Tragiquement connue pour son histoire violente et chaotique, ainsi que pour la catastrophe qui l?a frappé en 2010, Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques ? et l?un des plus riches sur le plan littéraire. Cette anthologie de dix-huit nouvelles, projet lancé avant le tremblement de terre, réaffirme le talent des auteurs contemporains haïtiens, qu?ils vivent sur place ou qu?ils soient issus de la diaspora, sur un terrain où ils ne sont pas forcément attendus : le genre noir. Sont représentés des auteurs aussi bien francophones qu?anglophones. Auteurs : Kettly Mars, Gary Victor, Evelyne Trouillot, Madison Smart Bell, Edwige Danticat, Louis-Philippe Dalembert, Yanick Lahens, Rodney Saint-Eloi, Marvin Victor, Marie Lily Cerat, M.J. Fievre, Mark Kurlansky, Josaphat Robert-Large, Nadine Pinede, Patrick Sylvain, Marie Ketsia Theodore-Pharel, Katia D. Ulysse, Ibi Aanu Zoboi.
Ce livre est un travail sur la mémoire du massacre de Cazale. Accompagnés par le photographe Nicola Lo Calzo auteur entre autre de l'ouvrage "Regla", huit photographes haïtiens ont oeuvré à travers leur travail photographique et la prise de témoignages, à questionner les mémoires plurielles de la communauté de Cazale et le rapport complexe des Cazalais à leur passé. Le livre CAZAL sortira à l'occasion de 50éme anniversaire du massacre, une exposition sera présentée à Port au Prince, à Montreal et à Bruxelles Le 5 avril 1969, 500 soldats et macoutes se rendent à Cazale et commencent la tuerie. A la fin de la journée, 25 corps sont retrouvés mais 80 autres individus "sont disparus" pour ne jamais être retrouvés, ce qui représente la plus large disparition forcée sous les Duvaliers. Oublié dans les archives, les livres et les manuels d'histoire, l'évènement et son sinistre arithmétique restent vifs dans la mémoire et l'imaginaire des habitants de ce petit bourg et des Haïtiens.
Un texte qui s'engage à dénoncer l'injustice doit-il être lu et apprécié selon des critères littéraires ? Si oui, La Récolte douce des larmes ? conventionnel, sentimental, faussement poétique ? est un roman à oublier. En revanche, si l'on considère ce qu'il dénonce, gardons-le précieusement. 1937. Saint-Domingue n'a plus besoin de ses immigrés haïtiens et décide de s'en débarrasser. Les massacres s'enchaînent alors, tous plus véridiques les uns que les autres puisque l'auteur a travaillé à partir de documents historiques. Résignés, les Haïtiens humiliés acceptent d'être tués ou chassés : "Quand tu restes trop longtemps chez ton voisin, il est naturel qu'il se fatigue de toi et qu'il te haïsse." Tout, dans ce roman, est propre à faire hurler tant les scènes et les dialogues représentent bien des politiques actuelles d'immigration. Il fallait et il faudra continuer de l'écrire : l'injustice n'a ni couleur ni territoire ni époque privilégiés. "La ruine des pauvres, c'est leur pauvreté." --Isabelle Rossignol
Ils venaient avant l'aube, au moment où la rosée se dépose sur les feuilles, et ils vous emmenaient." En Haïti, les "briseurs de rosée", ce sont les tontons macoutes, des tortionnaires à la solde des Duvalier. Sur le visage balafré d'un homme tranquille, le passé refait surface: coiffeur à New York, il semble avoir effacé toute trace de son ancienne profession. Personne ne sait même d'où vient cette cicatrice inquiétante. Mais pour sa fille rebelle et curieuse, pour sa femme mystique, pour les témoins, les familles des victimes, il faut que la vérité éclate! Peut-on reconvertir l'amertume en pardon, tirer une croix sur le passé et continuer de vivre? Les chapitres de ce roman s'unissent peu à peu pour dévoiler les traumatismes d'un pays sous la dictature et l'horreur de vivre avec un criminel impuni. Edwidge Danticat donne à ce récit lucide un souffle bouleversant.
S'inspirant de l'essai homonyme de Camus, Edwige Danticat brosse le portrait d'artistes immigrés et d'intellectuels de tous pays, partagés entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression, entre la dette qu'ils ont envers leurs pays d'accueil et le sentiment de culpabilité qu'ils nourissent envers le pays de leurs racines, victimes de crimes qui les ont poussé à fuir, mais qui continue de hanter leur art. Portrait, mais aussi témoignage d'une situation politique qui perdure en Haïti.Histoire personnelle, mais aussi réflexion sur la création en exil, apportant la preuve qu'il n'est de vraie patrie, pour l'écrivain, que la littérature.
Qui a approché les Wexler ? Qui a vécu chez eux ? Qui a surtout disparu avec eux ? Seule Aurore en sait plus que moi. Mais nous avons failli être absorbés voire digérés par le singulier organe qu'était cette famille". La veille de la rentrée scolaire, la mystérieuse famille Wexler s'installe dans une villa reculée nichée entre collines et sapins. Le père, charismatique professeur au lycée, fascine ceux qu'il côtoie, adultes comme élèves. L'un d'eux, Mathias, va fréquenter ce clan fusionnel. Cheyenne, qui passe son temps à cheval. Karl, toujours une carabine à l'épaule. Charlotte, avec qui l'adolescent va vivre un premier amour lumineux, pendant qu'une relation plus trouble semble se nouer entre Wexler et la jeune Aurore... Jusqu'au jour où il propose à sa classe de tourner un film en forêt. Vingt ans ont passé. Mathias revient dans sa ville natale, sur les traces de son passé et de cette famille vénéneuse.
Margarita : un paradis caribéen pour touristes européens. Edeltraud Kreutzer, originaire de Düsseldorf, se rend sur cette île pour comprendre les circonstances de la mort de son fils, Wolfgang, retrouvé noyé sur la plage où il tenait un bar. Perdue dans cet environnement radicalement étranger, elle fait appel à José Alberto Benítez, un avocat local qui va l'aider dans ses démarches. Leurs recherches mettront au jour une autre île, bien éloignée des hôtels all-inclusive : la Margarita de la jungle bureaucratique, des passe-droits en tout genre, mais aussi celle des combats de coqs qui ont tant fasciné Wolfgang...
Denise Hamilton présente Los Angeles Noir. Guide de voyage alternatif, Los Angeles Noir permet de (re)découvrir la Cité des anges sous la plume de 17 auteurs locaux, chacun livrant une nouvelle noire inédite sur te quartier qu'il a choisi. Découvrez ainsi : Mulholland Drive vu par Michael Connelly - Belmont Shore vu par Robert Ferrigno - Los Feliz vu par Janet Fitch - San Marino vu par Denise Hamilton - Koreatown vu par Naomi Hirahara - Leimert Park vu par Emory Holmes II - Beverly Hills vu par Patt Morrison - Los Angeles River vue par Jim Pascoe - Mid-City vu par Gary Phillips - Pacific Palisades vu par Scott Phillips - Commerce vu par Neal Pollack - West Hollywood vu par Christopher Rice - Mar Vista vu par Brian Ascalon Roley - Fairfax District vu par Lienna Silver - Downtown vu par Susan Straight - East Hollywood vu par Héctor Tobar - Westchester vu par Diana Wagman. Nouvelles traduites de l'anglais (Etats-Unis) par Patricia Barbe-Girault etAdelina Zdebska.
Natalio est un classe 5, les flics les plus méprisés de la City, chargés d'éliminer discrètement les dissidents. Suite à un accident, il doit se procurer un nouvel "électroquant" , robot d'apparence plus ou moins humaine qui lui sert d'assistant. Fauché, il se rabat sur un vieux modèle bas de gamme qui se distingue rapidement par l'inquiétante étrangeté de ses expressions et de ses réactions. Mais Natalio n'a pas le temps de s'interroger sur ces anomalies : il a un nouveau cas à résoudre. Une intrusion a eu lieu dans une de ces usines à rêves où se réfugient tant d'habitants de la City pour échapper à leurs vies misérables. Et des résultats lui sont demandés au plus vite... Après la trilogie "Santiago Quinones" , Boris Quercia change d'univers et nous projette dans un futur digne d'un Philip K. Dick, gangrené par la marchandisation du vivant et la dépendance aux machines. Traduit de l'espagnol (Chili) par Isabel Siklodi et Gilles Marie.