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Sartre. Une écriture critique
Deguy Jacques ; Alluin Bernard
PU SEPTENTRION
22,00 €
Épuisé
EAN :9782757401217
Ce livre veut rendre à Sartre la place qui lui revient dans la critique littéraire du XXe siècle. Une place paradoxale. Il renia l'héritage de Taine et Lanson, mais ne fut pas toujours contre Sainte-Beuve. Il s'appuya sur des sciences humaines comme la psychanalyse ou le marxisme, mais au prix de leur détournement. Sartre a publié au début de sa carrière des articles de "vraie" critique commandés par des revues littéraires aussi prestigieuses que La NRF. Ils offrent, entre autres aperçus, une poétique complète du roman nouveau, bien avant les manifestes du Nouveau Roman. On y trouve un éreintement programmé de Mauriac, un compte rendu ambigu de L'Etranger de Camus, une complice référence à l'ami Paul Nizan. Dans les écrits intimes de la même période (lettres et carnets), on voit aussi à quel point Sartre fut un lecteur insatiable. Dans Qu'est-ce que la littérature? il analysera en philosophe cet acte de lecture, préfigurant l'esthétique de la réception d'après 1970. Les manuscrits des Mots témoignent de la culture de leur auteur, et de la lutte qu'il mena pour ne pas se laisser aliéner par cet héritage livresque, obstacle au monde réel. À propos des autres ou de lui-même, Sartre s'est toujours demandé: comment devient-on écrivain au lieu de rêver d'être un "chef"? Son rapport à De Gaulle donne un début de réponse, dans des textes où la critique tourne à la polémique politique, composante incontournable de l'oeuvre après la guerre.
J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie". Ce célèbre début d'Aden Arabie, réédité en 1960 avec la lumineuse préface de Sartre, demeure une référence commode pour évoquer Paul Nizan, l'écrivain engagé, le communiste fervent, l'éternel révolté. La présente entreprise éditoriale, menée par Anne Mathieu en quatre volumes, nous invite à aller plus loin, en saisissant comment s'incarne cette révolte dans le détail d'une écriture quotidienne. Pour la première fois, on pourra lire dans leur ordre chronologique tous les articles de Nizan donnés à des revues, des périodiques et des journaux. Ce volume réunit les textes de jeunesse et les premiers "papiers" du militant, de 1923 jusqu'à 1935, date du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture. À travers eux se dessine le cheminement esthétique, politique et littéraire d'un auteur pour qui "toute littérature est propagande", y compris la note de lecture ou le reportage. L'heure de la rupture avec le Parti, qui interviendra au moment de la signature du pacte germano-soviétique de 1939, n'a pas encore sonné: sous la plume incisive d'un communiste alors orthodoxe revivent certains combats d'une France de l'entre-deux-guerres qui voit la montée des fascismes. Avec la découverte exhaustive de Nizan journaliste, c'est aussi la redécouverte du journalisme selon Nizan que nous offrent ces articles. À la jonction de la politique, de l'éthique et de l'écriture, ils tendent à remplir, comme le demandait leur auteur, la mission difficile d'"historien de l'immédiat". J. D.
Ce livre regroupe tous les recueils de Michel Deguy publiés de 1960 à 1980 et remplace les deux volumes précédemment parus en Poésie/Gallimard sous les titres Ouï dire et Poèmes II. Une préface inédite, en forme de manifeste, offre une analyse saisissante du fait poétique tel que l'auteur le perçoit désormais. C'est que le parcours en poésie de Michel Deguy s'est développé d'abord comme un passage du simple au complexe pour aboutir à une forme de maîtrise de la complexité. Aux paysages de la terre qu'il faut arpenter et repérer s'adjoignent les sites, les strates, les agencements du langage qu'il faut d'un même mouvement explorer et comprendre afin de signifier autrement. Ce défi ne vise nullement à la fin de la langue, qui s'apparenterait à la fin d'un monde, il cherche au contraire la résurgence, le retour de l'urgence initiale, le rythme capable de susciter avec les premiers mots un seuil de reconnaissance et de résistance au non-dire du bavardage ambiant. C'est un périple obstiné qui s'apparente à une opération de survie : exploration érudite qui place tout son élan dans un questionnement sans repos, dans un vertige en quête d'espace et de sens. A quoi concourent les mots d'un vocable donné ? Pour qui vont-ils sonner ou chanter ? Et qu'en est-il des bruits de la tribu ? S'interrogeant sur les destinations possibles du poème, Michel Deguy ouvre le champ à l'infini plutôt que de le baliser. Le destin de la poésie lui apparaît errance inéluctable, course sans illusion, passage de l'ère des prophéties, des envoûtements, aux temps de dépossession. La responsabilité des poètes est néanmois engagée, et quasi absolue : proies de l'éphémère, ils ont pouvoir, ni plus ni moins, d'éveiller en l'homme jusqu'aux forces contraires qui fabriquèrent les dieux.
Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine Ces vers du "Pont Mirabeau", comme ceux de "La Chanson du mal-aimé" ou de "Zone", tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littéraire d'Apollinaire, et un grand classique de la poésie. Toutefois, ce classicisme ne doit pas faire oublier qu'en son temps ce recueil constitua une véritable révolution poétique : après Rimbaud, Apollinaire transforme toutes les règles d'un lyrisme devenu vieillot à son goût. Il faut pouvoir chanter le monde, jusque dans sa réalité la plus crue, mais aussi jusque dans ses progrès les plus récents : la tour Eiffel ("Zone") côtoiera donc les cellules de la prison de la Santé ("À la Santé"). Sur ce modèle se succéderont alors la mort, la fuite du temps et surtout l'amour : tantôt lumineux, tantôt obscur, mais toujours au centre de ces ivresses poétiques. Avec Alcools, Apollinaire deviendra le modèle de tous les poètes à venir, et en particulier des surréalistes. --Karla Manuele
Baudelle Yves ; Deguy Jacques ; Morzewski Christia
Monique Gosselin-Noat, qui fut professeur de littérature française à l'Université Charles-de-Gaulle - Lille 3 puis à Paris X-Nanterre, a su conquérir au cours de ses cinquante ans de carrière l'estime unanime de ses collègues et l'attachement indéfectible de ses étudiants, notamment ceux dont elle a dirigé la thèse. Sur le plan scientifique, elle est depuis longtemps reconnue comme l'une des toutes meilleures spécialistes de Bernanos, mais son rayonnement de chercheur dépasse son auteur de prédilection. Elle qui fut vice-présidente de la Société d'étude de la littérature française du XXe siècle a en effet publié sur tous les grands romanciers de l'époque, laissant une oeuvre qui brille non seulement par son étendue, mais par la remarquable conjugaison d'une poétique et d'une phénoménologie. Dans l'hommage que lui rendent ici ses anciens collègues, ses disciples, ses amis, on reconnaîtra de très nombreuses signatures de premier plan. Rigoureusement organisé suivant un plan chronologique qui a la profondeur de champ d'une histoire littéraire, le présent ouvrage rassemble des compétences rarement réunies autour d'une question commune, que Monique Gosselin-Noat n'a cessé de poser alors même que sa génération, d'obédience formaliste, l'avait écartée comme oiseuse, sinon métaphysique : quelle sorte de vérité peut donc nous livrer la littérature ?
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.