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MEILLEUR OU LE VRAI
DANINO
PUB SORBONNE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782859447953
Accusé par un correspondant de considérer sa propre philosophie comme la meilleure de toutes, Spinoza rectifie : il sait seulement qu?est vraie celle qu?il comprend. Mais on ne trouvera chez lui ni réelle thématisation ni véritable définition de l?idée de philosophie, pas plus qu?un programme des connaissances comme s?appliquent à en dresser Bacon, Descartes ou Hobbes. Cet ouvrage enquête alors sur la présence, chez Spinoza, d?une conception précise voire singulière de l?idée de philosophie. Il collecte les indices d?une telle idée conçue comme praxis de distinction ou, selon l?expression Althusser, comme activité de tracer des lignes de démarcation. Mais il établit encore que la philosophie prend elle-même sens en ce geste, et seulement en ce geste, c?est-à-dire par le biais de relations nécessaires avec ce qui a priori n?est pas elle : le vulgaire, l?ignorant, le théologien, le souverain ou même d?autres philosophes. L?idée de philosophie, en d?autres termes, s?autoproduit dans un système de rencontres singulières. En analyser les fruits permet alors de recomposer la nature de la "vraie philosophie" : une pratique de production d?idées et de leur communication. Mais se fait jour, en outre, comme un naturel philosophe, effort s?éprouvant selon une réjouissance propre au "vrai philosophe", déjà sage en vertu de son mouvement de se perfectionner et d?accroître sa puissance.
Abandonnant la chasse au tigre, le major W. Marmaduke Thompson décide d'explorer la jungle française et consigne ses observations sur les autochtones, leur comportement, leurs manies, leurs qualités, leurs défauts... Les Carnets du Major Thompson sont un des plus grands succès de ce temps. Traduit dans vingt-huit pays, aussi bien au Japon qu'en Finlande, en U.R.S.S. qu'aux Etats-Unis, ce chef-d'oeuvre d'humour fait l'objet d'éditions scolaires et universitaires en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède, aux Etats-Unis, etc. "Non seulement drôle, le Major, mais constamment drôle et profond."
Résumer deux cent quatre-vingts pages en trente lignes est une de ces tâches déprimantes qui prouvent que l'on écrit trop, et dont l'éditeur gratifie l'auteur une fois le livre achevé. Mais me demander de transformer un pyjama en rabats de jaquette paraît excessif. Pourquoi pas, après tout ? Et d'abord, pourquoi le Pyjama ? S'il ne coule pas de source, ce titre " s'inscrit " (tout s'inscrit aujourd'hui) dans une certaine logique intimiste dont le livre fait état. J'irai plus loin encore (tout le monde y va aussi) en disant que le Pyjama est un ascenseur qui monte sans cesse du passé au présent ; qui passe de l'époque du " Voilà pour vous, mon ami " ou du " Si vous n'êtes pas contente, ma fille, la porte est grande ouverte ", à celle de notre monde de mammifères sécurisés, structurés, syndiqués et chaque jour culpabilisés. De l'univers des grandes personnes très comme il faut à celui des types très bien et des gars très sympas. De ce temps où il n'était question de problèmes qu'en classe de calcul, à celui où problème, devenu Roi des Mots, pousse comme un bobo sur toutes les lèvres à n'importe quel propos. Un ascenseur fou où j'ai rencontré une mort dont je suis revenu - et une vie dont je ne reviens pas. Un curieux appareil dans lequel s'est embarqué, par hasard, en 1913, un nouveau-né de la Maison France, Histoire de voir comment, en un demi-siècle, cet étonnant pays-caméléon, qui dit les Italiens versatiles et les Russes toujours prêts à retourner leur casaque, peut devenir tour à tour bleu horizon et rouge popu, germanophobe et germanophile, anglophile et anglophobe, pétainiste et gaulliste, américanophile et américanophage, jusqu'au-boutiste et capitulard. Au milieu de tout ça, ma vie, telle que je la jauge avec une tige qui indique cinquante-huit printemps dans un réservoir dont j'aimerais autant ignorer la capacité exacte. Au fond, le Pyjama n'allait pas mal à ce livre. Pas seulement parce que je m'y défais - suivant le " Défaites-vous " des médecins - plus que dans n'importe quel autre. Mais parce que j'y déshabille la guerre, j'y déshabille le Major, j'y déshabille beaucoup de monde. Que l'on ne craigne rien (ou que l'on ne se réjouisse pas trop vite) : ce strip-tease se déroulera dans la plus grande correction. Je n'ôterai parfois au sujet que son costume de mots, ce carcan qui l'étouffe, cette gaine de locutions qui l'enflent jusqu'à le faire éclater comme on fait tout éclater aujourd'hui - la libido et la majorité, les syndicats et la personnalité. Tout, sauf le rire, car le rire qui pourrait faire éclater est mal porté. Ce monde en proie à la sériosité subit jusqu'aux effets morphologiques du langage qui le gerce : dites structure et déontologie - et déjà le rire est parti. Ne pleurons pas : ce qu'il y a sans doute de plus désopilant dans notre monde c'est la façon dont il se prend au sérieux. Peut-être finira-t-il un jour par en rire ? Commençonsà Pierre Daninos
Résumé : Les problèmes que nous rencontrons relèvent de registres les plus variés : individuel ou collectif, théorique ou matériel. Qu'ils nous " tombent dessus " au quotidien ou qu'ils soient élaborés par un scientifique, ils révèlent les limites de notre compréhension, de notre savoir ou de notre savoir-faire. Mais ces obstacles attestent en même temps, en la stimulant, notre capacité à nous interroger et à mobiliser nos ressources. La philosophie n'a nullement le monopole du problème. Mais l'activité de produire et d'examiner des problèmes lui est consubstantielle. Il s'agit dans cet ouvrage d'instruire une spécificité du problème philosophique. Cette caractérisation conduit Philippe Danino à interroger la pertinence d'une histoire de la philosophie conçue à l'aune de l'idée même de problème. Enquêter sur la nature du problème philosophique, autrement dit questionner le questionnement, c'est rencontrer l'exigence fondamentale de la philosophie. Aussi cette dernière manquerait en quelque sorte à elle-même si elle ne s'interrogeait sur ce qu'elle fait en interrogeant, si elle ne tâchait d'éclairer les ressorts et la signification du questionnement humain. Une invitation à produire une pensée capable de se mobiliser elle-même contre les fallacieuses adhésions et à se donner un devoir de patience. " Dépayser la pensée ", selon le mot de l'auteur.
Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l'objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté - et indissociablement de son idée - dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot "liberté" : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d'aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations - la peur de l'exil dans l'Antiquité, la conception chrétienne de l'homme endetté, la crainte asservissante d'autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l'objectivation unilatérale chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la "dialectique négative" de l'idée de liberté - ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l'homme constitue ce qui le conduit à s'aliéner - à la dialectique de la praxis - dans laquelle l'idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l'aspiration à l'émancipation se mue en désir d'adaptation et d'obéissance -, l'auteure suit comme fil directeur l'histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme "liberté", confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de Vidée de liberté dans l'imaginaire social.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.