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Paul Gauguin. Etrange attraction
Delaive Serge
ESCAMPETTE
13,20 €
Épuisé
EAN :9782356080288
Je tiens beaucoup à ce texte mais j'ignore s'il est publiable... Après être passé par une phase initiatique et aussi une longue et douloureuse période de doute, je voulais interroger la problématique identitaire. Sans trop parler de moi. À travers l'acte créateur. Pour plusieurs raisons, j'ai pensé que le tableau de Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, convenait à ce travail. L'oeuvre connue permet aussi d'aborder, sans avoir l'air d'y toucher, quelques questions politiques. Le texte se veut une flânerie et pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, puisque c'est de cela justement qu'il s'agit..." Serge Delaive, lettre à l'éditeur du 28 octobre 2009. " J'ai reçu ton manuscrit avant-hier, l'ai lu hier et te dis aujourd'hui que je l'aime beaucoup. Je l'aime beaucoup pour son écriture, sa construction et la profondeur de sa pensée. J'aime cette façon d'avancer d'une démarche légère avec, dans sa besace, les questions les plus essentielles qui soient ". Réponse de l'éditeur à Serge Delaive du 2 novembre 2009.
A partir d'un carnet de voyage remonté à la surface et dephotographies prises sur place durant l'été 2009, Serge Delaivenous invite à le suivre lors de son troisième séjour dans cepays que l'on nomme par défaut Corée du Sud, à la foistellement accessible et ouvert, mais aussi "secret le mieuxgardé d'Asie", comme le proclame la sagesse populaire. Lorsdes deux précédents séjours, l'auteur avait parcouru le paysavec sa compagne, native de Séoul, membre de cette diasporad'enfants adoptés au cours des années 1960 et 1970, répanduedans tout l'Occident. Cette fois, le couple emmène fils et fille àla découverte de la moitié de leur sang ainsi qu'à la rencontrede leur grand-mère naturelle retrouvée cinq ans plus tôt. Ancrédans l'impossibilité et la disponibilité constitutives du voyage,ce livre nous transporte touche par touche dans les traces del'auteur et de sa famille, enfermés dans leur différence,réceptifs aux différences, parallèles à la Corée du Sud. Unemarche à pas de loup vers ce pays qui se refuse avec uneaffabilité tout orientale et dont l'attrait complexe méritelargement d'être abordé.
Lunus fouille les directions contradictoires du temps. Il accompagne du regard le tracé sinueux d'un mur d'adobe qui s'étire à travers la plaine. Les trois lignes de l'horizon tremblent dans le lointain. Un entrepôt recouvert de torchis blanc se détache d'un pan de ciel. Deux balafres parallèles suppurent là-haut. La cicatrice de fumée court rectiligne au zénith. Elle fractionne la voûte en hémisphères jumeaux puis se dilue dans la matière monochrome. Silencieux, le scalpel de l'avion scintille et découd patiemment la suture invisible vers son point de fuite. Lunus baisse les paupières. Lentement, il décompte : trois, deux, un. Son regard le devance à la vitesse de la lumière... " Dans ce roman gigogne, récit de voyage ou récit initiatique, Serge Delaive cherche-t-il à nous égarer pour nous retrouver ensuite ? On suit la trace de Lunus et puis, soudain, on se demande où l'on est vraiment. En Patagonie ? Au Café Europa, dans une ville d'Europe du Nord ? Au milieu du désert avec Guadalupe de Valparaiso ? Réflexion sur le temps et les soubresauts de la mémoire à travers le maillage d'un récit élaboré, Café Europa nous plonge dans une spirale où, pour notre plus grand plaisir, la prose côtoie la poésie, les annotations et l'essai historique.
L?oeuvre de Serge Delaive, Liégeois pérégrinant de l?Argentine à la Corée, se construit, tantôtpoèmes, tantôt romans (il a reçu le prix Rossel en 2009 pour son roman Argentine). Mais c?esttoujours sur le voyage qui nous ramène à la solitude essentielle, que s?ancrent ses textes. D?unbout à l?autre des continents, dans l?apogée ou le déclin des civilisations, l?homme ne change pas etchemine sur le vide: « Nous marchons des heures et des heures / nous parcourons des distancesprodigieuses / à travers les montagnes les étendues blanches / les forêts sombresl?enchevêtrement urbain / il nous arrive parfois de nous retourner / pour évaluer la réalité du trajetparcouru / alors nous cherchons l?empreinte de nos pas / et chaque fois nous posons un constatidentique / il ne reste aucune trace pas le moindre indice de notre passage sur la surface écailléede la sphère étrange ».
Un homme sans nom, à la recherche de sa mémoire, un enfant, une femme, une ourse et Ney. Cinq personnages, peut-être quatre, peut-être un seul en train de rêver, se frôlent en quête de réponses à des questions informulées dans ce récit atemporel, rythmé en courts chapitres. L'espace et les époques se mêlent entre les sommets des montagnes et l'océan. Le mystère reste entier. Au lecteur d'en démêler les fils. L'auteur de Café Europa réécrit ici de fond en comble un récit qu'il avait publié jeune sous pseudonyme. Les obsessions présentes dans Café Europa et Le Livre canoë réapparaissent dans des paysages glacés. Tout est signe. Les empreintes sur la neige ou sur le sable, comme le nombre des vagues, comme les gestes des hommes, comme l'écriture qui griffe la page blanche. Mais si tout est signe, comment les interpréter, comment les déchiffrer? Dans ce très beau livre, énigmatique et dense, Serge Delaive montre une nouvelle fois son grand talent d'écrivain.
En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu'elles se produisent; elles se produisent parce qu'elles sont racontées. Gaétan Soucy adhère à cette foi en la fiction. Écrivain le plus brillant de sa génération, indiscutablement l'un des flambeaux de la littérature contemporaine en langue française, il n'a cessé d'insister sur la nature thaumaturgique de la narration. La littérature crée un modèle du monde afin que nous ayons la possibilité d'explorer le monde réel, mais il revient au lecteur de créer ses propres cartes et de déterminer son propre itinéraire.
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
La recherche du nom et de l'identité, la crédibilité de l'homme dans le monde, sont les préoccupations majeures de ce livre grave aux images parfois oniriques, et non dépourvu d'un certain humour. Biographie: Abraham Elishama est né à Nancy. La découverte, puis l'approfondissement de son identité juive l'amènent très vite à s'installer à Jérusalem, où il adopte la nationalité israélienne. Actuellement, il réside à Toulouse avec sa famille.
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.