Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le Manuscrit de Tchernobyl
D'annibale Nunzio
BOZON2X
18,00 €
Épuisé
EAN :9782931067017
Inlassablement, je me souviens avoir tenté de faire entendre aux autres quelque chose dans le langage et par l'oreille. Cette oreille par laquelle Gargantua naît et le père d'Hamlet meurt. Le Manuscrit de Tchernobyl est le fruit complexe de cette passion de faire entendre. Je ne sais pas ce qu'est ce livre, ni même si le terme de livre reste valable, je sais seulement comment il s'est structuré. Etonnement, je n'en sais guère plus que n'importe quel autre lecteur sur sa signification. Avançons en boitant. J'avais un temps imaginé un livre aux textes multiples entremêlés comme dans une fugue de Bach. Je me suis vite aperçu de la supériorité de l'oreille sur l'oeil. L'oeil ne sait pas lire deux textes en même temps. Pas d'effet polyphonique possible, donc. Cela a été une grande déception. Avant de comprendre qu'en réalité, j'avais fait l'erreur de tenter une équivalence note/lettre absolument idiote. Il ne fallait pas faire d'équivalence du cour. Il fallait, avec les moyens de la lecture elle-même, créer une polyphonie sur une seule ligne. D'un impossible l'autre.
Résumé : Italie, hiver 1974. A bord d'une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, après avoir dérobé son bien le plus précieux. Elle n'ira pas loin. La voiture prend un mauvais virage sur une route enneigée et s'encastre dans la forêt. Simon Keller, un Bau'r, un homme des montagnes qui vit seul avec ses démons, recueille Marlene et la soigne dans un chalet à l'écart du monde. Herr Wegener n'est pas homme à pardonner. Dans sa rage, il a lancé un assassin implacable à la poursuite de sa femme. Un homme de confiance, qui ne recule devant rien tant que son contrat n'est pas exécuté. Mais la plus mortelle des menaces n'est pas toujours celle qu'on voit venir...
Prenez deux personnages au hasard et rembobinez l'histoire dans un futur antérieur à leur rencontre. Ils ne se connaissent pas, plus, pas encore. Pour autant, le temps - Chronos le Fuyard - chasse la flèche d'Eros. Quelque part dans le temps, un arc fige sa courbe, la corde se tend. La flèche épouse le point d'encoche ; la pince des doigts lâche la corde mais la flèche ne bouge pas : c'est le tireur qui est projeté. On appelle ça l'amour, faute d'autre chose.
l'opinion publique est la reine du monde", disait Pascal. Depuis quand ? De la Révolution à la crise de nos démocraties, quel est son rôle ? Elle intervient sous mille formes en perpétuelle mutation, journaux, médias, réseaux sociaux. On l'ausculte par sondages. Elle bouscule les régimes et les sociétés, accrédite ou déconsidère la parole publique. Elle peut aussi saper l'autorité, nourrir le relativisme et les mystifications. Elle fabrique les élites comme elle peut les ruiner. Elle illustre les fractures sociales, les tensions identitaires, et renvoie les idéologies aux "poubelles de l'Histoire". On la révère, on la manipule ; elle est tantôt confiance, tantôt méfiance. Fruit des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques en 2018, ce recueil de communications de philosophes, de sociologues, d'historiens, d'intellectuels, de journalistes et d'autorités politiques se saisit du phénomène pour prendre la mesure des défis qu'il lance à nos sociétés. Et ainsi restaurer un débat public digne de ce nom.
Quand j'étais petit mon père me disait Tu n'es rien, tu ne feras rien de ta vie, tu ne rencontreras que des femmes laides et dépressives. Elles se tourneront vers toi faute d'attirer l'attention d'hommes intéressants. Va chercher un arrosoir. J'allais chercher un arrosoir. Remplis-le avec de l'eau. Je le remplissais d'eau. Verse-le sur ta tête. Je le reversais sur ma tête. Comment ça s'appelle ce que tu fais ? Je répondais Ca s'appelle se mouiller les cheveux ? Tu vois, tu es bête, tu ne sais-même pas ce que tu fais. Tu ne connais pas la signification de ce geste. Ce que tu es en train de faire s'appelle arroser une plante. Tu es une plante Rien. Vexé, je partais, et mon père gueulait Rien reviens ici ! Il ne m'appelait pas Martin, ni Martin, il m'appelait Rien. Comment tu t'appelles ? Martin ? Non, tu ne t'appelles pas Martin, tu t'appelles Rien. Répète après moi : Je ne m'appelle pas Martin, je m'appelle Rien.
Au courage, j'ai repris ma course à travers le centre-ville. Et c'est là que ma vision s'est brouillée et que mon phare m'est apparu. Cette fois, c'était clair, il serait entièrement peint en noir et entouré de rochers pointus. Des sons étranges sortiraient de haut-parleurs disséminés dans l'édifice : un mélange de bruits et de musique, d'harmonies et de dissonances. Les tempos se calqueraient sur ma fréquence cardiaque : tantôt dingues en mes heures de panique, tantôt paisibles les jours de grâce. Bref, ce système quadriphonique serait le garant de ma tranquillité, car il éloignerait les âmes trop endormies ou par trop grégaires." L'accomplissement de soi, l'absurde comédie du monde du travail, la création, l'amour, constituent les thèmes centraux de ce roman vif, stimulant et déjanté.
Pour la plupart rédigées sur l'écran tactile de mon smartphone, les nouvelles de ce court florilège évoquent des destins qui pivotent pour un oui ou pour un non. Sans raison apparente. les personnages se retrouvent emportés au-delà de notre perception. franchissant, au détour du train-train de leur existence, le seuil d'une dimension altérée, de Autre côté du miroir. A l'instar du héros de la nouvelle éponyme, grossissant ou déformant, le tain parfois nous éteint, nous absorbe, nous sublime : la psyché nous morcelle. Il n'y a dans nos reflets que des indices de ce que nous pourrions être : il me plaît à croire que notre image (anagramme de magie), si quotidienne, prend alors corps dans un monde parallèle où le songe seul reste matière à réflexion.
Poésies, pensées, souffles d'amour, festin de mots, la coupe pleine d'un désir de partage, ce livre est pour toi, pour ceux que tu aimes... Emmanuel Crombag est l'homme d'un livre, le livre d'une vie dont celui-ci n'est qu'un magnifique extrait conçu comme une oeuvre en soi. Ses débordements contagieux traversent les pages, se glissent dans la joyeuse "coulée continue" du peintre ; Patrick Marczewski confère au texte un effervescent florilège de couleurs, de traits d'union entre des êtres, la nature et des paroles glanées, fruits mûris aux lumières du coeur.