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Sainte Lacrymonie
DeForge Michael
ATRABILE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782889231607
Jackie ne respire pas vraiment la joie de vivre, bien au contraire. Perpétuellement morose, Jackie est ce que l'on pourrait considérer comme un " artiste raté ". Et pourtant Jackie est exceptionnel — c'est en tout cas ce que pensent les extra-terrestres qui vont le kidnapper, car Jackie est tout simplement la personne la plus triste du monde, un état qui éveille la curiosité des visiteurs d'outre espace et en fait un parfait sujet d'étude scientifique. De retour sur Terre, et malgré les groupes de soutiens — remplis de cinglés, freaks et autres conspirationnistes —, Jackie ne peut se défaire d'une question somme toute bien compréhensible : "Qu'est-ce qu'il m'est arrivé exactement ? " Sainte Lacrymonie est la nouvelle dinguerie de Michael DeForge, sans doute l'un des auteurs les plus innovants apparus ces vingt dernières années, un ouvrage que l'auteur même considère comme " l'un de ses plus autobiographiques ". On retrouve ici son amour pour l'expérimentation formelle, sa maîtrise de la narration et sa prose limpide à l'humour mordant.
Le titre de poète cosmique va comme un gant à Eschyle. Il est cosmique par son oeuvre immense (90 drames, selon la Souda) : le point est fait sur L'Eschyle perdu. Il est cosmique, parce que le monde est présent sur la scène de son théâtre : l'étude est menée à travers le thème structurel. Il est cosmique par la permanence et la transcendance du Divin c'est la religion d'Eschyle qui est cernée, les personnes des dieux, les dieux dans l'âme humaine, les dieux source de tout. Eschyle est le poète d'une ontologie panthéiste et d'une unité cosmique qui s'inscrivent dans la chaîne continue des enseignements ésotériques. Il faut refuser les approches dichotomiques qui, en général, marquent les études eschyliennes : justice-injustice, pessimisme, optimisme. Le cosmos d'Eschyle est le Tout. Les souffrants sont les élus. Les Erinyes sont les Euménides. Bernard Deforge est professeur de langue et de littérature grecque à l'université de Caen où il dirige le Centre de Recherches sur l'Antiquité et les Mythes (CERLAM). Il a publié aux Belles Lettres, dans la même collection, Le commencement est un dieu. Le Proche -Orient, Hésiode et les mythes et Le Festival des cadavres. Morts et mises à mort dans la tragédie grecque.
L'objet de ce livre est de mettre en évidence, en partant des textes tragiques eux-mêmes, que la tragédie grecque, origine de note théâtre occidental, est le champ clos où est représenté, où est vécu le passage scandaleux qui définit l'humanité : la mort, et qu'à travers la représentation de la mort, du meurtre, du suicide, permane le sacrifice humain, offrande rituelle devenue offrande-spectacle aux dieux et à l'ordre cosmique. La tragédie est un rituel de mise à mort et son point culminant est la monstration du cadavre. L'ouvrage se situe dès lors en réaction au topos du tabou de la mort sur scène. Il démontre qu'au contraire les auteurs tragiques, et Eschyle le premier, ont mené, en dramaturges de constantes recherches pour conduire au plus près, et au plus vrai, la mort sur scène : récits atroces, prémonitions, cris entendus dans la skènè, monstration des cadavres, jusqu'à la représentation de l'impossible, la mort sur scène : mort d'Alceste, mort d'Hyppolyte, suicide d'Ajax, suicide d'Evadné, meurtre de Clytemnestre. Amoncellement hallucinant de cadavres et d'horreur, la tragédie grecque n'a pas été trahie par Sénèque, comme elle n'est pas trahie non plus par le cinéma d'aujourd'hui : le meurtre des enfants et de l'épouse d'Heraclès par Heraclès au palais de Thèbes n'a rien à envier à la chasse aux enfants et à leur meurtre dans un appartement américain, séquence du film récent de Luc Besson, Léon. Bernard Deforge est professeur de langue et de littérature grecques à l'université de Caen où il dirige le Centre de Recherches sur l'Antiquité et les Mythes (CERLAM). Il a publié aux Belles Lettres, dans la même collection, Eschyle poète cosmique et Le Commencement est un dieu. Le Proche-Orient, Hésiode et les mythes.
DeForge Michael ; Pellegrino Daniel ; Gouveia Robe
Résumé : On aurait sans doute tort de considérer Michael DeForge comme un dessinateur purement de voué au bizarre, un obsédé du glauque et un apôtre du malsain. Certes certes certes, le prodige canadien s'aventure souvent dans des recoins bien sombres, et n'a pas peur de jouer avec les aspects les plus monstrueux de l'être humain ; mais ce qui fait que le travail de DeForge est parfois dérangeant tient moins d'une volonté superficielle de se complaire dans le "trash" que d'une certaine faculté à toucher là où ça fait mal, la ou gît une vérité peu agréable a entendre. Cette vision du monde, parfois peu amène, parvient au lecteur dans une forme sans cesse renouvelée, le trait s'adaptant au sujet et aux ambitions de chaque histoire. DeForge n'est pourtant pas qu'un pur formaliste, et il faut souligner son travail sur la narration, son vrai talent d'écriture et son attachement aux mots. Toutes ces qualités, on les retrouve dans Dressing. A l'image de certains écrivains orfèvres de la nouvelle plutôt que du roman fleuve, DeForge excelle dans les histoires dites courtes, des récits de quelques pages aux situations souvent kafkaîennes, traversées de personnages victimes des circonstances, ignorant jusqu'au bout le pourquoi de leur destin ; des histoires courtes aux décors changeant - Mars, le Po le Nord, une chambre d'hôtel, l'intérieur d'une tête, une jungle emplie d'animaux armes - mais qui disent bien plus qu'il n'y pourrait paraître toutes les blessures et les perversions de âme humaine.
Lyle, Neville, Ellie Ecureuil et Omar l'araignée ont désobéi à Richard et le verdict est sans appel : ils doivent quitter la vallée, sans espoir de retour. En quittant la vallée de Richard et en se dirigeant vers la ville, le petit groupe va faire moult rencontres - bonnes comme mauvaises - alors qu'en parallèle le lecteur en apprendra un peu plus sur le charismatique mais despotique Richard. Gentrification, mécanisme sectaire, starification et animaux parlants, voilà quelques éléments du nouveau livre de l'insaisissable et toujours surprenant Michael DeForge.
Edimbourg, début du XXe siècle. Charles Hamilton a tout pour être heureux : un confort financier qui le met à l'abri du besoin, des nuits bien remplies et des journées oisives juste ce qu'il faut. Et pourtant, après la fête, c'est la descente. Victime de troubles de l'humeur, de hauts et de bas, Charles Hamilton se sent en alternance. Déçu par l'amour, Charles est néanmoins père d'une petite Sophia, mais ne voit pas là de quoi combler ce vide existentiel qui l'habite. Ce qu'il lui faudrait c'est un exemple - un maître, un sage, là, au fond de son jardin. En s'inspirant de l'histoire (réelle) de Charles Hamilton et de son "ermite ornemental" , Gabrielle Piquet traque des maux bien modernes - recherche d'un bien-être perpétuel, positivisme à tout crin - et nous interroge sur cette dictature du bonheur qui voudrait éradiquer de nos vies toute forme d'aspérité, comme si la vie ne pouvait, ne devait être que réjouissance et béatitude. On retrouve dans La Mécanique du Sage toutes les qualités qui faisaient déjà le charme de La Nuit du Misothrope : un dessin aux influences retro tout en élégance, une écriture mélodieuse d'une grande finesse, avec un prime une touche d'ironie et un humour pince-sans-rire du plus bel effet.
Baladi découvre tout d'abord "les Robinsons suisses" sous forme de série télé durant les années 70, puis tombe par hasard bien des années plus tard sur le roman à la base de la série, roman écrit en allemand par un écrivain bernois, et datant du début du 19e siècle. C'est en jouant avec l'idée d'adapter ce livre (qu'il n'a toujours pas lu ! ) qu'il déniche alors la traduction qu'en a fait la Baronne de Montolieu. Mais la Baronne de Montolieu ne s'est pas contentée de traduire le livre, elle en a changé certains passages jugés trop moralisateurs, et a même écrit des chapitres supplémentaires au roman. Baladi va donc décider de s'atteler à une adaptation, mais en commençant par le chapitre 37 (le premier de la suite écrite par la Baronne, vous suivez ? ) et en se sentant très libre (comme la Baronne ! ) dans son adaptation. De la matière première, il va garder la situation de base (une famille suisse doit survivre sur une île lointaine suite à un naufrage) et le charme un peu suranné des histoires d'aventure à l'ancienne ; mais Baladi va surtout malaxer, transformer, trahir et transcender cette matière pour en faire une bande dessinée à la portée évidemment politique. Il faut le préciser, la paisible famille suisse craint une confrontation avec de terribles sauvages qui semblent rôder, des sauvages que certaines caricatures montrent menaçant et dangereusement enturbannés... Au niveau graphique, Baladi s'est surpassé et propose un travail en couleur rare, mélange de découpages et de couleurs directes, et réalise ainsi certaines de ses plus pages. Le livre sortira peu avant le festival BDFIL, dont Baladi est cette année l'invité d'honneur (succédant entre autres à Zep, Blutch, Frederik Peeters, Anna Sommer, etc.)
Un été, quelque part en France, avant les réseaux sociaux et les téléphones portables. Il fait beau, il fait chaud, les vacances sont longues, les journées surtout. Où aller quand le décor mélange si peu de verdure et tant de béton, que faire quand on n'a rien à faire. C'est dans cette ambiance de désoeuvrement que l'on rencontre ces sales gosses ; souvent livrée à elle-même, à la recherche du moindre divertissement, la petite troupe se cherche et se tourne autour, se provoque et s'affronte, et petit à petit, se frotte au monde ? bref, fait les quatre cents coups. Fumer une première cigarette ? Fait. Un pétard dans une crotte chien ? Fait. Se planquer dans la cave ? Fait. Et après ? Par petites touches, à travers ces portraits d'enfants, c'est le chaos du monde que l'on devine : l'apprentissage de l'amour, la complexité des sentiments et des relations, la violence physique comme psychologique. Tout est déjà là, mais il manque encore l'indignation, et la révolte est bien timide. Car chaque enfant aborde son quotidien avec ses propre fêlures, ses propres tourments, et derrière, il y a la famille, absente, décomposée ou envahissante, et aussi, parfois, réconfortante, aimante. Peggy Adam se place ici en observatrice amusée de tout ce bruit et cette fureur, mais en démiurge bienveillant, ne tente de faire le procès ni des enfants, ni des parents. A l'instar de Plus ou moins..., Les Sales Gosses est une oeuvre drôle et emportée, qui décrypte avec humour et finesse les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus délicat mais aussi de plus compliqué.