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La peinture en écharpe. Delacroix, la photographie
Damisch Hubert
KLINCKSIECK
18,30 €
Épuisé
EAN :9782252035764
Et si c'était, à l'époque où peignait et écrivait Delacroix, la peinture elle-même qui avait perdu la mémoire? Au point pour elle d'avoir été directement exposée à l'irruption de la photographie, le premier parmi tous les arts qui pût se targuer d'être en mesure de fixer ce qui a été dans le temps même où il est advenu. Le Journal est le récit continué de ce trouble, un récit dont seul un "amphibie", comme parlait le jeune Delacroix, un être que ses capacités autorisaient à opérer concurremment dans deux éléments différents, aura pu former le projet, fût-ce inconsciemment et sans en mesurer toutes les implications. Biographie de l'auteur Philosophe et historien de l'art, Hubert Damisch est l'auteur d'ouvrages célèbres tels que la Théorie du nuage. Pour une histoire de la peinture (Seuil, 1972), L'Origine de la perspective (Flammarion, 1987), Le Jugement de Pâris. Iconologie analytique 1 (Flammarion, 1992), Traité du trait (Réunion des Musées Nationaux, 1995) et Un souvenir d'enfance par Piero della Francesca (Seuil, 1997).
Résumé : On connaît l'histoire de Pâris : sommé de choisir la plus belle parmi les trois déesses de l'Olympe, il préféra Vénus. Figure exemplaire du malaise que Freud déclare inhérent à la civilisation, il a choisi une beauté liée à la sexualité, version païenne du péché originel, là où Minerve et Junon personnifiaient force, sagesse et souveraineté. L'art européen n'a cessé de travailler sur ce mythe. Du "chef-d'?uvre" de Raphaël au Déjeuner sur l'herbe de Manet revu par Picasso, une histoire se noue autour de la question du rapport entre beauté, règne du désir et pulsion scopique. Sous le titre d'une iconologie analytique s'affirme ici le projet d'un "discours d'images" dans lequel la question de la beauté vient au premier plan, sous d'autres espèces que seulement humanistes ou académiques.
L'art européen n'a cessé de travailler sur les données que lui fournissaient le mythe du jugement de Pâris : du chef-d'oeuvre de Raphaël (Les Trois Grâces) au Déjeuner sur l'herbe de Manet, revu par Picasso, de Cranach à Rubens et à Watteau, n'est-ce pas toujours la même situation, version païenne du péché originel, qui est réinterprétée ?
La perspective, chose du passé ? A l'opposé d'un récit linéaire et évolutionniste qui déciderait de la naissance et de la mort des formes de représentation en fonction de leur adaptation supposée aux besoins du moment, la "relève" dont la perspective des peintres a fait l'objet dans la géométrie, aussi bien que les aventures qu'elle a connues dans le champ même de l'art, suggèrent une manière d'histoire par principe plurielle, où se recoupent différents types de discours. Du dispositif de Brunelleschi aux "perspectives urbinates" et aux Ménines de Vélasquez, dans ce champ imaginaire autant que symbolique dans lequel la science rencontre le théâtre et où la psychanalyse en appelle à la peinture, il s'agit de comprendre un peu mieux ce que "penser" veut dire.