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L'amour m'expose. Le projet "Moves"
Damisch Hubert
KLINCKSIECK
32,50 €
Épuisé
EAN :9782252035771
Telle est désormais la puissance et l'universalité de l'institution muséale, et si forte l'emprise qu'exerce l'espace qui est celui de l'exposition sur les pratiques qui ont rapport à un titre ou à un autre, avec ce qui a nom "art", que seules des interventions locales et ponctuelles puissent déranger l'idéologie régnante.Ce livre retrace une tentative de ce genre, qui prit place en 1998 au musée Boijmans Van Beuningen, à Rotterdam. A travers ce qui se présente comme le compte rendu, dans les termes les plus précis, d'une expérience systématiquement conduite, l'auteur vise à substituer à la critique pour une part hypocrite et confusionniste de l'institution, le mot d'ordre d'une utilisation ludique de sa machine qui correspondrait, en fait, à la pratique réelle et la plus constante de l'art moderne et contemporain. Biographie de l'auteur Historien et philosophe de l'art, Hubert Damisch est l'auteur d'ouvrages célèbres tels que la Théorie du nuage. Pour une histoire de la peinture (Seuil, 1972), L'Origine de la perspective (Flammarion,1987), Le Jugement de Pâris. Iconologie analytique 1 (Flammarion,1992), Traité du trait (Réunion des Musées Nationaux, 1995) et Un souvenir d'enfance par Piero della Francesca (Seuil, 1997).
L'art européen n'a cessé de travailler sur les données que lui fournissaient le mythe du jugement de Pâris : du chef-d'oeuvre de Raphaël (Les Trois Grâces) au Déjeuner sur l'herbe de Manet, revu par Picasso, de Cranach à Rubens et à Watteau, n'est-ce pas toujours la même situation, version païenne du péché originel, qui est réinterprétée ?
Et si c'était, à l'époque où peignait et écrivait Delacroix, la peinture elle-même qui avait perdu la mémoire? Au point pour elle d'avoir été directement exposée à l'irruption de la photographie, le premier parmi tous les arts qui pût se targuer d'être en mesure de fixer ce qui a été dans le temps même où il est advenu. Le Journal est le récit continué de ce trouble, un récit dont seul un "amphibie", comme parlait le jeune Delacroix, un être que ses capacités autorisaient à opérer concurremment dans deux éléments différents, aura pu former le projet, fût-ce inconsciemment et sans en mesurer toutes les implications. Biographie de l'auteur Philosophe et historien de l'art, Hubert Damisch est l'auteur d'ouvrages célèbres tels que la Théorie du nuage. Pour une histoire de la peinture (Seuil, 1972), L'Origine de la perspective (Flammarion, 1987), Le Jugement de Pâris. Iconologie analytique 1 (Flammarion, 1992), Traité du trait (Réunion des Musées Nationaux, 1995) et Un souvenir d'enfance par Piero della Francesca (Seuil, 1997).
Et si c'était, à l'époque où peignait et écrivait Delacroix, la peinture elle-même qui avait perdu la mémoire? Au point pour elle d'avoir été directement exposée à l'irruption de la photographie, le premier parmi tous les arts qui pût se targuer d'être en mesure de fixer ce qui a été dans le temps même où il est advenu. Le Journal est le récit continué de ce trouble, un récit dont seul un 4 amphibie ", comme parlait le jeune Delacroix, un être que ses capacités autorisaient à opérer concurremment dans deux éléments différents, aura pu former le projet, fût-ce inconsciemment et sans en mesurer toutes les implications."
La perspective, chose du passé ? A l'opposé d'un récit linéaire et évolutionniste qui déciderait de la naissance et de la mort des formes de représentation en fonction de leur adaptation supposée aux besoins du moment, la "relève" dont la perspective des peintres a fait l'objet dans la géométrie, aussi bien que les aventures qu'elle a connues dans le champ même de l'art, suggèrent une manière d'histoire par principe plurielle, où se recoupent différents types de discours. Du dispositif de Brunelleschi aux "perspectives urbinates" et aux Ménines de Vélasquez, dans ce champ imaginaire autant que symbolique dans lequel la science rencontre le théâtre et où la psychanalyse en appelle à la peinture, il s'agit de comprendre un peu mieux ce que "penser" veut dire.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.