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Contre Julien. Tome 2 (Livres III-V)
CYRILLE D'ALEXANDRIE
CERF
63,00 €
Épuisé
EAN :9782204117548
Cyrille d'Alexandrie (mort en 444) poursuit sa réfutation du Contre les Galiléens de l'empereur Julien amorcée dans les livres I et II (SC 322). Il cite textuellement son adversaire, ce qui constitue quasiment notre unique source sur cette grande oeuvre de polémique antichrétienne rédigée dans l'hiver 362-363. L'une des forces de Julien est sa bonne connaissance de la Bible il entend la discréditer en montrant qu'elle est, soit assimilable à la mythologie (arbre de la connaissance du bien et du mal, serpent qui parle, tour de Babel), soit réductrice (le Dieu des Hébreux n'est qu'un dieu national), soit blasphématoire (Dieu est présenté comme méchant, jaloux ou impuissant). Pour le réfuter, Cyrille d'Alexandrie recourt non seulement à l'exégèse et à la théologie trinitaire, mais aussi à la philosophie et à la littérature grecques qu'il cite en abondance. Il est ainsi la source unique de plusieurs passages d'Alexandre d'Aphrodise et de Porphyre. Ces livres III-V voient s'opposer deux conceptions du divin : le néoplatonisme exige une distinction entre les niveaux du divin, et le christianisme défend l'idée d'un Dieu suprême unique, créateur et administrateur du monde. Marie-Odile Boulnois est Directrice d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes en patristique grecque et histoire des dogmes. Spécialiste de Cyrille d'Alexandrie, elle a publié, en 1994, Le paradoxe trinitaire chez Cyrille d'Alexandrie, collaboré aux volumes 1 et 3 des Lettres Festales de Cyrille d'Alexandrie (SC 372 et 434), et dirige la publication du Contre Julien. Jean Bouffartigue, décédé en février 2013, était Professeur émérite de grec à l'Université Paris X Nanterre. Spécialiste de l'empereur Julien, il a publié, en 1992, L'Empereur Julien et la culture de son temps, et préparait l'édition du Contre les Galiléens de Julien pour la Collection des Universités de France. Pierre Castan est professeur agrégé de lettres classiques à la retraite. Christoph Riedweg est Professeur de philologie classique à l'Université de Zürich et a publié le premier tome de l'édition critique du Contre Julien I-V (GCS NF 20).
Résumé : Ces cinq Lettres Festales annoncent la date de Pâques pour les années 419 à 423. Cyrille accomplissant ce devoir annuel qui incombe à l'évêque d'Alexandrie, insiste, évidemment, sur les éléments fondamentaux du kérygme : l'incarnation du Verbe, Fils unique de Dieu, la rédemption de l'humanité par la mort et la résurrection du Christ ; mais ses Festales tiennent aussi compte des problèmes rencontrés par leurs destinataires, qui sont, avant tout, les chrétiens d'Egypte. En 418 et 419, les calamités naturelles qui frappent le pays, et la famine qui s'ensuit, provoquent des troubles sanglants dans les campagnes : embuscades, crimes, pillages, où les chrétiens eux-mêmes sont impliqués. Cyrille doit rappeler que l'amour et le partage sont une règle d'or pour le chrétien. D'un autre côté, face à ceux qui mettent en cause l'unité des deux natures dans le Christ, ou à ceux qui hésitent encore entre Dieu et les "faux-dieux", Cyrille doit aussi intervenir pour expliciter le contenu de la foi orthodoxe : les titres de "Monogène" et de "Premier-né" conviennent au seul et même Christ. En outre, il faut choisir sans duplicité : on ne peut être à la fois chrétien et idolâtre. Appelés à se conformer au Christ, en triomphant du péché et en vivant dans l'amour mutuel, les chrétiens seront rétablis dans l'incorruptibilité avec le Christ, dans sa gloire.
Commentaire sur Jean. Livre I Cyrille d'Alexandrie nous a légué l'un des plus gros et des plus riches commentaires sur l'Evangile de Jean que l'Antiquité chrétienne ait produits. Il commente, verset par verset, l'intégralité du quatrième évangile, avec une attention permanente à ses dimensions trinitaire, christologique et sotériologique. On voit s'y déployer ses grandes intuitions : tout ce que fait Jésus, c'est le Verbe qui le fait en lui c'est Dieu qui naît, Dieu qui souffre, Dieu qui sauve. Peu de théologiens ont autant que lui le sentiment de la présence de Dieu au monde, un Dieu tout puissant qui accepte en Jésus de recevoir ce qu'il a toujours possédé : l'adoption filiale, l'Esprit, la Vie même. Le livre I (sur douze) publié dans ce premier volume commente les versets 1 à 29 du premier chapitre. Tout en cherchant à montrer constamment contre les ariens que Jean atteste la divinité du Verbe, Cyrille dépasse une visée purement polémique pour montrer la richesse du texte johannique et sa singularité d'évangile du Verbe. Bernard Meunier, chercheur au CNRS, a consacré sa thèse à Cyrille (Le Christ de Cyrille d'Alexandrie, Beauchesne 1997) et a participé à la traduction des Lettres festales du même Cyrille dans la collection (SC 372, 434).
Résumé : Face aux négations ariennes, Cyrille défend que Dieu doit intervenir pour diviniser l'homme : il faut un Fils pour faire des hommes des fils. Cyrille marque l'importance des personnes où les Trois collaborent chacun sous un aspect original à une action infrangiblement une.
Alexandrie Cyrille d' ; Guinot Jean-Noël ; Burns W
Ce tome V des Lettres festales de Cyrille d'Alexandrie contient les cinq dernières lettres conservées de lui, pour les années 438 à 442. De longueurs diverses, elles continuent à honorer les codes de ce genre littéraire : appel à la conversion et au combat spirituel pour se rendre pur, lecture symbolique d'un texte biblique, catéchèse sur l'histoire du salut et la centralité du Christ (passant par la critique des juifs qui ne l'ont pas accueilli), annonce de la date de Pâques et du début du carême. A l'intérieur de ce schéma rituel Cyrille introduit de petites variations qui donnent un caractère propre à cette série finale : le temps pascal comme temps de "relâche" après l'effort, anticipant le repos du ciel ; l'insistance sur la communion des saints dans laquelle entre le juste ; la foi qui justifie, ou encore la beauté d'une vie droite. Les images sont abondamment convoquées dans cette prédication, tirées de l'Ecriture ou de la vie ordinaire : les métiers, la guerre, la vraie richesse, les fêtes juives, la Tente et le Saint des saints... Sans oublier d'être théologien dans ces lettres qui célèbrent le mystère pascal et le salut, Cyrille se montre pasteur, parlant pour tous, dans un langage simple et concret, pour inviter chacun à changer de vie. William H. Burns (1928-2003), pasteur et missionnaire méthodiste, enseignant à Alton en Angleterre, a soutenu sur ce texte une thèse à l'Université de Southampton en 1988. Il est l'auteur du texte critique de toutes les Lettres festales dont plusieurs sont publiées : t. I (SC 372, 1991), t. II (SC 392, 1993) et t. III (SC 434, 1998). Jean-Noël Guinot, directeur de recherche honoraire au CNRS, a été directeur des "Sources Chrétiennes" jusqu'en 2006. Il est notamment l'auteur de L'exégèse de Théodoret de Cyr (Beauchesne, 1995) et de Théodoret de Cyr exégète et théologien (Cerf, 2012, 2 vol.).
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).