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Les jacarandas de Téhéran
Delijani Sahar
ALBIN MICHEL
21,90 €
Épuisé
EAN :9782226256164
Extrait Azar était assise sur le plancher en tôle d'une camionnette, blottie contre la paroi. La rue sinueuse faisait tanguer le véhicule de gauche à droite, la projetant d'un côté, puis de l'autre. De sa main libre, elle s'accrocha à quelque chose qui semblait être une barre. Son autre main était posée sur son ventre proéminent et dur, qui se contractait sous l'effort. Sa respiration était hachée, irrégulière. Une vague de douleur surgit de sa colonne vertébrale et explosa dans tout son corps. Azar, le souffle coupé, saisit le tchador qui l'enveloppait, et le serra très fort. Chaque virage la jetait contre la paroi. Chaque bosse, chaque nid-de-poule la projetait vers le toit. Elle s'imaginait l'enfant en elle raidi et tétanisé. La transpiration mouillait le bandeau qui recouvrait ses yeux. Elle essuya la sueur. Bien que seule à l'arrière de la camionnette, elle n'osait retirer ce bandeau. Elle savait qu'il y avait une vitre derrière elle. Elle l'avait sentie sous ses doigts lorsqu'elle était montée. À tout moment la Soeur pouvait se retourner et la regarder par cette vitre. Et si la voiture s'arrêtait brusquement, Azar n'aurait jamais le temps de le remettre. Elle ne savait pas ce qui se passerait s'ils découvraient qu'elle avait les yeux ouverts, et elle préférait ne pas le savoir. Par moments, elle essayait de croire que la peur qui s'était infiltrée en elle, poisseuse, n'avait pas lieu d'être. Personne n'avait jamais levé la main sur elle, ni ne l'avait bousculée ou menacée. Elle n'avait aucune raison d'être terrifiée, d'avoir peur de ces Soeurs et de ces Frères, aucune raison tangible. Mais il y avait ces cris qui ébranlaient les murs de la prison. Ces cris qui déchiraient le silence des couloirs vides, réveillant les prisonniers la nuit, interrompant les conversations tandis que les détenus se distribuaient les rations de nourriture, les obligeant à se taire, mâchoires serrées, membres raidis, jusqu'au soir. Personne ne savait d'où ils provenaient. Et personne n'osait demander. Mais c'était bien des hurlements de douleur, ça, ils en étaient sûrs. Car on ne pouvait confondre des hurlements de douleur avec d'autres cris. C'était les plaintes d'un corps qui ne s'appartenait plus, abandonné, réduit à une masse informe, dont le seul signe de vie restait la force avec laquelle il fracassait le silence à l'intérieur des murs de la prison. Et aucun d'eux ne savait quand viendrait son tour, quand il serait happé lui aussi par le corridor, et qu'il ne resterait de lui que des cris. Alors, ils vivaient, attendaient et obéissaient aux ordres, patientant sous un nuage lourd de menaces dont tous savaient qu'ils ne l'éviteraient pas éternellement. Par une toute petite ouverture quelque part au-dessus de sa tête, le tapage étouffé de la ville qui se réveillait s'infiltra dans l'habitacle. Des volets qu'on ouvrait, des coups de klaxons, des rires d'enfants, le marchandage des vendeurs de rue. Par la fenêtre, elle entendait aussi par moments le bavardage et les rires venant de l'avant de la camionnette, bien que les mots ne soient pas identifiables. Elle ne discernait que les gloussements de la Soeur en réaction à quelque chose que l'un des Frères venait juste de raconter. Azar tenta de chasser les voix de la camionnette en se concentrant sur la rumeur du dehors, celle de Téhéran, sa ville bien-aimée, qu'elle n'avait vue ni entendue depuis des mois. Elle se demandait si, avec l'interminable conflit avec l'Iraq qui entrait dans sa troisième année, la cité avait changé. Les flammes de la guerre atteignaient-elles déjà Téhéran ? Est-ce que les gens quittaient la ville ? On aurait dit, d'après les bruits de la rue, que tout continuait comme avant, dans le même chaos, le même vacarme de la lutte et de la survie. Elle se demanda ce que ses parents pouvaient bien faire en ce moment. Sa mère patientait sans doute dans la queue de la boulangerie. Son père enfourchait sa mobylette pour se rendre au travail. À la pensée de ses parents, elle sentit sa gorge se serrer. Elle leva la tête, ouvrit grand la bouche et tenta d'avaler un peu de l'air qui filtrait par l'ouverture.
Résumé : Téhéran, 1983. Neda naît dans la prison d'Evin. Elle est arrachée à sa mère quelques semaines plus tard. Alors qu'il a 3 ans, Omid est témoin de l'arrestation de ses parents dissidents. Comme d'autres enfants de prisonniers politiques, Neda et Omid seront élevés par leurs proches, à l'ombre des jacarandas, ces arbres violets flamboyants qui berceront leur enfance. Vingt ans après, leur génération porte toujours le poids du passé, au moment où commence une nouvelle vague de protestations et de luttes politiques... Inspirée par sa propre histoire, Sahar Delijani raconte l'itinéraire de trois générations d'hommes, de femmes et d'enfants, épris de poésie, de justice et de liberté.
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
Nuri est apiculteur, sa femme, Afra, est artiste. Ils vivent tous deux avec leur jeune fils, Sami, dans la magnifique ville d'Alep, en Syrie. La guerre éclate et ravage tout, jusqu'aux précieuses ruches de Nuri. Et l'inimaginable se produit. Afra ne veut plus bouger de sa chambre. Pourtant, ils n'ont pas le choix et Nuri déploie des trésors d'affection pour la convaincre de partir.Fous de douleur, impuissants, ils entament alors un long périple où ils devront apprendre à faire le deuil de tout ce qu'ils ont aimé. Et apprendre à se retrouver, peut-être, à la fin du voyage, dans un Londres où les attendent des êtres proches. Pour reconstruire les ruches et leur vie.Christy Lefteri est née à Londres de parents chypriotes. Elle anime un atelier d'écriture à l'université Brunel. L'Apiculteur d'Alep, son deuxième roman, lui a été inspiré par son travail de bénévole dans un camp de migrants à Athènes."Derrière l'immense tragédie impersonnelle des réfugiés, Christy Lefteri fait émerger une histoire personnelle subtile et bouleversante." Kirkus Review"Impossible de ne pas être touché par cette ode à l'humanité." The GuardianTraduit de l'anglais par Karine Lalechère
Résumé : "Ce sera un essai-roman [...]. Il devra tout englober, sexualité, éducation, manière de vivre, de 1880 à nos jours ; et mettre à franchir les années toute l'agilité et la vigueur du chamois qui bondit par-dessus les précipices. C'est l'idée générale, en tout cas, et cela m'a plongée dans un tel brouillard, une telle ivresse, un tel rêve que, déclamant des phrases, et voyant des scènes alors que je remonte Southampton Row, je me demande si j'ai tant soit peu vécu sur terre depuis le 10 octobre. Comme pour Orlando, tout se précipite de soi-même dans le courant". Journal 1915-1941, 2 novembre 1932, à propos des Années.
Avant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme "Front de lune" , accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.
George Orwell's dystopian masterpiece, Nineteen Eighty-Four is perhaps the most pervasively influential book of the twentieth century, making famous Big Brother, newspeak and Room 101.'Who controls the past controls the future: who controls the present controls the past'Hidden away in the Record Department of the sprawling Ministry of Truth, Winston Smith skilfully rewrites the past to suit the needs of the Party. Yet he inwardly rebels against the totalitarian world he lives in, which demands absolute obedience and controls him through the all-seeing telescreens and the watchful eye of Big Brother, symbolic head of the Party. In his longing for truth and liberty, Smith begins a secret love affair with a fellow-worker Julia, but soon discovers the true price of freedom is betrayal.Eric Arthur Blair (1903-1950), better known by his pen-name, George Orwell, was born in India, where his father worked for the Civil Service. An author and journalist, Orwell was one of the most prominent and influential figures in twentieth-century literature. His unique political allegory Animal Farm was published in 1945, and it was this novel, together with the dystopia of Nineteen Eighty-Four (1949), which brought him world-wide fame. All his novels and non-fiction, including Burmese Days (1934), Down and Out in Paris and London (1933), The Road to Wigan Pier (1937) and Homage to Catalonia (1938) are published in Penguin Modern Classics. If you enjoyed Nineteen Eighty-Four, you might like Orwell's Animal Farm, also available in Penguin Great Orwell.'His final masterpiece... enthralling and indispensible for understanding modern history'Timothy Garton-Ash, New York Review of Books'The book of the twentieth century... haunts us with an ever-darker relevance'Independent