Qui connaît aujourd'hui l'ordre de Prémontré ? Et pourtant, l'ordre des chanoines réguliers fondé en 1121 par saint Norbert, en pleine forêt de Coucy, à quelques pas de Laon, a rayonné sur toute l'Europe, du Moyen Âge à la Révolution. Il s'inscrit parmi les grandes familles religieuses qui ont modelé la civilisation européenne. En 1995, le Centre d'études et de recherches prémontrées a réuni à Conques, célèbre abbaye bénédictine réanimée par les Prémontrés de Frigolet en 1870, universitaires et prémontrés, chercheurs et spécialistes européens de l'Ordre, autour du thème " Les Prémontrés au XIXe siècle : traditions et renouveau ". L'histoire des Prémontrés au XIXe siècle est féconde. Après avoir disparu en Espagne, avoir failli disparaître en France, l'Ordre fut restauré dans les abbayes de Frigolet (1858) et de Mondaye (1859). Il résista mieux en Bohême, Moravie et Hongrie et reprit vigueur en Belgique où il fut restauré plus tôt qu'en France. Il se réimplanta en Angleterre où il avait été supprimé au XVIe siècle. Il essaima par-delà l'Europe, en Algérie, au Congo belge, au Brésil et aux Etats-Unis. C'est encore au XIXe siècle que l'ordre de Prémontré retrouva, sous le pontificat de Léon XIII, son gouvernement central, son abbé et son chapitre général, renouant ainsi avec une tradition longue de plus de sept siècles. En l'an 2000, l'Ordre, présent sur les cinq continents, fidèle à sa mission originelle - vie communautaire et contemplative des chanoines et desserte des paroisses -, se révèle d'une actualité saisissante. La connaissance des ordres religieux contemporains, dans leurs aspects pastoraux et contemplatifs, passe par la lecture de ce volume qui ouvre des perspectives enrichissantes sur un monde qui intrigue et sur un XIXe siècle encore trop méconnu.
L'histoire du catholicisme contemporain peut-elle se faire sans écouter "l'autre voix" ? Bien des études récentes se sont portées sur les pratiques religieuses, dévotions et processions en tous genres, sur les prédications, l'enseignement dogmatique (avec ses variations) et les questions morales : tout ce que l'autorité magistérielle invite à croire et à faire. En fait, des discours cléricaux, masculins, presque exclusivement. L'"autre voix", cependant, presque toute féminine, c'est un récit de la vie spirituelle, une écriture non-professionnelle, de femmes qui confient, en des milliers de pages oubliées, voire encore inédites, leur expérience de Dieu. Un récit des profondeurs. Dominique-Marie Dauzet s'est attaché à lire une dizaine d'entre elles - des religieuses, des laïques - dans leur genre littéraire familier et intime : journaux, carnets, correspondance... L'enjeu est de décrypter une démarche féminine doublement paradoxale : la prise de parole d'un sexe sans parole dans l'Institution, d'une part ; et la difficile relation (littéraire) d'une relation (divine), d'autre part. Le livre scrute le statut ambivalent de ces écritures tendues par le désir de raconter l'ineffable, écritures parfois interdites, parfois permises (voire commandées) par l'élément masculin. Pour qui ces aventures mystiques, ou simplement spirituelles, s'écrivent-elles, dans le secret d'un cabinet ou d'une cellule de couvent ? A lire patiemment ces femmes d'entre 1850 et 1950, un monde surgit, qui est aussi, et certainement en profondeur, le catholicisme contemporain.
Résumé : Saint Norbert est né en 1080, à Xanten, dans la vallée du Rhin. Un beau seigneur allemand, cousin de lempereur Henri IV (celui de Canossa), dont la carrière sannonce magnifique. Mais le jeune et brillant chanoine de la cour impériale, un jour dorage dans la forêt de Freden, est foudroyé par Dieu. Jeté comme saint Paul à bas de son cheval, Norbert se convertit. Dans le climat enfiévré dune Eglise en pleine réforme cest le temps de saint Bernard et de saint Bruno, des croisades et des ordres militaires , Norbert se fait pauvre, prédicateur itinérant, messager fou de lEvangile. Sa course sarrête en 1120, dans la forêt de Saint-Gobain, à Prémontré, où il fonde un monastère. Une réussite exceptionnelle, comparable à celle de Cîteaux : un siècle après sa mort, lOrdre de Prémontré compte six cents maisons en Occident. LOrdre vit encore aujourdhui, dans les cinq continents. Norbert meurt en 1134, archevêque de Magdebourg en Saxe, archi-chancelier de lEmpire et intime de lempereur Lothaire. Létude des sources primitives permet de restituer ce personnage fascinant, à la fois charmeur et intransigeant. Homme dEglise et homme dEtat : sans peur, sans compromis. Homme de prière aussi, dont saint Bernard, son ami, disait : "Dentre nous, je le sais bien, cest lui le plus proche de Dieu"
Résumé : Un ouvrage à étudier en classe, idéal pour les élèves de 4e-3e. Le domaine du comte de Gesvres est " visité " en pleine nuit par des cambrioleurs. La fille du comte, et sa nièce, surprennent un homme en train de s'enfuir à travers le parc en transportant ce qui semble être un objet encombrant. Le secrétaire de ce dernier, est retrouvé mort. Seules l'arme du crime et une casquette de chauffeur ont été retrouvées... Un texte intégral accompagné de notes, d'aides à la compréhension de l'oeuvre et de clés d'analyse.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.