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Le refuge et la source
Daniel Jean
GRASSET
14,45 €
Épuisé
EAN :9782246004738
Rares sont les hommes publics qui, à rebours du temps passé, refont le rude chemin de leurs choix et de leurs partis. Rares ceux qui osent, comme Jean Daniel tamiser au van de la mémoire le sable très ancien où ils ne cessent, à leur insu, d'aller se ressourcer. L'enfance est le secret des chefs, enfouie à jamais dans le soliloque inaugural qui meublait leurs premières rêveries, mais ne revient ensuite, sur les oeuvres de l'âge m-r, que comme leur frange d'écume et presque leur part maudite... Jean Daniel, justement, rompt ce silence obstiné et se risque, pour sa part, aux vertiges du souvenir. Ce monologue enfantin, celui qui poursuit chaque homme jusqu'aux heures les plus noires, mais qui toujours semble en trop, en trop de la vie réelle, il tente d'en nouer les fils et d'y inscrire le dessein d'un récit. Reconstituant ses bribes, ses images fugaces et décousues, il en fait, en une véritable insurrection de l'âme, la méthode inattendue d'une généalogie politique. Livre de nostalgie ? Roman d'apprentissage ? Certes, il y a de cela dans le portrait du petit blidéen qui, perdu dans ses songes, ignore tout du destin qui, un jour, sera le sien. Certes, il arrive à l'adulte de revoir les couleurs de son ciel, les parfums de sa terre, la marque du lignage qui l'ancre à l'Algérie natale. Mais l'essentiel n'est pas là : car il s'agit, plus profondément de retrouver, aux sources vives, les raisons d'une vie, d'un engagement et d'un combat... Issu d'une famille qui savait le sens de la justice, de la dignité et de la grandeur, il y apprit la leçon, qu'il n'oubliera jamais, du socialisme authentique. La passion de la vérité, l'éthique de la lucidité, il en eut, très tôt encore, de vivants et nobles modèles qui ne le quitteront plus tout le temps qu'il se battra et témoignera contre le mensonge. Et on se demande même en le lisant si, d'être né là, en cette Algérie qui est comme la bordure de l'Europe, n'a pas contribué à faire de lui le veilleur attentif, la sentinelle hiératique qui, aux portes du désert d'Occident, ne se lasse pas, nous le savons, de contenir et dénoncer les désordres du monde. Déclinant la lettre de son nom, le chiffre de son âge, la place de sa naissance, c'est de ce lieu donc qu'aujourd'hui Jean Daniel a choisi de parler. Il y a fallu sans doute le plus extrême orgueil, celui d'un homme qui a accompli le douloureux travail par quoi il peut enfin se dire fils et héritier, et assumer, de ce fait, sa part d'humanité. Mais il y a fallu, tout autant, une suprême modestie, celle du témoin exemplaire qui, parce qu'il est parvenu à l'heure d'épeler sa propre identité, prend place dans le cortège d'ombres qui, un jour, après lui, oseront épeler la leur. Dire son nom c'est, en un sens, retourner à l'anonymat. Se raconter c'est appeler ceux qui écoutent à se raconter à leur tour. Et c'est pourquoi ce récit qui mêle et nuance constamment la volupté du tour et la rigueur du ton, est un modèle de morale politique. Faut-il l'ajouter ? On le savait depuis " Le temps qui reste " : Jean Daniel une fois de plus révèle avec éclat qu'il est aussi un écrivain véritable. Il appartient à cette tradition dont on est tenté de dire que le soleil s'est déposé sur leur langue et l'a minéralisée. La lumière blanche qui faisait que Camus, à vingt ans, pouvait passer pour un romancier du 18e, c'est elle qui baigne, d'un bord à l'autre, les pages du Refuge et la source. Comme si leur écriture tenait son étonnante sobriété d'un effacement de ses arrêtes, comme on dit des galets dont le soleil de midi efface les couleurs et les contours. Comme si cette érosion que confère aux plus grands une vie de livres et de labeur, elle lui était donnée d'emblée, en véritable don du ciel. Jean Daniel a beau incarner une des dernières figures de l'héroïsme romantique : il ne pouvait pas ne pas être un écrivain classique.
Résumé : Un homme accède à la trentaine dans des conditions insolites et qui vont bouleverser sa vie. Revenant dans sa ville natale, il y apprend qu'elle est chaque année le théâtre d'événements précis : régulièrement l'état civil y enregistre deux suicides. Cette ville est Blida, en Algérie, celle-là même que Gide appelait "petite fleur du Sahel" et que le héros ne semble pas voir avec les mêmes yeux que ceux de l'auteur des Nourritures. Deux suicides, donc, sont attendus ; mais lorsque Georges Caran arrive à Blida, le premier est déjà survenu ; l'attente du second va faire naître - ou précipiter - cette rupture que chaque homme consomme quand il lui faut prendre son parti de n'être plus jeune. Cependant ici les conditions sont particulières et la rupture est à leur mesure. Comme le délai de cette attente est fixé - les deux suicides ont toujours lieu entre février et août - Georges Caran n'a plus que deux mois pour savoir qui sera le second. Pendant cette période, il se pensera doué d'une lucidité singulière qui l'écartera de ses amis, le conduira à l'échec en amour et le mènera à la poursuite désespérée d'une vie qu'il croit inséparable de l'inconscience, de l'injustice et de la violence. Ceci n'est pas le récit d'un cas, mais d'une situation. Le héros ne diffère du reste des hommes qu'en peu de choses. Né sous un ciel où la vie passe pour être plus précipitée, peut-être a-t-il plus que d'autres le don de jouir des petites choses. Une joie l'habite, qui se développe, physiologique, indépendamment de ses idées et même de ses sentiments. Cette joie ne l'a pas quitté tandis qu'il partageait avec ses contemporains les malheurs de l'époque : la guerre, l'injustice sociale, la persécution de ses amis ; elle va l'abandonner sous la contrainte d'un événement digne du siècle des statistiques. C'est seulement l'événement qui fera peu à peu du héros un cas.
Jean Daniel est le directeur-fondateur du "Nouvel Observateur". Il est l'auteur de très nombreux ouvrages que Grasset a publiés depuis une dizaine d'années et qui sont, aujourd'hui, rassemblés en un seul volume.
Résumé : J'ai écrit ce livre pour le seul plaisir de raconter des histoires. Pas n'importe lesquelles, il est vrai. J'ai eu, j'ai éprouvé le besoin de parler de la peur et de l'amour, de la guerre et de l'amour, de la mort et de l'amour. Ces histoires m'accompagnent depuis longtemps. En esprit, je fréquente leurs personnages depuis toujours. Une fois ces histoires écrites, je me suis aperçu qu'il y avait là un roman et deux nouvelles. Mais les trois textes m'on paru inséparables. Les personnages du roman s'expliquent en effet, et aussi, par les aventures qui sont la trame des deux nouvelles. Ces personnages sont de très jeunes gens, que les guerres du siècle font rentrer dans la vie. Ce sont surtout des jeunes gens, pour qui aimer - et être aimés - demeurait la grande affaire de la vie. Ils avaient 20 ans. Ils ne le savaient pas.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.