Un livre inventif et informé à mettre entre toutes les mains pour saisir quelques enjeux cruciaux liés à l'Anthropocène. Comment construire quand la crise climatique gronde et que les ressources se raréfient ? A quoi renoncer ? Dans quelles logiques sommes-nous empêtrés ? Quels savoir-faire devrions-nous retrouver et développer, quelles fausses bonnes idées abandonner ? L'architecte Nicola Delon a mis ces questions complexes au coeur de sa pratique. Avec la complicité de Ronan Letourneur et de l'artiste Bonnefrite, il propose ici de s'y confronter avec une grande simplicité, en s'appuyant sur des récits nés de ses expériences, des chiffres précis et éloquents et le dessin immédiatement évocateur de Bonnefrite. Parce que l'heure est grave, les trois compères évitent toute gravité de ton. Dans ce livre qui fourmille d'exemples concrets, ils dynamitent joyeusement les idées toutes faites et proposent d'esquisser un chemin possible et viable vers les vies que nous avons envie de mener. Habiter, énergie, savoir-faire, sol, plafond/plancher, attention : en six grands chapitres, ils traversent d'un pas léger mais décidé les grands enjeux de notre époque. Le lecteur en ressort avec le sentiment d'avoir enfin compris quelques questions véritablement essentielles et le désir têtu de se retrousser les manches.
Rosset Clément ; Delon Nicolas ; Espinosa Santiago
Gilles Deleuze, les vampires, Emil Cioran, Samuel Beckett, le dandysme, Friedrich Nietzsche, Raymond Roussel, Casanova, Arthur Schopenhauer, Jean-Luc Godard, Goscinny & Uderzo, Jean-Paul Sartre, Hugo von Hofmannsthal. Le réel, le double, l'illusion, le tragique, la joie, la musique, la philosophie, la politique, le péché, l'enseignement. Faits divers sont les miscellanées de Clément Rosset: le répertoire désordonné et jubilatoire de ses passions et de ses dégoûts, de ses intérêts et de ses bâillements, de ses tocades et de ses coups de sang ainsi que de la prodigieuse liberté de ton et de pensée avec laquelle il les exprime et les pense. Un des philosophes, un des écrivains les plus singuliers de notre temps revisite les coulisses de son oeuvre. Et vous êtes invités.
De tout temps les hommes ont rêvé de gravir les plus hautes montagnes tel un défi face au vide à la fois vain et magnifique. Les Alpes ont bien sûr été le théâtre régulier des assauts de ces hommes, au point d'être à l'origine du mot alpinisme; durant les années 1880, ces conquêtes furent l'objet d'une formidable compétition symbolisées par les aiguilles de Chamonix. S'inspirant des écrits d'Albert Frederick Mummery (1855-1895) considéré comme l'inventeur de l'alpinisme moderne, Nicolas Debon signe un ouvrage, à la fois grave et savoureux, qui est aussi un sublime hommage à la montagne.
Le Portugal est une terre riche de savoir-faire et de traditions culinaires. Nous sommes partis à la rencontre d'une douzaine de chefs portugais, de Paris à Lisbonne en passant par Porto, afin de vous proposer un voyage aux saveurs lusitaniennes. Chacune des personnalités qui ont fait ce livre évoque une petite parcelle de pays, quelques morceaux de vie, et ont partagé avec nous le goût des bons produits du terroir, épicés et colorés. Découvrez aussi de belles adresses de conserveries, de pastelarias, d'épiceries typiques et incontournables, et des lieux tendances comme la brasserie urbaine Musa et le restaurant Prado. La cuisine portugaise ne se veut pas seulement traditionnelle avec ses Caldo verde, Bacalhau à brás, ou Pasteis de nata, elle innove aussi avec des recettes modernes et pétillantes comme la salade de poulpe das Beiras, la Morue comme un tartare, ou encore les Queijadas comginja. Alors, régalez-vous !
Le récit très documenté de la manière dont la pandémie a renforcé l'économie de la surveillance, par le journaliste le plus informé de ces questions. " En janvier dernier, je publiais A la trace, une cartographie que j'espérais complète des acteurs et des enjeux de la surveillance contemporaine. Quelques mois plus tard, la pandémie de Covid-19 offrait un cas d'usage frappant des dispositifs que je m'étais efforcé de décrire. Elle commandait un complément aux réfléxions que je venais de faire paraître. Je ne pense pas que la crise marque une rupture dans le déploiement des technologies de contrôle. Au contraire, elle assoit leur légitimité en accélérant leur banalisation. On a vu des officines de toutes tailles, hier positionnées sur le juteux secteur de la sécurité, pivoter vers un nouvel impératif, celui de la traque des corps malades - un levier encore plus puissant que la lutte contre le terrorisme. L'américain Palantir, fondé après le 11-Septembre grâce au fonds d'investissement de la CIA, a délaissé les agences de renseignement pour démarcher les autorités sanitaires britanniques, françaises ou allemandes (avec des fortunes diverses) ; l'israélien NSO, qui vend toute l'année des logiciels espions à des régimes autoritaires pour surveiller opposants et journalistes, a voulu calculer le score de contagiosité des habitants de l'Etat hébreu ; en France, le petit Datakalab déploie ses caméras dans les rues de Nice ou le métro parisien, capables non plus de détecter des comportements suspects mais de vérifier le port du masque et le respect de la distanciation ont développé des applications de traçage, de "suivi des contacts', misant sur le numérique pour endiguer la course du virus. Dans le ciel, des drones sortis d'un futur proche ont fait respecter le confinement. Le moment a offert une vue panoramique sur cette montée en régime des dispositifs de surveillance. Chaque phase de la crise s'est accompagnée de ses réponses technologico-politiques et de ses sous-traitants, en accélérant et en révélant des tendances qui lui préexistaient, comme la militarisation de l'espace public ou la mise sous tutelle du domicile. On me demande souvent s'il faut craindre la généralisation d'une surveillance dite de masse ; et s'il s'agissait plutôt d'une massification de la surveillance ? " Olivier Tesquet
Comment s'entraîne un athlète de la mémoire ? A quelle gymnastique mentale se plie-t-il pour réussir à retenir des séries de centaines de chiffres ou d'images sans difficulté? Surtout, quels enseignements pouvons-nous en tirer dans notre vie quotidienne ? Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire 2015 et formateur en mémorisation, a isolé les facultés fondamentales qui sont au coeur de son entraînement. Quelles sont-elles ? L'attention, sans laquelle rien n'est possible ; l'acuité de nos perceptions, qui imprègnent notre mémoire ; l'imagination, qui permet de relier l'inconnu au connu ; et enfin l'observation, grâce à laquelle nous pouvons suivre nos progrès. Ce sont ces facultés fondamentales qu'il s'agit d'éveiller pour mémoriser - et donc apprendre - facilement et efficacement. A l'aide de programmes d'entraînement spécifiques (pour améliorer sa maîtrise d'une langue étrangère ou associer des noms et des visages, par exemple) et d'une myriade d'exercices qui permettent au lecteur de se tester et de progresser, l'auteur d'Une mémoire infaillible, renouant avec les arts de mémoire antiques, nous invite à cultiver l'art du jeu.
Incendies en Californie, au Canada, en Catalogne... Les feux de forêts prennent depuis quelques années une ampleur telle que nous parlons désormais de "mégafeux". D'une étendue et d'une puissance sans précédent, nul ne parvient à les anticiper et à les contrôler ; sautant pardessus les obstacles, ils s'attaquent désormais aux zones d'habitation. A l'heure de la crise écologique, nous dit Joëlle Zask, ils révèlent l'ambiguïté fondamentale du rapport que nous entretenons avec la nature. Une nature idéalisée mais que l'on s'évertue à vouloir dominer. D'un côté, on gère les forêts de manière industrielle, quitte à renforcer le risque et la gravité d'incendies auxquels on répondra par une "guerre du feu" tout aussi industrielle et, le plus souvent, vaine. De l'autre côté, fantasmant un retour aux sources, on construit dans les bois des cabanes sans clairière qui flamberont à la première étincelle. En cela, les mégafeux sont le symptôme d'une société malade. Un symptôme dont la gravité peut nous aider à repenser nos interactions avec une "nature" qui n'est jamais que le résultat des soins attentifs que les êtres humains prodiguent, depuis des millénaires, à leur environnement. C'est cette attention qu'il est urgent de retrouver.
Après Le Coureur et son ombre, unanimement salué par la critique, Olivier Haralambon brosse une galerie de portraits de cyclistes imaginaires. Un texte qui prend sa source dans le monde du vélo mais dont chaque ligne touche à l'universel. " Il s'est entiché de son vélo comme on s'attache à une machine, et il s'entraîne non pas pour gagner, mais pour stagner : s'étant bâti de muscle, pour rester cet ouvrier qu'il aurait dû être. Ou il est un champion moderne. Il s'entraîne selon les méthodes et la morale de son époque, il communique adroitement sur les réseaux sociaux et soigne son image. Champion, il est aussi ce corps qui passe dans la foule, et qui ne fait que passer, objet d'un désir impossible. Il prend sa retraite et se reconvertit dans une existence forcément plus ordinaire. Alors il regarde ses vieux maillots comme ses propres reliques, comme l'évocation sacrée de celui qu'il n'est plus ". Ils sont au nombre de douze. Douze cyclistes, en selle ou non, jeunes ou retraités, glorieux ou las, champions modernes gérant leur image sur les réseaux sociaux, anciennes vedettes caressant le maillot de leurs victoires passées, hommes - et quelques femmes - pédalant pour une raison qu'ils ignorent parfois eux-mêmes. Certains reconnaîtront dans ces croquis quelques personnalités du cyclisme. Les autres y trouveront des fils, des pères, des amants, et le vertige de la littérature.