Lee Ufan Arles a ouvert ses portes au public en 2022, apre`s quatre anne ? es de re ? novation de l'ho^tel Duport-Vernon, ba^timent historique du centre-ville, construit entre le XVI e et le XVIII e sie`cle. L'artiste Lee Ufan, qui vit une partie de l'anne ? e en France, a imagine ? la cre ? ation d'un endroit pense ? pour e^tre "un lieu vivant, un lieu de vie, un lieu de partage" . L'architecte Tadao Ando et Lee Ufan transforment alors l'ho^tel Duport-Vernon en un nouvel espace qui pre ? sente, sur plus de mille me`tres carre ? s, l'oeuvre de Lee Ufan, mais e ? galement, au sein de l'Espace MA - interstice en japonais -, des expositions temporaires et une programmation culturelle qui entrent en re ? sonance et dialoguent avec l'univers de l'artiste. Pour le lancement de sa programmation artistique en 2023, Lee Ufan Arles invite Philippe Dagen, historien de l'art, critique et commissaire d'exposition a` imaginer pour l'e ? te ? 2023 la premie`re exposition temporaire de l'Espace MA. Philippe Dagen, proche du travail de Lee Ufan depuis de nombreuses anne ? es, a re ? uni cinq artistes plasticiens travaillant en France - Brigitte Aubignac, Ymane Chabi-Gara, Marc Desgrandchamps Tim Eitel et Djamel Tatah - qui interrogent et repre ? sentent la figure humaine. Celle-ci se présente seule, non pour des raisons formelles, mais parce que cette solitude renvoie à des situations aux significations sociales et psychiques qui caractérisent particulièrement notre époque : l'enfermement en soi, l'absence de l'autre, la mélancolie, l'exclusion ou le deuil. L'exposition Figures Seules sera pre ? sente ? e a` l'Espace MA de Lee Ufan Arles du 1er Juillet au 24 septembre 2023.
Le pieux abbé d'Aubignac commit ce qui, aux yeux de nombreux clercs, était la pire des impiétés: il osa prétendre sérieusement, dans un ouvrage savant, qu'Homère n'avait jamais existé; il osa soutenir, en donnant la première histoire d'un texte, celui de l'Iliade, que les poèmes homériques étaient des "rapsodies" faites de brefs chants épiques de différents auteurs, destinés d'abord à être chantés lors des fêtes, puis rassemblés par un compilateur non moins anonyme que ces poètes. Un tel péché - péché contre la paresse intellectuelle, le conformisme de la pensée - dut ne pas être pardonné. La publication tardive des Conjectures académiques, presque quarante années après la mort de l'abbé d'Aubignac, fit que ses idées étaient devenues celles de Charles Perrault, dans le Parallèle des Anciens et des Modernes, auquel Boileau répliqua vigoureusement. Mais surtout, bien plus tard, en Allemagne, Wolf devint le héraut de l'"athéisme" homérique - un "athéisme" chez lui moins clair, plus prudent -, en ouvrant une ère nouvelle dans l'étude des littératures anciennes, mais en usurpant une gloire qui revenait à l'abbé d'Aubignac.
Un enfant confronté à un environnement familial perturbé, à un traumatisme familial trop difficile à partager peut, à son tour, subir un traumatisme insidieux si son entourage ne l'en délivre pas aujourd'hui. Arrive un moment de sa vie où il a besoin d'exprimer les aléas de son développement intime et social. Comment laisser émerger la parole encore jamais advenue? Tel est l'enjeu de cette recherche, ouvrant la voie à des pistes d'expression, depuis l'énigme du traumatisme passé de ses parents auquel il n'a pas assisté. Au travers d'une quinzaine de descendants de parents revenus de la Shoah, les enfants d'Enfants Cachés ou de déportés survivants s'expriment librement. Une question parcourt ce livre. Quelles sont les particularités de ces enfants nés de l'histoire traumatique et silencieuse de leurs parents revenus de la Shoah? Quel type de lien vivent ces descendants culpabilisés, honteux parfois, silencieux bien souvent, semblant se cacher encore, à leur manière? La "Face Cachée des Fantômes", ouvrage pluridisciplinaire fournit des réponses nouvelles, interrogeant théories et cliniques pratiquées. Interviews, récit, et réponses des sciences humaines (sociologues, psychologues, anthropologues, éthologues, psychanalystes) sont à l'écoute attentive du développement de ces nouvelles générations intéressantes à bien des égards.
Parue en 1928, L'Oeuvre, composée de soixante bois gravés, fait le récit des aventures d'un géant qui échappe à son créateur et sème le chaos dans le décor d'une grande ville. Tout commence dans l'atelier du sculpteur où un monumental bloc de pierre, soutenu par de solides étais, attend la taille. De l'ébauche, dégagée grossièrement à coups de ciseau et de maillet se détache bientôt la silhouette du géant. L'Oeuvre, à peine achevée, prend alors mystérieusement vie au cours de la nuit...
Vingt-cinq images pour une histoire sans paroles... Un jeune garçon s'enfonce au plus profond de la forêt, il se confronte aux grandes terreurs des hommes et fait l'expérience, sans peur, de suivre son propre chemin.
Vingt-cinq images pour une histoire sans paroles... Le lundi 12 février 1934, à la suite des émeutes des ligues du 6 février, une gauche unie manifeste contre le danger fasciste. Ce jour-là, annonciateur du Front populaire, un peintre croise le regard d'une femme qu'il suit et dessine dans les mouvements de la ville. Mouffetard, Austerlitz, République, gare de l'Est, Ménilmontant... un malicieux jeu de séduction dans un Paris populaire en ébullition, au tournant de l'histoire.
En 1898, Félix Vallotton publie sa célèbre suite Intimités, dix gravures rassemblées dans un portfolio par les éditions de La Revue blanche. Il ne sera tiré que 30 exemplaires de cette série, ce que Vallotton regrettera ensuite, lui qui détruisit les matrices en bois pour garantir ce tirage limité. Cet ouvrage présente ces dix images, désormais mythiques accompagnées de la série Les Instruments de musique et de nombreuses autres gravures aussi célèbres que La Paresse, Le Bain ou encore La Nuit et L'Emotion. Un livre magnifique où le regard de Jean-Philippe Toussaint nous accompagne dans l'oeuvre intimiste de Vallotton et où l'érudition de Karia Poletti nous permet d'atteindre les mystères profonds de ces images qui sont parmi les plus importantes de la gravure moderne.