Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Job 19. Révolte, espérance ?
Dahan Gilbert ; Noblesse-Rocher Annie ; Arnold Mat
CERF
18,00 €
Épuisé
EAN :9782204150033
Issu des dix-huitièmes "Journées bibliques", ce volume revient sur un des chapitres les plus fascinants de la Bible, le chapitre 19 du livre de Job. Le livre de Job est l'un des plus fascinants de la Bible et son chapitre 19 est certainement l'un des textes les plus étonnants : d'un côté, les paroles de révolte de Job accusent Dieu d'injustice, de l'autre côté, on a l'affirmation exaltée d'une foi en un Rédempteur toujours vivant. L'exégèse traditionnelle a tenté d'atténuer la violence des propos et mis en valeur la foi de Job. Mais la complexité du livre n'a pas échappé aux commentateurs juifs et chrétiens. Après Jean Chrysostome, l'exégèse chrétienne occidentale est dominée par les Moralia in Iob de Grégoire le Grand, qui accentuent l'approche morale. Au XIIIe siècle, après la traduction latine de Maïmonide, l'approche est plus volontiers théologique, avec notamment le commentaire de Thomas d'Aquin et la mise en relief du problème de la Providence. Les exégètes protestants (Johannes Fischer, Jean Calvin) exploitent le chapitre dans une perspective morale, tandis que les catholiques (Cajetan, Balthasar Cordier) développent les thèmes théologiques et l'approche christologique. Les exégètes juifs optent pour une approche philologique (Rashi, Abraham Ibn Ezra, les Qimhi) ou théologique (Gersonide, Isaac Arama). Ce volume est issu de la dix-huitième des " Journées bibliques " organisées par le Laboratoire d'Etudes des Monothéismes/Institut d'études augustiniennes, UMR 8584 (CNRS-EPHE Sciences religieuses- PSL-Sorbonne Université) et l'UR 4378, Faculté de théologie protestante (Université de Strasbourg).
Gilbert Dahan, directeur de recherches au CNRS, auteur d'une importante thèse sur les relations entre juifs et chrétiens au Moyen Age, nous présente ici un aspect de ces relations : la polémique théologique ou disputatio, qui fleurit aux XIIe et XIIIe siècles. Celle-ci avait commencé de façon courtoise, voire exemplaire. L'auteur étudie la dégradation des relations au XIIIe siècle et développe les principaux thèmes autour desquels tourne la polémique tant orale qu'écrite. Qu'elle soit étude commune des textes sacrés ou discussion passionnée sur les thèses propres à chacune des deux religions, la "dispute" judéo-chrétienne est constante au Moyen Age et semble se perpétuer d'une certaine façon dans le dialogue judéo-chrétien actuel.
Résumé : Des communautés juives sont établies en France depuis l'Antiquité et ont été florissantes durant toute la première partie du Moyen Age, avant les expulsions de 1306 et de 1394 le caractère le plus remarquable étant leur éparpillement jusqu'au début du XIIIe siècle. Partie intégrante de la population de la Gaule puis de la France, elles ont contribué notablement à sa culture, dans divers domaines (le corpus ancien le plus riche de termes techniques français se trouve dans des commentaires juifs du XIIe et du XIIIe siècle). Le présent recueil propose une série d'études éclairant les conditions de cette présence, faite de coexistence mais aussi de tensions, avec une détérioration de leur situation au XIIIe siècle, accompagnée de diverses accusations, comme celle de profanation d'hostie, lors de l'affaire des Billettes en 1290. Si le dialogue entre chrétiens et juifs se poursuit malgré tout, la condamnation de la littérature rabbinique entre 1239 et 1244 rend difficile l'enseignement traditionnel mais fait connaître au monde chrétien le Talmud et ses commentaires. L'attitude de l'Eglise est examinée, avec ses aspects opposés, condamnation du judaïsme mais aussi protection (comme le montre le cas exemplaire de Bernard de Clairvaux). Sont présentées deux figures majeures de la culture juive de France médiévale, dont le rayonnement se constate aussi chez les intellectuels chrétiens, Rashi et Gersonide. Enfin, trois études examinent l'"image du juif" dans deux genres de la littérature française du Moyen Age, le théâtre religieux et les miracles de Notre Dame.
Résumé : Dans une société chrétienne qui peu à peu se replie sur elle-même comme la société médiévale, la présence des juifs paraît un sujet de stupéfaction, sinon de scandale. Est-il possible d'admettre la pratique d'un culte, la fidélité à une doctrine que la venue du Christ a rendus inutiles et dépourvus de sens ? A cette question, les textes faisant autorité répondent positivement. Aussi l'attitude des chrétiens du Moyen Age à l'égard des juifs et du judaïsme est-elle tendue entre deux pôles - attrait, crainte. Attrait qui provoque un dialogue de tous les instants, dans la rue, autour de la Bible, autour de la science ; crainte - de la " séduction judaïque " - qui aboutit à des mesures d'isolement et à une constante polémique, s'exaspérant parfois en crises meurtrières. Tension encore, parce que le peuple juif ne cesse, par sa présence même, d'interpeller le peuple chrétien : coincé dans le passé - il reste un contemporain du Christ, projeté dans le futur - il représente l'aboutissement de l'histoire du Salut. Rompant avec la tradition d'une conception monolithique du Moyen Age chrétien dans ses rapports avec les juifs, cet ouvrage s'efforce de restituer dans sa complexité la pensée chrétienne sur le judaïsme, voulant retrouver, dans une doctrine qui ne triche pas avec elle-même, les conditions d'un dialogue authentique dont le Moyen Age a dit aussi qu'il était fraternel.