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Le livre de Gomorrhe. Edition bilingue français-latin
Damien Pierre ; Cottier Jean-François
CERF
20,00 €
Épuisé
EAN :9782204139151
Voici le Sodoma médiéval. Au XIe siècle, le théologien Pierre Damien écrit au pape pour dénoncer les vices et les turpitudes du clergé. Rome le condamne au silence. Mille ans plus tard, son texte est enfin traduit. Une révélation fracassante sur la longue marche de la tolérance zéro. Mille ans avant les révélations actuelles sur les scandales sexuels au sein du clergé, l'ermite Pierre Damien se fait déjà lanceur d'alerte. Au milieu du XIe siècle, il écrit au pape Léon IX pour dénoncer, dans un rapport détaillé, les dérives des moeurs dans l'Eglise, singulièrement chez les évêques, moines, prêtres, diacres censés incarner l'institution et donner l'exemple. Pour encore plus de clarté il intitule ce réquisitoire Gomorrhe, le pendant de Sodome dans la Bible. Mais son brûlot est ignoré, puis interdit et ne circulera plus que sous le manteau. C'est ce texte, à la fois intransigeant et prophétique mais d'une surprenante actualité, qu'exhume pour la première fois, avec science, Jean-François Cottier. Un texte sidérant, venu du Moyen Age mais conduit à la manière d'un breaking news contemporain.
En dépit de l'absence de systématicité explicite de sa réflexion, Walter Benjamin est pour notre époque un philosophe plus pertinent que Martin Heidegger. Le motif essentiel de cette affirmation, c'est l'?uvre d'art, c'est le concept même d'?uvre, concept qu'il n'est pas nécessaire de juger dépassé ni venu d'une origine qui serait désormais hors de portée. La question qui se pose est de définir l'allure d'une ?uvre contemporaine et, partant, impliquée dans la technicité de l'époque. Cela passe évidemment par le cinéma, pas seulement l'art du cinéma, mais le cinéma comme pratique générale et forme aujourd'hui déterminante de toute intuition du monde. Mais cela passe aussi par la façon dont la peinture, art avéré avant l'invention du film, a pu se faire à la montée en puissance de ce dernier. D'où l'intérêt porté ici, malgré tout ce qui pousse sur le devant de la scène dite " de l'art " des pratiques plus libérales et plus spéculatives, à des " contemporains " comme Kandinsky, Klee ou Braque. Que l'art au temps du film - temps qui est aussi, à entendre Walter Benjamin, celui de la diffusion généralisée - ne soit pas nécessairement, pour tout dire, un jeu de langage, c'est la thèse ici avancée. Cet art implique un faire. Seulement, sa puissance est commune. Ce livre montre, à partir d'une lecture de Rousseau notamment, qu'on ne peut comprendre l'intérêt de cette puissance si on ne cherche pas à libérer la technicité humaine foncière des procédures d'essence économique qui lui donnent de l'emploi, procédures où le calcul et la prévision comptent plus que le travail et la gestation.
Agencer des séquences de manière à faire d'un film l'espace d'un récit et faire du cinéma, est-ce tout à fait la même chose ? Telle est l'étrange question dont ce livre entreprend de justifier les raisons et les enjeux. Il ne s'agit pas par là de constituer une théorie générale de l'art cinématographique, encore moins une histoire de cet art. S'appuyant sur un certain nombre de données théoriques et philosophiques d'une part, sur quelques cas de films d'autre part, l'ouvrage établit que le cinéma, pour des raisons techniques majeures liées aux propriétés des appareils d'enregistrement sans lesquels il n'existerait pas, n'a jamais eu lieu qu'à l'écart d'attendus majeurs de la culture et de la philosophie. Repérer cet écart, c'est comprendre pourquoi tant de plans ont été des opérateurs sensibles aptes à configurer une forme d'expérience des choses et du monde. Des qualités de cette aptitude, le livre fait l'étude et l'éloge. Sont-elles encore, ces qualités, tout à fait d'actualité ? Rien n'est moins sûr. L'économie de l'audio-visuel qui s'est développée depuis la télévision et que le numérique accentue à sa façon attend à l'évidence des films en nombre. Mais cette attente ne va pas sans une paradoxale reprise en main de la puissance rythmique singulière des appareils d'enregistrement.
Ce livre est le premier élément d'une série de textes qui examinent quelques-unes des pratiques et croyances maîtresses de l'époque en impliquant l'expérience du design telle qu'elle s'est décidée au cours du dernier siècle. Ici, c'est à la banalité de deux termes - service, utilité - et d'un mot d'ordre - le lien social - qu'il s'agit de faire objection. Pouvons-nous non pas subir, mais interpréter le sens de ces expressions ? Ne nous y trompons pas : le monde qui en fait des signifiants majeurs n'est pas nécessairement hospitalier. S'y justifie une disposition discutable du travail, de la production et, en définitive, de la technique. En considérant d'abord les arts au sens large (peinture, photographie mais aussi architecture, cinéma ou design) comme des opérations, Pierre-Damien Huyghe, professeur à l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, critique au fil de ses différents ouvrages l'idée que la technique puisse être en soi systématique. Distinguant a priori ses menées de celles de l'économie, il propose de la penser préférentiellement, en chacune de ses poussées, en chacun de ses appareillages, comme ouverte à des choix et à des conduites. Il a récemment publié Contre-temps (B42, 2017).