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Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872) Journal de ma vie et autres text
Cuchet Guillaume
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753553088
On ne lit plus guère Alphonse Gratry et c'est dommage, non seulement parce qu'il fut l'un des penseurs religieux les plus marquants du XIXe siècle, mais un écrivain de talent et un témoin averti de son temps. Philosophe, il est à l'origine du système de pensée le plus complet et le plus caractérisé que le monde catholique français ait produit au XIXe siècle, qui a influencé tout une lignée de penseurs indépendants du thomisme. La fin de son existence a été très assombrie par les conséquences de ses prises de position retentissantes contre l'infaillibilité pontificale en 1870, même si son ralliement in extremis au dogme lui a permis d'échapper à une damnatio memoriae qui aurait pu être définitive, mais qui n'a finalement été que provisoire. Le but de cet ouvrage est de faire redécouvrir cette figure majeure de l'histoire religieuse et intellectuelle du XIXe siècle, à travers un essai biographique, la première édition critique et intégrale de ses souvenirs et une anthologie de textes qu'on a voulu aussi représentatifs que possible de la diversité des thèmes de sa pensée comme des formes de son écriture.
Résumé : Au printemps 1853, en Allemagne, les paquebots en provenance de New York introduisent la pratique américaine des tables tournantes, qui s'apprête à déferler sur l'Europe et devenir l'une des plus grandes modes du XIXe siècle. Pendant près d'un an, de Napoléon III à la reine Victoria, de Victor Hugo aux plus modestes bourgeois de province, toute l'Europe ou presque a fait tourner et parler les tables. Les contemporains, convaincus des progrès de la raison dans le siècle, ne se souvenaient pas d'avoir jamais assisté à pareille flambée de crédulité collective. Or, loin de s'essouffler, la pratique a duré et s'est enracinée, surtout en France où elle a donné naissance au spiritisme proprement dit, à la fois mouvement organisé et véritable phénomène de société. À ce titre, et parce que ces mystérieuses communications avec l'au-delà avaient partie liée avec la mort et la maladie, la religion et la spiritualité, la science et la politique, la famille et l'amour, le spiritisme est un remarquable révélateur des tendances profondes de l'époque. Saisi à l'apogée de sa ferveur, il éclaire la face nocturne d'une société qui, confrontée à des bouleversements considérables, tiraillée entre tradition et modernité, voit soudain, à sa grande stupeur, remonter ses hantises à travers ses fantômes.
Pourquoi le purgatoire, ce " troisième lieu " de l'au-delà catholique, entre enfer et paradis, dont les croyants eux-mêmes ne parlent plus guère, a-t-il fait l'objet depuis les années 1970 d'un si grand nombre de travaux parmi les historiens ? Comment comprendre cet étrange tropisme qui les a poussés à compter indéfiniment les messes, les indulgences, les legs pieux, les confréries, comme si de ces curieuses opérations devait sortir quelque leçon fondamentale sur l'histoire profonde des sociétés européennes ? Cet ouvrage entend faire le bilan de ces recherches françaises et étrangères tout en poursuivant deux objectifs principaux. Le premier est d'embrasser toute l'histoire du purgatoire, de sa " naissance " (pour reprendre le titre d'un ouvrage célèbre de Jacques Le Goff) à son effacement actuel en incitant chacun des contributeurs à replacer sa période référence dans un cadre plus large et à réfléchir sur les continuités et les discontinuités qu'elle révèle. Le second est de profiter de la maturité érudite et problématique du dossier pour proposer, avec la collaboration de spécialistes venus d'autres disciplines, des lectures susceptibles d'en renouveler l'approche. Il en ressort un tableau d'ensemble de la fortune d'un dogme qui, depuis son " invention " au Moyen Age et jusqu'à une date relativement récente, a puissamment structuré l'imaginaire, la religion et le rapport aux morts des populations de culture catholique européennes.
Le XIXe siècle a été par excellence le temps du "culte des morts" , ce culte familial du souvenir et de la tombe qui a été un de ses ancrages anthropologiques et religieux les plus profonds et les plus unanimes. L'Ancien Régime n'avait rien connu de tel. Et pour cause : son système d'inhumation était tout autre et l'essentiel était encore pour lui de prier pour les âmes des morts, pas d'aller leur rendre visite dans les cimetières. Les défunts étaient enterrés dans et autour des églises, les cimetières avaient des allures de terrains vagues, les tombes individuelles étaient rares et on ne pèlerinait que sur celles des saints. Au XIXe siècle, tout change. Un nouveau type de cimetière émerge : le nôtre. Propriété communale, souvent séparé des églises et des habitations, plus étendu, il accueille un nombre croissant de tombes individuelles et familiales, pour certaines monumentales. Dans ce nouvel espace les rituels se modifient : visites fréquentes, dépôt de fleurs, recueillement, compatibles avec toutes les croyances et incroyances du siècle. Pompes funèbres et tenues de deuil envahissent l'espace public, le phénomène culminant chaque année à la Toussaint. Le culte des morts a ainsi été le grand phénomène de religion populaire du XIXe siècle, religion, traditionnelle et moderne, dans laquelle le deuil, non content d'être central, est devenu la religion elle-même. Guillaume Cuchet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et codirecteur du Centre d'histoire du XIXe siècle de la Sorbonne. Il a publié notamment Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement (Seuil, 2018).
Résumé : Le purgatoire est né au Moyen Âge mais il n'a jamais été aussi populaire qu'au XIX` siècle. Autour de 1850, il connaît un renouveau spectaculaire dont les effets se font sentir jusqu'au début du XXe. Comment expliquer ce phénomène qui fit alors de la dévotion aux âmes du purgatoire l'une des plus répandues de l'Europe catholique ? Aux sources de cette renaissance, la force du " culte des morts ", culte familial du souvenir la tombe, la nécessité de répondre aux revendications affectives des fidèles et au discrédit massif de l'enfer, enfin la volonté de l'Église de contrecarrer l'expansion du spiritisme en France et en Europe. Pour définir la nature de cette dévotion, outre l'organisation matérielle, financière et institutionnelle du culte, citons trois principaux aspects le rôle d'intercesseur attribué aux âmes du purgatoire, la sollicitude à l'égard des " âmes délaissées ", tristement abandonnées car sans famille ici-bas ou trop pauvre pour payer les messes, et le nombre important d'apparitions d'âmes du purgatoire. Or au début du XX` siècle, au terme d'une ultime phase de prospérité, le purgatoire s'efface peu à peu des consciences et des représentations. À l'origine de cette révolution des mentalités : la Grande Guerre, et ses millions de disparus. Elle lui porte un coup fatal, personne n'ayant eu le c?ur d'imposer aux " morts glorieux " de la patrie d'attendre la gloire céleste dans les flammes du purgatoire.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.