Olivier Delognon est graphiste, typographe et docteur en histoire de l'art. Il enseigne à l'Ecole supérieure d'art de Mulhouse et à l'Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. II a assuré le commissariat de plusieurs expositions, dont les dernières en date sur la xylographie aux XVe et XVIe siècles et sur la gravure ancienne et moderne: "Les Maîtres des ombres et de la lumière", bibliothèque Hendrick Conscience, Anvers, 2008, et "D'intailles, d'encre et de lumière", médiathèque, Mulhouse, 2009. Ses dernières publications comprennent notamment "Tory et l'invention de l'architecture du livre", in Pascal Fouché et al. (dir.), Dictionnaire encyclopédique du livre, tome 3, Paris, Cercle de la librairie et "La structure édifiante. Formes et usages de représentations architecturales dans le livre renaissant", Actes du colloque international Max Planck institut - EPHE "Architectura Picta", in S. Frommel et G. Wolf (dir.) (à paraître). Alena Kubova-Gauché est maître assistant en histoire et cultures architecturales à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Lyon. Architecte-ingénieur, elle est chercheur au sein du laboratoire de MHA, ENSA de Grenoble, et membre du Groupe de recherche sur la culture de Weimar, Maison des sciences de l'homme, Paris. Elle a assuré le commissariat des expositions "Un salon tchèque: architecture contemporaine et design en République tchèque" (2002) et "Partizanske: réinventer la ville fonctionnelle" (Biennale internationale du design, Saint-Étienne, 2004). Elle est l'auteur de L'Avant-garde architecturale en Tchécoslovaquie, 1918-1939, Liège, Mardaga, 1992, et Prague du XXe siècle. Architecture et ville avec Jana Claverie, Paris, Terrail, 2002, ainsi que de plusieurs textes sur la modernité architecturale à Vienne et à Prague. Caroline Maniaque, titulaire d'un doctorat en architecture, est architecte et historienne de l'art. Elle est maître de conférences à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Malaquais. Commissaire déléguée au Centre Pompidou entre 1994 et 1997 pour l'exposition "L'Art de l'ingénieur", elle a publié de nombreux essais sur la culture architecturale savante des années 1950 et sur la culture alternative nord-américaine des années 1960. Au cours de sa résidence au Centre canadien de l'architecture (CCA) à Montréal en 2007 et 2008, elle a parachevé un ouvrage sur les architectes européens et la contre-culture nord-américaine. Son livre Le Corbusier et les maisons Jaoul: projets et fabrique (Paris, Picard, 2005) a reçu le Prix national du livre d'architecture de Briey et est publié en anglais par Princeton Architectural Press (2009). SONIA DE PUINEUF est docteur en histoire de l'art. Ses recherches portent sur les années 1920-1930, à travers notamment l'art des avant-gardes, le graphisme, la ville et l'architecture, domaines dont les aspects contemporains retiennent également son attention. Boursière du Centre allemand d'histoire de l'art à Paris en 2006-2007, elle a récemment publié "Au commencement était l'alphabet. L'avant-garde internationale en quête de la langue universelle, 1909-1939", Cahiers du musée national d'Art moderne, n° 102, hiver 2007-2008, p. 36-63, ainsi que Karel Teige: Liquidation de l'art (choix de textes de Karel Teige des années 1924-1928 sur le poétisme et le constructivisme, dont elle a assuré la traduction, l'édition et la préface), Paris, Allia, 2009.
Par le texte et l'image, ce vaste panorama historique et culturel nous rappelle pourquoi et comment, du XVe siècle à aujourd'hui, le livre imprimé n'a cessé de révolutionner les pratiques d'écriture et de lecture, les langues et l'univers des images, et marquer matériellement et idéologiquement les sociétés, les imaginaires et les mémoires.
Résumé : "L'art de l'imprimeur consiste à effectuer une double impression, sur le papier et dans l'esprit." L'invention au XVe siècle (par Gutenberg ? pas si simple...) de la typographie - ou le procédé qui consiste à déposer de l'encre sur un support à l'aide de caractères mobiles métalliques - a profondément bouleversé la production et la diffusion des écrits. Art merveilleux d'inspiration divine et "antithèse de l'artillerie" pour Rabelais, elle a aussi été de longue date accusée de pervertir les âmes et de propager les idées séditieuses... Et, entre les "gens du livre" qui maîtrisent la technique et les lecteurs toujours plus nombreux, se dressent les pouvoirs religieux et politiques, soucieux de ce qui s'imprime et surtout de ce qu'ils ne souhaitent pas voir imprimé. On verra dans ce livre s'affronter des usages et des perceptions contrastés de l'imprimerie à travers le temps : entre les tumultueux compagnons imprimeurs du ivre siècle, leurs patrons et le roi ; entre catholiques et réformés ; ou chez des artistes et intellectuels allemands va-t-en-guerre en 1914... On verra opérer les censures et "mises à l'Index" qui la menacent, mais aussi l'"ingénierie du consentement" qu'elle permet, la force de persuasion des rotatives au siècle de la presse. On verra enfin se renouveler les formes des imprimés entre les mains des premiers typographes, de moines bénédictins autodidactes dans les années 1950, ou des irréductibles artisans des fanzines contemporains.
Approche didactique de ce symbole rarement étudié. Présentation de sa place et de sa fonction dans le combat de la lumière contre les ténèbres, ainsi que son rôle dans la transmission initiatique.
Observant que le grand mérite de la Franc-Maçonnerie est d'avoir conservé une tradition de la Lumière, l'auteur présente une étude des fondements de cette affirmation. S'appuyant sur les notions symboliques et sur les thèmes les plus familiers des loges de la Franc-Maçonnerie se réclamant de la tradition des bâtisseurs, cet ouvrage révèle la multiplicité des aspects du rattachement de ces loges à cette tradition. Si ce rattachement trouve son assise dans un mythe de création d'essence lumineuse transmis par les anciens, les rites pratiqués prennent une importance majeure, et le rôle symbolique du Vénérable Maître est déterminant. Ainsi cet ouvrage est-il une sorte de guide de voyage pour les adeptes et pour les loges choisissant la Lumière comme mystère, comme matière première de l'oeuvre, comme processus de création à incorporer.
S'appuyant sur le postulat de Ju ? rgen Habermas selon lequel la modernité est un "projet inachevé" , Robin Kinross situe les débuts d'une véritable pratique moderne de la typographie aux alentours de 1700, avec la publication, en Angleterre, du premier traité de typographie, les Mechanick exercises (1683-1684) de Joseph Moxon, et la création du romain du roi en France. Il livre ici une histoire de la typographie moderne envisagée dans un sens large, bien au-delà du modernisme formel, en privilégiant les démarches et les praticiens qui, en Europe ou aux Etats-Unis, ont su articuler savoir et pratique - à l'instar des réformateurs anglais ou des membres de la nouvelle typographie. En prenant en compte les avancées techniques et le contexte dans lequel les typographes opèrent, Robin Kinross met ainsi l'accent sur les aspects sociaux, politiques, techniques et matériels qui informent leur pratique. L'originalité de cet essai se situe à plusieurs niveaux : récit vivant et critique des développements de la typographie au cours des siècles, il est enrichi par des exemples représentatifs, rarement montrés auparavant, et propose une ouverture pour d'autres investigations.