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Dire le savoir-faire. Gestes, techniques et objets
D'Onofrio Salvatore ; Joulian Frédéric ; Cobbi Jan
L'HERNE
12,20 €
Épuisé
EAN :9782851973702
Nous vivons dans une époque de mutation anthropologique provoquée, dans une large mesure, par la séparation entre les hommes et leurs outils. Cette véritable " catastrophe anthropologique ", dont nous sommes tous en même temps responsables et victimes, s'accompagne de la désintégration qu'ont produite dans les sciences sociales les notions réductrices d'Homo oeconomicus, d'Homo religiosus, ludens, ou videns. Cette désintégration est illustrée aussi bien par la création de clones que de nouveaux individus capables de tout consommer, depuis les produits transgéniques jusqu'à la viande d'animaux que nous avons transformés en " cannibales ". Etudier le savoir-faire dans les sociétés traditionnelles peut donc devenir une vraie ressource, puisqu'on fait alors appel à des modèles qui peuvent montrer à plusieurs niveaux la relativité des idéologies dominantes. Ce programme apparaît d'autant plus intéressant que nous vivons dans une civilisation capable de constituer des archives très sophistiquées de la mémoire sociale, alors même qu'elle est en train de vider l'humanité des appareils symboliques et conceptuels élaborés tout au long de son histoire. Dans diverses sociétés, les savoir-faire s'expriment par des concepts et des mots dont la valeur sémantique dépasse souvent le cadre des gestes techniques, tâches ou contextes d'utilisation. Et quoique dans certaines cultures le savoir-faire puisse être très développé sans avoir pour autant d'expression linguistique, il existe néanmoins, couramment, une relation étroite entre l'investissement corporel et les catégories stylistiques auxquelles appartiennent les objets. Les articles qui composent ce numéro explorent ces questions dans des sociétés fort éloignées dans le temps et dans l'espace et relancent le débat autour des pratiques techniques et de leurs modes de transmission.
Françoise Héritier est l'auteur notamment du Sel de la vie, de Masculin/Féminin I et II, et des Deux Soeurs et leur Mère, qui ont été de grands succès. Elle est professeur honoraire au Collège de France et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Salvatore D'Onofrio est professeur à l'Université de Palerme et membre associé du Laboratoire d'anthropologie sociale. Il est l'auteur de L'Esprit de la parenté (2004).
Nous vivons dans un " temps de catastrophes " que le progrès technologique ne semble plus à même de contrer. Or, les crises écologiques récentes (de Tchernobyl à la " vache folle ") ne seraient-elles pas liées à d ?autres événements qui ont marqué à jamais le destin de l'humanité - comme les génocides qui suivirent la Conquête de l'Amérique, ou encore la Shoah ? Voilà la question à laquelle s ?attaque ce livre, à travers une lecture originale de l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss. Dressant un portrait intellectuel inédit de l ?anthropologue français, Salvatore D ?Onofrio montre en quoi les idées de cet intellectuel rebelle et non consensuel fournissent des clés pour penser à la fois l ?avènement de la catastrophe et les possibilités d ?en sortir. Véritable manifeste anthropo-écologique, ce livre propose d ?envisager un nouveau rapport à la nature. C'est ce que Lévi-Strauss avait appris au contact des Amérindiens du Brésil et dont l'humanité a grandement besoin.
Le lait, le sang et le sperme maintiennent et reproduisent la vie, mais sont aussi les substances que toutes les cultures humaines manipulent, du point de vue symbolique, pour affirmer la domination masculine. Du lait d'épaule au lait de coeur, du miracle du sang de saint Janvier de Naples à la consommation des "os de morts" sous forme de biscuits en Sicile, de l'attribution des "cornes" aux époux trompés, au versement de sang des Vattienti de Calabre en l'honneur de la Vierge pendant la semaine sainte, ce livre aide à comprendre le rôle des fluides du corps dans les mythes, les croyances et les rites du Sud de l'Italie. Deux raisons justifient le titre, Les fluides d'Aristote : les représentations du lait, du sang et du sperme ont été étudiées dans une aire culturelle homogène comprenant autrefois la Grande-Grèce, et elles relèvent en partie du système des fluides établi par le philosophe grec dans son oeuvre De la génération des animaux. Elles nous permettent également de remonter jusqu'à l'Egypte ancienne ou à la Mésopotamie. Un flux coule ininterrompu depuis des millénaires dans les veines des cultures méditerranéennes puis européennes en s'adaptant aux changements de toutes sortes : économiques, sociaux et religieux. Ce livre permettra au lecteur d'avoir une vue d'ensemble sur un phénomène complexe dont les traits particuliers se lient à des évidences élémentaires - donc universelles - de la culture humaine. Salvatore D'Onofrio est Professeur à l'université de Palerme, chargé de cours à l'EHESS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Spécialiste de la parenté spirituelle, il a publié L'Esprit de la parenté. Europe et horizon chrétien (Préface de F. Héritier, 2004) et édité de Françoise Héritier, Une pensée en mouvement (2009). Aux Belles Lettres il a publié Le sauvage et son double (2011) et édité le livre de Françoise Héritier : Sida. Un défi anthropologique (2013).
En 2009, l'Unesco inscrit Norouz, la fête du Nouvel An iranien et celle des autres peuples qui faisaient partie de l'Empire persan, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. En 2010, l'Assemblée générale des Nations unies reconnaît le 21 mars comme Journée internationale de Norouz, encourageant ainsi tous les pays du monde à s'inspirer des traditions printanières de cette fête pour promouvoir la paix. Norouz intéresse 300 millions de personnes. Lors des célébrations auxquelles la fête donne lieu, des tables rituelles sont dressées avec sept éléments, des pousses que les femmes font germer dans les maisons pour marquer un nouveau commencement : " Le matin des dieux ". Ce livre interroge les possibles origines zoroastriennes de ce rituel, de sa diffusion et déclinaison de l'Inde jusqu'à l'Europe. Il en résulte un voyage passionnant dans le temps, qui nous révèle les similitudes, surprenantes, entre ces différentes traditions.
A sa mort en 1870, Alexandre Dumas est l'un des écrivains les plus célèbres de son siècle. Cent-cinquante ans après, sa gloire n'a pas terni et ses oeuvres, traduites dans le monde entier, font de lui l'un des auteurs français les plus lus. Menant tambour battant une existence digne d'un roman, Alexandre Dumas appartient à la génération romantique qui rêva de changer le monde. Ses voyages, sa correspondance, ses échanges avec les artistes de son temps témoignent d'une énergie hors normes. Pour Dumas, la création littéraire est d'abord animée par sa passion pour le théâtre, bientôt suivie d'un engouement pour le genre romanesque, où il excelle. Maître du suspens et des rebondissements, Dumas porte aussi un regard critique sur son oeuvre et reste jusqu'à la fin fidèle au romantisme de sa jeunesse. Ce cahier consacré à Dumas invite à lire des inédits et des textes rares de l'auteur. Ecrivains et chercheurs apportent également leur regard sur une oeuvre qu'on ne finit pas de redécouvrir, et dont l'originalité tient tout ensemble à son caractère novateur, savant et accessible. Histoire, imagination, critique littéraire, stratégies auctoriales, tempérament d'artiste : tous ces aspects de la création dumasienne sont abordés dans ce cahier par les amateurs et les spécialistes de Dumas l'enchanteur.
Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour de Camus, et vise à proposer des éclairages originaux sur la vie de Camus, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements.Dirigé par Raymond Gay-Crosier et Agnès Spiquel-Courtille.
Parmi les philosophes français contemporains, André Comte-Sponville occupe une place très particulière. Il fut une sorte d'éclaireur, sinon de pionnier. Par la simplicité et l'élégance de son écriture, par son souci de clarté, il a su rendre la philosophie accessible à un public élargi. La philosophie entendue stricto sensu. Car il est un philosophe à part entière, sorti des meilleures écoles, qui a construit au cours des années une philosophie ambitieuse et forte (en particulier morale), à travers divers ouvrages dont quelques traités. C'est l'un d'entre eux, sans doute le moins "technique", le Petit traité des grandes vertus, paru en 1995, qui lui assura une audience considérable, au-delà même de nos frontières.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.