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La dictature du chagrin & autres écrits politiques (1945-1950)
Dagerman Stig
AGONE
13,20 €
Épuisé
EAN :9782910846602
Il semble que la France ait choisi de ne retenir du Suédois Stig Dagerman que ses romans, poèmes et pièces de théâtre. Or, il paraît pourtant évident que son activité d'auteur est indéfectiblement liée à celle de militant anarcho-syndicaliste qu'il fut tout au long de sa brève existence. Cette préoccupation d'articuler les deux se retrouve d?ailleurs au c?ur de l'un des textes publiés dans ce livre (L'écrivain et la conscience). C'est donc pour lui donner la place qui lui revient que les éditions Agone ont décidé de publier ce recueil d'une quinzaine de textes (dont trois inédits) rédigés entre 1945 et 1950, parus pour la plupart dans la presse suédoise et se rapportant à l'actualité de l'immédiat après-guerre.Éditoriaux, discours, articles... ces textes journalistiques étaient devenus introuvables en France depuis leur publication en 1986 dans la revue Plein Chant. Pourtant, à leur lecture, l'actualité des propos de Dagerman reste intacte. La lucidité avec laquelle il examine ses contemporains, analyse les problèmes moraux et politiques de son époque, paraît véritablement utile pour une lecture de notre monde. Écrit en 1950 à l'occasion de la mort du roi Gustave V, le premier de ces textes (qui donne son titre au recueil) trouve par exemple d'ironiques résonances dans le traitement médiatique des récentes mésaventures d'une princesse anglaise sous le pont de l'Alma : «La semaine qui vient de s'écouler a été riche en enseignements dans la mesure où, pour la première fois, elle nous a permis de constater dans notre propre pays quelles forces effroyables se déchaînent lorsque, dans une société moderne, tous les moyens d'information sont mis en même temps au service d'une seule et unique fin : organiser le chagrin, construire un mythe».Militant et auteur, Dagerman ne peut cependant être réduit à l'une ou l'autre de ces figures, n'ayant jamais sacrifié son idéal à son art ou l'esthétique à un programme. Un exemple à méditer, aujourd'hui où le mot engagement semble vidé de son sens. --Isabelle Yaouanc
Résumé : Ces poèmes satiriques ont paru entre 1944 et 1954 dans le journal anarcho-syndicaliste suédois. Ils se situent au point d'intersection des deux activités de Dagerman : la littérature et le journalisme. Il y traite en effet de l'actualité en poète et en anarchiste convaincu. Le titre de ces billets (Dagsedlar) est un chef-d'?uvre : il veut en effet dire, littéralement, billet quotidiens ; mais il n'est pas exclu d'y lire billet de Dag(erman) ni d'y voir une allusion à peine déguisée à l'expression populaire suédoise " donner un coup sur la gueule à quelqu'un ". Jusques après son dernier souffle, Dagerman aura ainsi poussé ses " coups de gueule " et tapé sur toutes les formes de la bêtise humaine. Cela devrait suffire à faire de lui un perpétuel contemporain.
Stig Dagerman, né en 1923, mort en 1954, a été durant sa courte carrière l'interprète et le symbole de la jeune génération qui vécut la seconde guerre mondiale dans la Suède neutre. Il fit ses débuts en 1945 avec un roman précoce sur l'angoisse en tant que mobile humain, Le Serpent, et fut immédiatement considéré comme un écrivain représentatif de son époque.
Résumé : " Il faisait une chaleur à griller du café sur les rails. Entre les traverses, le gravier du ballast renvoyait un scintillement acéré, et les épis à moitié mûrs d'un champ d'avoine languissaient de l'autre côté de la voie. Un peu plus loin, quelques maisons de bois, peintes en rouge, se serraient autour d'un mât dressé comme un cure-dents. Lourde et massive, la gare pesait sur la plaine et de petites colonnes de poussière montaient du gravillon qui recouvrait la place. Au loin, un train s'approchait, sortant de l'horizon verdoyant ".
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Résumé : Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement et méthodiquement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué. Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines, qui font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation pour Apple, Sony, Google, Microsoft, Amazon, etc. En 2010, elles ont été le théâtre d'une série de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production, une taylorisation extrême, l'absence totale de protection sociale et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs où vivent les ouvriers. Ce livre propose quelques éléments d'analyse du système Foxconn à partir du portrait que fait la sociologue Jenny Chan d'une ouvrière qui a survécu à sa tentative de suicide en 2010. Complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, il retrace également le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans "L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan".