michel ; Nowicki Joanna
CERF
42,90 €
Épuisé
EAN :9782204106429
C'est avec rigueur et minutie que cet ouvrage tente de tracer les contours de l'identité politique et culturelle des peuples situés " entre les Russes et les Allemands " (Milosz, Kundera), membres depuis 2004 de l'Union européenne. Longtemps " rempart " de l'Occident contre les civilisations venant d'Asie, ces puissances régionales ont disparu durant une période de la scène politique pour émerger à nouveau au XXe siècle et contribuer, notamment par leur résistance culturelle, à faire s'écrouler l'empire soviétique. Leur affirmation identitaire s'est cristallisée avant tout dans les symboles et les mythes qui, déchiffrés, peuvent témoigner de l'originalité d'une expérience historique et d'une sagesse particulière, richesse indéniable pour la construction européenne en cours. Une quarantaine de spécialistes reconnus de dix pays ont contribué à ce livre, le premier du genre à dévoiler la puissance politique des symboles identitaires de l'" Autre Europe ". Outil anthropologique efficace pour les spécialistes et les étudiants, il vise aussi un large public cultivé qui s'intéresse au devenir de notre continent.
Résumé : Au tournant de ce siècle, la France voit son identité menacée par un faisceau de facteurs qui concordent pour mettre en péril tout ce qui lui est cher : la victoire du libéralisme sur le socialisme, la construction européenne avec ses implications politiques, économiques et sociales, la mondialisation, le problème corse et généralement le déploiement des particularismes régionaux. Ce qui est en cause : la souveraineté absolue - expression jusque-là redondante mais qui ne l'est plus - ; l'État-providence et le service public à la française ; l'égalité en principe issue de l'uniformité ; et finalement, d'un seul mot, la république, dont on parle sans cesse par crainte de la perdre, comme si l'évocation et l'invocation pouvaient arrimer la chose dans l'épaisseur de la réalité. Cette crise relève d'un face à face entre la république et la démocratie : la France s'est donné depuis longtemps des structures démocratiques, mais elle n'a jamais adopté véritablement l'esprit démocratique. Qu'est-ce que l'identité française, et pourquoi notre situation est-elle particulièrement redoutable ? De quelle manière s'opposent l'unité républicaine et la diversité démocratique, la défiance républicaine et la confiance démocratique ? A quelle constellation de la pensée politique appartient la république moderne, et cette inscription peut-elle permettre de mieux comprendre sa déstabilisation ? Cette déstabilisation correspond-elle à une marche du temps, autrement dit, faut-il voir là une évolution inéluctable ?
«Nous étions quatre pour traverser le siècle fou. A toi l'héritage. Voici le testament qu'elles te laissent. C'est un capital immatériel: ferveur et solitude, rien d'autre.Les moteurs se mirent à ronfler. Le steward passa avec son boniment et ses gilets de sauvetage. L'avion roula très doucement et longea des forêts vert clair, surmontées d'un ciel boréal. A quoi ressemble mon pays? demanda Constance avec inquiétude. Je ne te cacherai pas un détail, dit Flore, qui sortit son portefeuille de son sac, et du portefeuille, sous une masse de cartes d'identité et de sauf-conduits, une lettre jaunie datée du 24 octobre 1956. C'est l'histoire de Julia. Quand tu la connaîtras, tu n'auras plus peur de rien. »
Un zoologiste et ses deux élèves s'enfoncent dans la forêt amazonienne pour aller chercher un batracien méconnu. Ils ne connaissent de cet animal que des promesses d'anomalies savantes. En fait, c'est un monstre, si l'on entend par là l'encontre des normes. Le maître est saugrenu et paisible, les élèves infatigables. Avant de pouvoir enfin disséquer leur phénomène, ils rencontrent un piroguier sans patrie, des indigènes doués pour l'hospitalité, des caïmans aux yeux rouges. Partout on les regarde avec cette condescendance amusée des gens sérieux qui voient passer l'extravagant. Ils déjeunent sur leurs tables de dissection, achètent des poissons morts, dorlotent leurs animaux affreux avec la sollicitude qu'on accorde habituellement à un nourrisson. La science n'avance qu'à force de passions. Mais ce sont des passions insolites, parce qu'elles ne mettent en jeu ni le pouvoir ni l'argent, et recèlent seulement la fascination pour le mystère. Nous avons l'habitude de croire que toute action gratuite vise le loisir ou le don. Ici elle veut percer l'impénétrable. L'expédition scientifique est un voyage initiatique. On peut très bien s'y perdre et ne rien découvrir. Faire l'épreuve de déceptions inattendues. Relativiser l'utilité des connaissances. Et mesurer, d'une toise incertaine, l'envergure de l'inconnu.
Résumé : Le problème, c'est l'obéissance. Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brillante : d'où vient donc notre docilité ? Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? Pour Frédéric Gros, c'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'inventer de nouvelles formes de désobéissance. Sous sa plume, la pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. A l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.
Résumé : Résumons en quelques mots la vulgate, hyperdominante, à laquelle David Graeber s'en prend dans ce livre avec allégresse : la démocratie est une invention occidentale, due aux Grecs de l'Antiquité, puis ravivée aux XVIIE et XVIIIe siècles en Europe et aux Etats-Unis, qui en sont à la fois le berceau et la terre d'accueil par excellence. Non, ce n'est pas la "culture occidentale" qui a fait apparaître et prospérer la démocratie. Bien plus : si l'on entend le mot "culture" au sens anthropologique, il apparaît que la culture occidentale est introuvable. Et si l'on entend par ce mot la culture des lettrés, alors il n'est pas difficile de vérifier que ces derniers, en Occident comme en Orient, se sont constamment opposés à la démocratie. Celle-ci, défend Graeber, ne naît et ne vit en réalité que dans les marges des systèmes de pouvoir : elle est indissociable de l'anarchie. Une réflexion puissante, qui invite à mettre en question de façon radicale nos systèmes politiques contemporains et leur histoire.
En 1989, la chute du communisme est saluée comme une victoire de la démocratie sur l'autoritarisme. Trente ans plus tard, c'est dans cette partie du continent qu'agissent les plus virulents mouvements du populisme européen. Comment comprendre un tel paradoxe ? Une manière d'y répondre est de replonger dans l'histoire. Cette perspective de longue durée est d'autant plus nécessaire que le populisme n'est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l'Europe. Au XIXe siècle, les narodniki russes promettent de sortir la paysannerie de son " arriération " et de la doter d'un droit de cité. Par la suite, les mouvements agraires semblent apporter des réponses au sous-développement et à la difficile construction, dans cet espace, de communautés politiques fortes, et les régimes communistes mobilisent certaines stratégies populistes. Aujourd'hui, les démocraties illibérales remettent en question le mode d'organisation de nos sociétés, issu des Lumières. En redonnant leur épaisseur historique aux dérives populistes à l'oeuvre en Europe centrale et orientale en ce début de XXIe siècle, Roman Krakovsky rappelle combien leur récente poussée peut servir d'avertissement pour le reste du continent.
Quand, le 8 mai 1945, le Troisième Reich s'effondre enfin, on veut croire à la mort du nazisme. C'est pourtant loin d'être le cas : organisations, militants, théories, ils sont nombreux à avoir survécu à la victoire des Alliés. Très vite émerge la crainte de voir se constituer une "Internationale noire" , laquelle va devenir un thème récurrent de l'industrie pop-culturelle - l'organisation Hydra de l'univers Marvel en est aujourd'hui le cas le plus fameux. Le contexte de guerre froide favorise bientôt la construction d'organisations internationales prônant le "nationalisme européen" , voire le "nazisme universel" . Ces mouvements se réfèrent généralement à l'Europe (le Mouvement social européen, le Nouvel Ordre européen, Jeune Europe étant les plus connus), mais il faut encore y ajouter leurs homologues américains, africains, parfois australiens. Le racisme nazi évolue donc vers une idéologie de préservation de la spécificité du "monde blanc" , hélas encore à l'oeuvre aujourd'hui. Grâce à des archives (surtout françaises et américaines) jamais exploitées, le présent ouvrage se propose de suivre ce ballet incessant et halluciné où se mêlent anciens nazis, collabos et jeunes convertis, pour lesquels le "Reich de mille ans" n'en est qu'à ses débuts. Spécialiste de l'extrême droite, Nicolas Lebourg est historien, chercheur associé au CEPEL (CNRS-Université de Montpellier). Cet ouvrage prolonge les travaux qu'il mène depuis 2015 dans le cadre du programme sur l'histoire des fascismes de l'Université George Washington. Il a notamment publié au Seuil avec Jean-Yves Camus Les Droites extrêmes en Europe (2015).