Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
PHILOSOPHIES DU DIVERTISSEMENT
DARMON JEAN-CHARLES
DESJONQUERES
18,30 €
Épuisé
EAN :9782843211171
Peu de chose nous divertit et détourne, car peu de chose nous tient" écrivait Michel de Montaigne. Que signifie au juste être diverti? A quoi tiennent la force et la valeur du divertissement? "Divertissement" est devenu, sur la scène de la pensée et de la littérature modernes, un concept essentiellement pascalien, renvoyant à une fuite hors de soi et à une Misère fondamentale de la condition humaine. Or, entre Renaissance et Lumières, se développèrent des pensées positives, constructives, du divertissement, dont la riche fécondité est en grande partie méconnue ou sous-estimée. On a voulu user ici de l'oeuvre de Saint-Evremond comme d'un prisme permettant de décomposer certains mouvements propres à ces nouvelles esthétiques de l'existence, qui impliquèrent de subtiles transformations du modèle de "diversion" hérité d'Epicure et de Lucrèce. Apparaît alors, chemin faisant, dans les marges de la philosophie du Jardin, tout un réseau d'affinités diffuses, en amont (du côté de Montaigne ou de Théophile de Viau) et en aval (du côté de Voltaire, de Hume ou de La Mettrie). En un temps où la Société du Spectacle ne cesse d'étendre l'empire des divertissements standardisés, il n'est pas sans intérêt de retrouver la saveur de ces variations libres, qui ne furent pas pour rien dans l'invention de nouvelles manières d'être heureux.
Les Réflexions ou sentences et maximes morales de La Rochefoucauld inaugurèrent une nouvelle forme de pensée morale dont il importe de prendre la mesure. Mieux que quiconque, La Rochefoucauld a donné une vitalité extraordinairement décapante à un ensemble de formes brèves qui existaient certes avant lui, mais dont il a su découvrir et expérimenter des potentialités insoupçonnées. La présente enquête collective vise, en premier lieu, à mieux cerner ce qui fit la singularité des Maximes, et à montrer comment elles marquèrent l'avènement de nouvelles ressources de la pensée morale, avec lesquelles d'autres genres, d'autres styles et d'autres visions de l'homme ne cesseront d'entrer en résonance et en débat. On y essaie plus largement de ressaisir, par l'examen de quelques points d'inflexion caractéristiques, depuis le moment propre à La Rochefoucauld jusqu'à l'époque contemporaine, ce qu'a pu signifier l'art de penser par maximes, en faisant varier les points de vue sur les questions et les valeurs qui leur furent associées. Chemin faisant, en interrogeant les aventures de la Maxime, c'est toute une culture de l'esprit et tout un pan de la vie morale que ce livre s'emploie à sonder.
Il existe actuellement un regain d'intérêt important pour une question ancienne, celle des rapports entre littérature et morale. De quels types d'expériences et de connaissances morales la littérature est-elle porteuse? La philosophie morale peut-elle prétendre se constituer de manière autonome par rapport à la littérature en y trouvant des exemples illustrant son propos? La littérature, quant à elle, ne montre-t-elle pas certaines insuffisances des systèmes philosophiques? Autant d'interrogations que la théorie littéraire des années structuralistes et poststructuralistes a eu tendance à ignorer. L'enquête collective de ce volume s'inscrit dans le cadre de recherches visant à réévaluer l'ensemble des genres littéraires, leurs relations différentielles et leurs évolutions comme autant d'éléments importants pour l'histoire de la pensée morale. Et la question devient: qu'est-ce que la pensée morale doit aux genres eux-mêmes, qui lui permettent de s'énoncer, de se représenter, de se dramatiser, de se mettre en intrigue? Il s'agit par là de mieux prendre la mesure de la puissance de variation que l'expérimentation sur les genres a permis de mettre en oeuvre dans l'histoire de la pensée morale, de Montaigne à Genet en passant par Bruno, Pascal, Nicole, La Fontaine, les théories du roman envisagées dans leurs rapports à l'éthique et aux moeurs, Bayle et Hume, ou encore Flaubert et Sartre. Biographie de l'auteur Ouvrage publié sous la direction de Jean-Charles DARMON, professeur de Littérature française à l'Université de Versailles, directeur adjoint de l'ENS, auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre littérature, philosophie et morale à l'âge classique; et Philippe DESAN, professeur de langues romanes à l'Université de Chicago, spécialiste de la Reniassance et auteurs de nombreux ouvrages (en français et en anglais) sur Montaigne.
Des Lettres satiriques et amoureuses aux États et Empires de la Lune et du Soleil, on a voulu suivre ici un Cyrano en mouvement non seulement entre les mondes, mais aussi entre les genres, et montrer comment, en ces envols et en ces défis successifs, s'est ouvert l'espace d'une littérature expérimentale pour laquelle rien ne semble plus aller de soi. Sur fond de révolution scientifique et de relativisme généralisé, l'ironie, démultipliée jusqu'au vertige par l'art de la pointe dont Cyrano use en virtuose, y intervient comme une ressource d'une fécondité rare. Songe libertin? En quel sens? Dans le cas de Cyrano, le concept de libertinage peut sembler opératoire pour caractériser non seulement tout unensemble d'hypothèses et de postures hétérodoxes, mais aussi un certain type d'expériences de pensée où la part de la rêverie sur les pouvoirs de l'imagination reste éminente, au coeur même de cette "genèse de la raison classique" à laquelle le "libertinage érudit" contribue activement. À biendes égards, le mouvement libertin du XVIIe siècle français, aux contours mal définis, constitue encore pour nous un continent englouti de la pensée,largement méconnu et difficile à interpréter. Or l'oeuvre de Cyrano, en sa marginalité flamboyante, peut offrir un prisme fort éclairant pour enexplorer certains enjeux. En se situant au confluent de l'histoire des idées (scientifiques, morales,politiques, religieuses) et de l'histoire des formes littéraires, il s'agit ici de ressaisir un moment de crise fondamental pour les représentations del'homme et du monde, où s'inscrivent à la fois le riche potentiel philosophique de l'oeuvre de Cyrano et son inventivité foisonnante dans l'ordre de l'imaginaire. Biographie de l'auteur Jean-Charles Darmon est membre de l'Institut universitaire de France et professeur de Littérature française à l'université de Versailles. Il est notamment l'auteur de Philosophie épicurienne et littérature au XVIIe siècle en France et de Philosophies de la Fable: La Fontaine et la crise du lyrisme, ainsi que de nombreux articles consacrés aux relations entre littérature, philosophie et sciences à l'âge classique. Il a édité et présenté (en collaboration avec Alain Mothu) les Lettres satiriques et amoureuses, précédées des Lettres diverses de Cyrano de Bergerac.
« Parmi les grands textes bibliques sans cesse commentés et repris par la littérature, la philosophie et les arts, L'Ecclésiaste occupe, dans notre mémoire, une place singulière. Cette singularité ne tient pas seulement à la richesse foisonnante de ses disséminations. Elle résulte aussi d'une série d'indéterminations plus spécifiques auxquelles L'Ecclésiaste dut, pour une large part, sa prodigieuse plasticité. Par cette capacité à se fondre dans les traditions les plus différentes, voire les plus opposées des plus « orthodoxes » aux plus hétérodoxes et marginales, L'Ecclésiaste, d'une métamorphose à l'autre, intrigue et fascine.On a voulu essayer de mettre en perspective l'inépuisable fécondité de L'Ecclésiaste à la lumière de la littérature qu'il hante sur des modes souvent secrets et puissants. Secret de L'Ecclésiaste pas seulement au sens où Bossuet l'entendait: il importait d'interroger ses contradictions apparentes, sa polyphonie énonciative, son éclatante obscurité et sa polysémie contagieuse, ainsi que bien d'autres aspects qui constituent autant de défis pour l'exégète, pour le théologien, pour le philosophe, pour l'écrivain qui se mesurent à lui. » (Extrait de l'Avant-propos)
L'abbé Galiani était, selon Nietzsche, "l'esprit le plus raffiné du XVIIIe siècle" et aux yeux de ses contemporains "l'ironie faite homme". Sa Correspondance avec Mme d'Epinay le révèle tout entier. Au cours des dix années de son séjour parisien, Galiani, secrétaire de l'ambassade de Naples, avait été l'hôte favori de tous les salons fréquentés par les encyclopédistes. Mme Geoffrin, Diderot, Grimm, d'Alembert comptaient parmi ses proches. Désespéré par son rappel à Naples en 1769, ii demande à ses amis de lui écrire pour le "consoler des maux de l'absence". Mme d'Epinay devient bientôt et pendant douze années sa principale correspondante. Leur relation épistolaire, sur un ton vif et spirituel, restitue les idées, les propos et l'atmosphère des salons parisiens. Au cours des sept années de ce dernier volume, la Correspondance, toujours variée et enjouée, trahit entre Galiani et Mme d'Epinay une de ces ressemblances qui naissent au fil des longues amitiés. Si tous deux aiment encore à philosopher sur la morale, la physiologie, la pédagogie ou la politique, la musique leur procure les enthousiasmes les mieux partagés. Pour intime et familière qu'elle est, cette correspondance demeure liée à l'actualité, dominée en France par les événements allant du ministère Turgot à la chute de Necker, à l'étranger par la révolution américaine et l'émergence de la Russie.
Dans la vieille terre d aurochs qu est l Espagne, la mise à mort des taureaux était une activité ancestrale.Né dans les abattoirs sévillans contre la volonté des autorités, le toreo moderne se hausse peu à peu à la hauteur d un art. Codifié au XVIIIe siècle, il atteint son apogée a la fin du XIXe siècle et au début du XXe.Spectacle dont les grands matadors sont les idoles, la corrida est aussi un phénomène social lié à l essor des villes. Par ses relations avec les bouleversements de l Espagne, ses interactions avec l élevage et le tourisme, elle a en outre une dimension politique et économique. Par-delà la péninsule ibérique, la tauromachie exerce un rayonnement mondial, de l Amérique latine au Midi de la France où elle est devenue un phénomène culturel essentiel.
Homme de guerre et homme du monde autant qu'homme de pensée et d'écriture, Saint-Evremond prend place parmi les grands moralistes du XVIIe siècle, les La Rochefoucauld, Pascal et La Bruyère ; mais sa place est à part : Sainte-Beuve voyait en lui un " Montaigne adouci ". Comme en témoignent généreusement les textes de ce recueil, ce n'est pas l'abstrait des principes qui suscite sa réflexion, c'est l'expérience des rapports que tout homme entretient avec l'histoire, les m?urs, la langue, les livres, avec les autres et avec soi. On voit alors se dessiner en creux la figure du moraliste véritable dont la méthode consiste à prendre la vie pour guide et non les idées préconçues. Cette rare liberté d'esprit et de style qui rend sa lecture si tonique aujourd'hui, Saint-Evremond la laisse s'épanouir dans le mouvement d'un commentaire, d'une conversation, sur le mode privé et amical de la séduction et de la connivence. Il traite de l'essentiel, et, parce qu'il s'agit de l'essentiel, il en traite comme négligemment, du bout des lèvres, avec une fermeté discrète.